Wided Bouchamaoui est présidente de l'Utica (Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat).
Jeune Afrique : Comment va l'économie tunisienne ?
Wided Bouchamaoui : La situation n'est pas si catastrophique que certains le pensent. La liberté d'expression constitue un vrai progrès, tout comme celle d'entreprendre et de travailler. Pour que nous fassions fructifier notre proximité avec l'Europe et nos acquis sociaux, comme l'émancipation de la femme ou le niveau d'éducation de nos jeunes, il faut que nous soyons plus agressifs à l'international et que nous diversifiions nos marchés extérieurs en direction du Maghreb, du Golfe ou de l'Afrique subsaharienne. Avec l'Europe, pratiquons des partenariats plutôt que d'y expatrier nos travailleurs.
Il nous faut aussi changer la mentalité trop familiale de nos entreprises et introduire celles-ci en Bourse. La nouvelle génération y est prête, mais ces mutations demandent du temps.
Est-il vrai que 400 patrons sont en prison en raison de leur collaboration avec le régime Ben Ali ?
À ma connaissance, il n'y en a qu'un. Mais nombreux sont ceux qui ont interdiction de voyager. On a tout mélangé : les corrompus, les fraudeurs du fisc et les proches de la famille Ben Ali. De grâce, que le gouvernement nous dise ce qu'il en est vraiment. Qu'on sanctionne les coupables, mais qu'on ne maintienne pas quelqu'un en prison sans jugement ! Et que l'on rende au chef d'entreprise sa liberté de voyager sans laquelle il ne peut travailler !
Qu'attendez-vous du gouvernement tunisien ?
D'abord un signal fort sur la sécurité afin de recadrer ceux qui se croient tout permis en matière de blocages de routes ou de brimades religieuses, tout en respectant la liberté et la religion. Je crois aussi qu'il est urgent de répondre à la détresse des populations de l'intérieur, qu'il ne faut plus marginaliser. Pour leur redonner confiance, il faut leur dire quand, où et avec quel responsable le premier coup de pioche d'un équipement ou d'une infrastructure sera donné. Tout ne doit plus passer par Tunis, et les populations ont besoin d'une réelle autonomie afin qu'elles puissent déterminer les routes, les zones industrielles et les connexions internet dont elles ont besoin et sans lesquelles aucun investisseur ne viendra créer des emplois dans ces contrées. Écoutons enfin la population !
________
Propos recueillis à Tunis par Alain Faujas

Tunisie : vers un nouveau report de l'examen du projet de Constitution
RDC : vague d'indignation après l'arrestation d'étudiants congolais à Jalandhar, en Inde
Présidentielle malienne : les principaux candidats en lice







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Un travailleur chinois (d) supervise la construction d'un chantier à Addis-Abeba, en avril 2007
Une affiche montrant le président ghanéen John Atta-Mills et son homologue américain Barack Obama, en juillet 2009 à Accra
Barack Obama en visite au palais présidentiel du Ghana, le 11 juillet 2009 à Accra
Vue d'un terminal à conteneurs du port d'Abidjan
Le président du Soudan du Sud Salva Kiir, le 26 mai 2013 à Addis Abeba
Un Bushman lors d'un spectacle au Botswana, le 4 août 2012
Le président du Groupe d'éminentes personnalités de l'Union africaine, Kofi Annan, le 10 mai 2013 au Cap en Afrique du Sud
Voiture de la police guinéenne lors d'une manifestation à Conakry, le mai 2013











