Extension Factory Builder
20/07/2012 à 11:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Je reviens d'une semaine au Maroc. Quelques scènes, quelques « choses vues », quelques anecdotes en diront plus sur sa situation actuelle que le plus savant des discours. En voici quelques-unes. 

C'est un mariage à Marrakech qui se déroule chez des islamistes du cru. Femmes et hommes sont rigoureusement séparés. Le vendredi, les (pieuses) femmes se trémoussent sur des hymnes glorifiant le Prophète. Bizarre, dites-vous : on mélange donc le sacré et le profane ? Attendez, le pire arrive. Le lendemain, « le jour des hommes », ce sont des chikhates, ces danseuses lascives fardées à la truelle, qui viennent dévergonder les dévots. Le Prophète pour mesdames, les gourgandines pour messieurs. Et c'est ainsi qu'Allah est grand. 

Tôt le matin, à Casablanca, c'est la foule chez le boulanger. Soudain arrive un petit homme en djellaba, propre sur lui, la barbichette bien soignée, qui se fraie un chemin à coups de « pardon », « faites excuse », « 'scusez-moi ». Tout le monde s'écarte, croyant que le bonhomme travaille dans la boulangerie ou que c'est au moins un cas de force majeure. Pas du tout : arrivé devant le boulanger, il réclame tranquillement une baguette et deux croissants. À tous ceux qui pestent contre la tendance de certains Marocains à vouloir toujours resquiller, dans toutes les circonstances, on signale donc l'apparition, à Casablanca, du resquilleur courtois. Nul doute que cette mode fera bientôt fureur. 

Dimanche 8 juillet, dans la petite gare d'Aïn Sebaa, vers 22 h 10, j'attends le train en provenance de Casablanca. Un homme en uniforme de cheminot sort d'une espèce de cagibi, s'avance sur la plateforme et se met à psalmodier à pleins poumons l'appel à la prière. Dans l'air embaumé de cette nuit tranquille, ce muezzin des temps modernes rappelle aux voyageurs leur devoir religieux sans qu'aucun, sauf votre serviteur, ne trouve incongrue cette fusion du chemin de fer et de celui qui mène à Dieu. S'agit-il d'une initiative du cheminot en question ou d'une directive de la SNCF locale ? Les voies (ferrées) de la Providence sont impénétrables. 

Et pour finir, un record du monde de la bêtise. Un journaliste ayant précisé que les libertés individuelles qu'il défendait s'appliquaient aussi à sa soeur, il s'est trouvé un soi-disant prédicateur du nom de Nhari pour appeler au meurtre dudit journaliste, au prétexte surréaliste que le Prophète aurait affirmé que les « cocus » - sic - ne méritaient pas de vivre. Et les sombres crétins du type Nhari, ils méritent de vivre ? Bien sûr : il nous faut des spécimens vivants de stupidité fanatique pour nous rappeler à quel point la raison est menacée. Au Maroc et ailleurs... 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

POST-Sriptum Article suivant :
Manger chez l'indigène

POST-Sriptum Article précédent :
Bisbilles burundaises

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : El Othmani, numéro deux du PJD, relance le débat sur l'avortement

Maroc : El Othmani, numéro deux du PJD, relance le débat sur l'avortement

Saadeddine El Othmani, le numéro deux du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), a assuré lundi dans une tribune être "pour la légalisation de l’avortement dans certai[...]

Classement Forbes : 29 Africains dans le palmarès 2015

Le magazine "Forbes" a livré lundi sa cuvée 2015 de milliardaires en dollars dans le monde. Cette année, le chiffre record de 1 826 personnalités a été atteint (181 de plus qu'en[...]

Maroc : les galères de Rokhaya, jeune nounou sénégalaise sans papiers à Tanger

Rokhaya, jeune nounou sénégalaise sans papiers, vivote depuis des mois à Tanger et tente d'oublier une expérience récente dans une famille aisée de la ville, faite d'exploitation et de[...]

Reprise jeudi au Maroc du dialogue pour une sortie de crise en Libye

Après l'annulation d'une réunion la semaine dernière, un nouveau round de dialogue entre les deux parlements rivaux en Libye, celui reconnu par la communauté internationale et le Congrès[...]

Côte d'Ivoire - Maroc : sur le Sahara, on a frôlé la crise diplomatique

Youssoufou Bamba, l'ambassadeur ivoirien auprès de l'ONU, a eu des propos sur le Sahara occidental qui ont été désavoués par le président Ouattara en personne.[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Cameroun : le marocain Cosumar choisi pour développer un nouveau complexe sucrier

Cosumar plantera de la canne à sucre et construira une raffinerie entre Batouri et Bertoua, à l’est du pays. Le leader marocain du sucre bat lors de l'appel d'offres le groupe français Somdiaa qui[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Maroc : Abdellatif Hammouchi, de l'ombre à la lumière

Il y a un an, le patron du renseignement intérieur marocain était convoqué par une juge française, ce qui provoquait une crise diplomatique entre Paris et Rabat. Aujourd'hui, la France le[...]

Libye : suspension du dialogue pour une sortie de crise

Le Parlement libyen siégeant à Tobrouk (Est), reconnu par la communauté internationale, a décidé lundi de suspendre sa participation au dialogue sur une sortie de crise parrainé par[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces