Extension Factory Builder

Présidentielle américaine : les vacances de M. Romney

06/08/2012 à 11:53
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Grande-Bretagne, Israël, Pologne... Le républicain Mitt Romney, adversaire de Barack Obama à la présidentielle de novembre prochain, est parti à la conquête des anciens amis de l'Amérique, quelque peu délaissés, paraît-il, depuis l'élection de ce dernier. Et de soutiens financiers, véritable nerf de la guerre en période de campagne. Normal, me direz-vous. Ce qui l'est moins, au-delà des quelques gaffes qui ont émaillé ses séjours londoniens et polonais, c'est son discours. Qui fait froid dans le dos et rappelle, certes de manière plus subliminale, les antiennes chères à celui que personne ne regrette : George W. Bush. Pour rappel, Romney a pris dans son équipe le très belliqueux John Bolton, ancien ambassadeur auprès des Nations unies de l'un des pires présidents des États-Unis.

Pour Romney, comme pour notre ex-fervent disciple de Mani, le monde se divise en deux camps : les bons et les méchants, c'est-à-dire les amis de l'Amérique et ses ennemis. Au programme, entre autres, s'il est élu et si on l'écoute : une guerre avec l'Iran, un conflit commercial avec la Chine et un bras de fer épique avec la Russie. Mais, comme l'explique Gideon Rachman, éditorialiste du Financial Times, « l'insistance d'Obama à recourir à la diplomatie [...] est préférable à une politique étrangère qui se réduit à vouloir "frapper les méchants". Parler aux Russes et tenter d'éviter la guerre avec l'Iran, ce n'est pas manquer de sens moral ni être faible. C'est simplement tenter de composer avec eux - sans se faire d'illusions sur la nature de ces régimes ».

Certains rétorqueront qu'il ne s'agit que de mots, destinés à séduire électeurs et bailleurs de fonds, mais aussi à asseoir une stature internationale guère étoffée. Ces mots sont cependant lourds de sens et constituent forcément les jalons d'une pensée. Ils ne disparaissent pas sitôt leur auteur arrivé à la Maison Blanche, d'autant qu'ils auront déterminé le choix des électeurs.

Romney aurait pu s'en tenir à ces postures de gorille à dos argenté très « reaganiennes », même si elles semblent peu adaptées au contexte actuel - l'Amérique n'est plus le maître d'un monde devenu multipolaire -, mais il est allé encore plus loin, en Israël, dans la provocation, la bêtise et le cynisme. « Jérusalem capitale de l'État hébreu », « Israël mérite un meilleur président qu'Obama »... Pis : il a expliqué que la domination économique d'Israël, comparé à la Palestine pour la circonstance, était essentiellement due à des différences culturelles ! Dommage que nous n'ayons pas notre mot à dire dans l'élection du dirigeant le plus puissant de la planète. Entre un homme réfléchi, ouvert au dialogue et honnête (même s'il n'a pas répondu à nos immenses attentes) et un mormon affairiste prêt à tout... Prions pour qu'Obama l'emporte.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
J.A. m'a tué

Editorial précédent :
JO 2012 : Habiba et ses soeurs

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Dans ce quatrième billet consacré au déclenchement du génocide des Tutsis de 1994, Laurent Touchard* poursuit l'analyse des éléments brandis par les ex-partisans des Forces armées r[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Inde : qui brisera la vague safran ?

Personne, sans doute. Face à un parti du Congrès à bout de souffle, les nationalistes hindous du BJP, qui ont choisi cette couleur pour emblème, ont toutes les chances de remporter les[...]

Le propos raciste qui fait du bien

Peut-on utiliser les clichés pour mieux les dynamiter ? Des étudiants français répètent les saillies caractéristiques du racisme ordinaire pour en souligner[...]

Justice : après Simbikangwa, qui ?

Patrick Baudouin est président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).[...]

Birmanie: Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie, est décédé

Win Tin, emprisonné pendant 19 ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, est décédé lundi à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie[...]

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Libérés le 19 avril, les quatre journalistes qui avaient été faits otages en Syrie dix mois auparavant ont regagné la France dimanche. Ils ont décrit des conditions de détention[...]

France : François Hollande accueille les quatre journalistes libérés en Syrie

Les quatre journalistes français libérés samedi après dix mois d'une éprouvante captivité en Syrie aux mains d'un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, sont arrivés en[...]

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande,[...]

Chine : le baiser du Dragon

De Taïwan à Hong Kong et de Bangkok à Jakarta, la République populaire de Chine étend les tentacules de son économie surpuissante. Beaucoup lui reprochent d'avoir l'affection un brin[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces