Extension Factory Builder

J.A., les Fangs et les autres

11/06/2012 à 10:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Plusieurs semaines après sa publication, notre enquête consacrée à la communauté fang en Afrique centrale (voir J.A. no 2680) n'en finit plus de provoquer des remous, de susciter commentaires et réactions, parfois très virulents, surtout au Gabon. Jeune Afrique en prend pour son grade dans la presse locale. Tout y passe : volonté d'attiser les tensions, ou de régler des comptes (lesquels ? Mystère...), soutien masqué à André Mba Obame, l'ex-« frère » du chef de l'État, Ali Bongo Ondimba, devenu son pire ennemi, quête bassement mercantile de sensationnalisme...

Plumitifs aux ordres de certains collaborateurs zélés du président qui ont cru bon de prouver ainsi leur « utilité » au patron (pourtant l'un des rares à avoir gardé son calme au Palais du bord de mer), ou, au contraire, gratte-papiers pyromanes d'une certaine opposition qui a sauté sur l'occasion pour récupérer politiquement le sujet développé dans nos colonnes et attaquer le gouvernement, tous s'en sont donné à coeur joie. Des réactions tous azimuts, souvent irrationnelles - quelques-uns sont allés jusqu'à comparer J.A. à la tristement célèbre Radio Mille Collines... -, qui en disent long, n'en déplaise à certains, sur le caractère hélas toujours épidermique du sujet au Gabon et sur le manque de maturité d'une partie de sa classe politique, qui s'est réfugiée dans le déni ou, pis, l'invective. Reprocherait-on, par exemple, à un journal français de publier une enquête sur les Corses ou sur les Basques ? 

Certains lecteurs ont exprimé auprès de nous, disons de manière plus pondérée et sans nous prêter de quelconques arrière-pensées, leurs interrogations sur l'utilité de ce type d'enquêtes, diffusées dans des pays « pas toujours prêts » pour ce genre de sujets et où « certains politiques de tout bord prennent un malin plaisir à envenimer des situations déjà passablement tendues ». Argument objectif que nous ne pouvons balayer d'un revers de main : nous sommes conscients de la responsabilité qui est la nôtre. D'autres, peu nombreux, soyons honnête, nous ont, au contraire, remerciés : « Crever l'abcès est souvent source de douleurs immédiates intenses, mais favorise, à terme, la guérison. »

Que les choses soient claires. Nous n'avions d'autre objectif que journalistique : informer, susciter le débat, interpeller. Comme nous l'avions déjà fait en nous intéressant à d'autres communautés - ce qui ne dénote en rien une volonté d'exacerber les communautarismes ! -, à l'instar des Berbères en Afrique du Nord, des Bamilékés et des anglophones au Cameroun, ou des Katangais en République démocratique du Congo. Et comme nous continuerons de le faire pour contribuer à l'évolution des mentalités. Plus d'un demi-siècle après les indépendances, le chemin vers une véritable conscience nationale est encore long... 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
Drones

Editorial précédent :
Winnie et Valérie

Réagir à cet article

AUTRES

Sahara occidental : le Conseil de sécurité de l'ONU va adopter une résolution modérée

Sahara occidental : le Conseil de sécurité de l'ONU va adopter une résolution modérée

Une résolution sur le Sahara occidental devrait être adoptée le 29 avril par le Conseil de sécurité de l'ONU. Selon des sources diplomatiques, celle-ci ne prévoira pas de système de[...]

Philippe Troussier : "Algérie, Maroc, Gabon ? Des défis intéressants"

Candidat nulle part mais cité un peu partout (Algérie, Maroc, Gabon), le Franco-Ivoirien Philippe Troussier (59 ans) se dit prêt à relever un nouveau défi en Afrique, un continent où sa c[...]

Soudan du Sud : le chef d'état major limogé après les revers de l'armée face à la rébellion

Le général James Hoth Mai, chef d'état-major de l'armée sud-soudanaise, a été démis de ses fonctions mercredi par le président Salva Kiir. Aucune raison officielle n'a &eac[...]

Abdoulaye Wade : un retour au Sénégal qui inquiète la défense de son fils Karim

Le retour au Sénégal d'Abdoulaye Wade, prévu le 25 avril, suscite de l'inquiétude au sein de la défense de son fils, Karim Wade. Mais pour l'instant, "Gorgui" a su garder le silence[...]

Racisme : en Tunisie, Slah Mosbah ne veut plus être "le Noir de service"

Le chanteur Slah Mosbah, l'un des plus populaires de Tunisie, ne veut plus être "le Noir de service" qui cache une forêt de préjugés. À 55 ans, il songe même à s[...]

Algérie : génération Bouteflika, génération harraga ?

Certains ne songent qu'à partir. D'autres trouvent des raisons d'espérer. Tous n'ont connu pour l'instant qu'un seul président, Abdelaziz Bouteflika. Coup de projecteur sur une jeunesse pas si dé[...]

Présidentielle mauritanienne : Aziz officiellement candidat à sa succession

Mohamed Ould Abdel Aziz sera bien candidat à sa propre succession. Le chef de l'État mauritanien a annoncé mercredi qu'il briguerait un nouveau mandat lors de la présidentielle prévue le 21 jui[...]

À l'ONU, le gouvernement malien dit vouloir dialoguer avec les groupes rebelles

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies sa volonté de mener rapidement des négociations avec[...]

Chansons caritatives : à votre bon coeur, mélomanes !

Inspirés par les réunions charitables d'artistes anglo-saxons dans les années 80, les chanteurs africains s’égosillent de plus en plus en groupes. Autour de causes désespéré[...]

Chine : bébés en boîte

En Chine, où n'existent ni protection sociale ni accouchement sous X, des structures d'accueil pour enfants abandonnés - et souvent handicapés - sont mises en place.[...]

Sénégal : le vrai-faux retour d'Abdoulaye Wade

Annoncé pour mercredi, le retour d'Abdoulaye Wade à Dakar a finalement été reporté au vendredi 25 avril. Blocage des autorités sénégalaises ou stratégie de victimisa[...]

Mali : accusé de complicité d'assassinat, Sanogo encourt la peine de mort

Le général putschiste Amadou Haya Sanogo a vu les accusations le visant s'alourdir. En plus de complicité d'enlèvement, il doit répondre depuis le 22 avril du chef de complicité d'assass[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces