Extension Factory Builder
25/06/2012 à 15:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Le Mali s'enfonce inexorablement dans un insondable abîme de violence, de barbarie et d'irresponsabilité. Chaque jour apporte son lot de nouvelles effarantes. Dans le Nord, dernier avatar en date de cette région qui bascule vers ce que le nouveau président sénégalais Macky Sall appelle un « Africanistan » : l'application de la charia à tout prix. Ainsi à Tombouctou, l'ex-« perle du désert », un jeune couple, Hamaradane et sa douce, Zebou, s'est-il vu infliger cent coups de cravache pour avoir entretenu une relation hors mariage qui a donné naissance à un enfant. Une punition d'un autre âge, administrée en public devant une foule conviée pour l'occasion, « sous contrôle médical », a tenu à préciser, sans doute dans un élan irrépressible d'humanisme, un responsable d'Ansar Eddine... Puis le couple a été contraint au mariage, devant le même cadi qui avait prononcé la sentence.

« Pour nous, la charia doit être appliquée, que la population l'accepte ou non. [...] Nous ne sommes vraiment pas des démocrates », a expliqué un des représentants du groupe intégriste à Tombouctou. Peut-être pourrait-il disserter avec le brillant historien et penseur tunisien Mohamed Talbi, qui lui expliquera, après l'avoir fait dans nos colonnes (lire sa tribune intitulée « La première laïcité musulmane ? » dans J.A. no 2648), que la charia, cela ne veut rien dire, et qu'« elle n'a aucun fondement coranique ». De conception humaine et relativement tardive, elle n'oblige aucun musulman en conscience et a pris, grâce à nos pseudo-exégètes moyenâgeux, une forme coercitive voire terroriste incompatible avec la liberté et la démocratie. Il pourrait également réfléchir avec notre professeur émérite sur les raisons profondes de l'obsession maladive des femmes en général et du sexe en particulier chez de nombreux islamistes...

Dans le Sud, si on n'en est pas encore là, et c'est heureux, il n'y a cependant guère plus de motifs d'espoir ; un petit capitaine qui suinte l'acrimonie se prend pour le sauveur de la nation sans régler quoi que ce soit et qui rappelle chaque jour un peu plus Moussa Dadis Camara ; un Premier ministre dont on finit par se demander s'il n'est pas la plus grosse erreur de casting proposée par la médiation ; un président de la transition, le malheureux Dioncounda Traoré, que la junte a laissé - c'est le moins que l'on puisse dire - se faire lyncher par une foule de jeunes désoeuvrés qui ont perdu tout repère et dont des politiciens cyniques et immoraux ont savamment attisé la haine pour parvenir à leurs fins et assouvir leurs petites ambitions personnelles.

Il faut mettre un terme à ce scénario cauchemardesque, à cette insupportable litanie d'horreurs et à ces comportements veules et inhumains. Dans ces conditions, où l'indéfendable le dispute à l'ubuesque, il n'existe hélas aucune autre solution qu'une intervention militaire, africaine évidemment.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
Winnie et Valérie

Editorial précédent :
Deux Congos, deux sommets

Réagir à cet article

Mali

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait une visite d'État au Sénégal, du 13 au 16 avril. Retour sur les raisons de cette visite.[...]

Mali - France : le ton monte

Les rapports entre le Mali et la France sont exécrables depuis plusieurs mois. Plus récemment, l'"affaire" Tomi et, surtout, la situation à Kidal n'arrangent rien.[...]

Terrorisme - Iyad Ag Ghaly : arrête-moi si tu l'oses !

Recherché pour terrorisme par le monde entier, le chef touareg Iyad Ag Ghaly semble pourtant poursuivi avec bien peu d'ardeur. Et pour cause : il reste un acteur essentiel dans la région.[...]

Le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar retiré en Libye ?

Selon le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la présence en Libye de Mokhtar Belmokhtar serait une menace pour la paix. Le jihadiste algérien et ses hommes avaient occupé pendant[...]

Jean-Yves Le Drian : "IBK doit négocier, Samba-Panza aussi"

Mali, Centrafrique, Libye... Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconduit à son poste le 2 avril, est sur tous les fronts africains. Entretien avec un Breton sans états[...]

Mali : un nouveau gouvernement pour relancer la réconciliation

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a nommé les membres du gouvernement dirigé par le nouveau Premier ministre Moussa Mara, une équipe resserrée dont l'une des principales[...]

Journalistes de RFI assassinés au Mali : des juges français vont enquêter

Des juges d'instruction parisiens vont enquêter sur l'assassinat au Mali fin 2013 des deux journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.[...]

Mali : le nouveau gouvernement formé, le ministre de la Réconciliation remplacé

Le nouveau Premier ministre du Mali, Moussa Mara, a formé son gouvernement, dans lequel ne figure plus le ministre sortant de la Réconciliation, remplacé par l'ex-chef de la diplomatie, selon un[...]

Amadou Alpha Sall : "Aucun pays n'est suffisamment éloigné pour être protégé d'Ebola"

Le virus Ebola continue de se propager en Afrique de l'Ouest. Parti de Guinée, il a notamment atteint le Liberia et des cas sont suspectés en Sierra Leone et au Mali. Interview du docteur Amadou Alpha Sall, directeur[...]

Mali : trois suspects en garde à vue pour l'attaque de la résidence de Konaré

L'enquête sur l'attaque contre la résidence de l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré, à Bamako, s'oriente vers la piste des voleurs de câble électrique. Trois suspects ont[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers