Extension Factory Builder

Maroc - France : Mohamed Marfouk, le bon cadre de LVMH

07/06/2012 à 19:50
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed Marfouk est directeur des opérations chez LVMH. Mohamed Marfouk est directeur des opérations chez LVMH. © Vincent Fournier

Originaire de Casablanca, ce Marocain est directeur des opérations au sein du groupe LVMH. Loin des paillettes du monde du luxe, il ne jure que par ses objectifs.

Spacieux et bien éclairé, le bureau de Mohamed Marfouk offre une vue imprenable sur le quartier des Champs-Élysées. Pourtant, la sobriété du lieu tranche avec le hall d'accueil du bâtiment sis rue Montaigne. Sacs à main, montres, bouteilles d'alcools fins souhaitent la bienvenue et font patienter les visiteurs jusqu'à l'heure de leur rendez-vous. C'est que M. Marfouk travaille pour l'un des leaders mondiaux du luxe, le groupe LVMH (Louis Vuitton - Moët Hennessy), où il est directeur des opérations. Un poste qui le met en contact avec la soixantaine de maisons qui composent le groupe.

Coups de fil répétés et défilé de collègues rythment la journée de Mohamed Marfouk et entretiennent l'afflux d'adrénaline recherché par cet homme qui, sous une apparence calme et détendue, court sans cesse après ses objectifs. Chose d'autant plus impressionnante que, avec une centaine de personnes à son service, le businessman couvre trois domaines différents : la gestion des systèmes d'information du groupe, la direction des achats et la chaîne logistique. Et ce auprès de l'ensemble des sociétés réparties en cinq secteurs d'activité : les vins et les spiritueux, la mode et la maroquinerie, les parfums et les cosmétiques, les montres et la joaillerie ainsi que la distribution sélective.

« Depuis mon arrivée en 2009 à ce poste, mon rôle consiste à faire travailler dans l'harmonie ces nombreuses filiales réparties dans le monde entier », explique-t-il. Ce qui l'oblige à voyager beaucoup à New York, où se trouve le siège de LVMH, mais aussi en Asie, à Singapour, Hong Kong, Tokyo et Shanghai. Se retrouver plongé dans une dynamique de travail différente l'enthousiasme : « Je m'adapte à d'autres façons de faire et suis toujours ravi de rencontrer, dans les pays émergents, des personnes qui ont encore un couteau entre les dents. Cela change de l'Europe et de sa morosité... » Ici, la décroissance ou la stagnation économique l'obligent à revoir sans cesse ses modes opératoires, à essayer de faire plus avec moins de moyens. Là-bas, il optimise son procédé, améliore des résultats déjà excellents...

Féru de littérature arabe dans sa jeunesse, il rêvait de devenir poète ou romancier. Une idée qu'il écarte maintenant d'un revers de main, avec un sourire amusé.

Rigoureux, Marfouk est conscient de la chance qu'il a de travailler pour une entreprise dont le chiffre d'affaires est d'environ 23 milliards d'euros. Pour venir en France, le jeune homme né en 1964 à Casablanca a suivi le même chemin que tant d'autres. Après un bac scientifique, il a opté pour une classe préparatoire scientifique à La Rochelle (ouest de la France) puis pour l'École centrale de Paris. Juste parce que cette voie était alors considérée comme étant la meilleure par ses professeurs. Ses parents, eux, ancrés dans un quotidien bien marocain, étaient plutôt éloignés de ces réalités. Avec huit enfants à élever, plus ceux de l'orphelinat de Casablanca où travaillait son père et qui venaient souvent partager les repas familiaux, les projets d'avenir du jeune Mohamed n'ont jamais suscité de débat dans la famille. L'actuel cadre plein de responsabilités a grandi comme bien des enfants, plongé dans l'instant présent, sans plan de carrière arrêté. Après ses cours et ses devoirs, tous les week-ends, il s'adonnait plein d'entrain à la passion quasi universelle des adolescents : le football. Une jeunesse bien éloignée, donc, de la vie hyper­active qu'il mène aujourd'hui. D'autant qu'à l'époque, féru de littérature arabe, il rêvait de devenir poète ou romancier. Une idée qu'il écarte maintenant d'un revers de main, avec un sourire amusé.

Son idéal, Mohamed Marfouk l'a trouvé dans les défis du monde de l'entreprise. Pas seulement chez LVMH, mais auparavant chez Colgate-Palmolive, puis chez Danone. Il a passé dix ans dans le premier groupe à des postes d'organisation et dans les systèmes d'information ; puis onze ans dans le deuxième, où il a fini par s'occuper de la chaîne logistique de la branche « biscuit » au moment du redémarrage de celle-ci. Avant d'atteindre son poste actuel, il a aussi eu le temps d'être directeur général de la société Chateaud'eau en France et au Luxembourg. Son salaire actuel, il refuse de le rendre public.

Ce parcours bien rempli n'a pas empêché le cadre d'avoir une vie personnelle épanouie. Marié avec une Marocaine rencontrée à Paris et père de deux garçons âgés de 12 ans et 16 ans, il se veut père de famille attentif, aussi présent que possible. Son objectif : informer au maximum ses enfants sur le système scolaire pour leur permettre de faire ce qui leur convient, sans jamais rien imposer. Il tient aussi à ouvrir leur horizon culturel et profite des vacances pour emmener ses petits Parisiens à Casablanca et rendre visite à sa famille ainsi qu'à celle de son épouse. Voilà un homme bien sous tous rapports. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

AUTRES

Nigeria : Abubakar Shekau, le calife fou de Boko Haram

Nigeria : Abubakar Shekau, le calife fou de Boko Haram

Qui est vraiment Abubakar Shekau, chef de la secte nigériane Boko Haram ? "Jeune Afrique" dresse le portrait de l'un des jihadistes les plus recherchés d'Afrique.[...]

Lesotho : situation incertaine au lendemain d'un coup de force de l'armée

Il était difficile de savoir qui gouvernait dimanche le Lesotho, petit royaume montagneux enclavé dans l'Afrique du Sud, au lendemain d'un coup de force de l'armée contre la police qualifié de "c[...]

Ebola : un nouveau cas confirmé au Nigeria

La femme d'un médecin mort d'Ebola dans la ville pétrolière nigériane de Port Harcourt a été testée positive à son tour à la maladie, ont annoncé dimanche les a[...]

RDC : qui était le général Lucien Bahuma, chef de l'armée au Nord-Kivu ?

L'armée congolaise connaît un coup dur avec la mort du général Lucien Bahuma, chef d'état-major de la région troublée du Nord-Kivu, qui a joué un rôle clef dans les r&ea[...]

RDC : mort du chef de l'armée au Nord-Kivu après un malaise

Le général Lucien Bahuma, chef de l'armée congolaise pour la région troublée du Nord-Kivu, est mort dans la nuit de samedi à dimanche en Afrique du Sud après avoir fait un malaise &[...]

Mali : deux diplomates algériens libérés plus de 2 ans après leur rapt

Deux diplomates algériens enlevés en avril 2012 par un groupe islamiste armé au Mali ont été libérés samedi, ont annoncé les autorités algériennes en confirmant[...]

Nigeria : Boko Haram massacre des civils dans une ville conquise du Nord

Des islamistes de Boko Haram ont tué de nombreux habitants de la ville nigériane de Gamboru Ngala, frontalière de l'extrême-nord du Cameroun, ont affirmé samedi des témoins à l'AFP.[...]

Libye : violents combats à Benghazi, l'aéroport touché

De violents entre les forces du général rebelle Khalifa Haftar et des miliciens islamistes ont fait samedi au moins dix morts à Benghazi, la grande ville de l'est de la Libye. L'aéroport a ét&eac[...]

Niger : blocage persistant avec Areva sur la convention d'exploitation des mines d'uranium

Le blocage persiste entre le Niger et le géant du nucléaire français Areva au sujet du renouvellement des conventions d'exploitation de deux mines d'uranium, cent jours après la signature d'un accord pa[...]

Lesotho : l'armée dément avoir mené un coup d'État

L'armée du Lesotho a formellement démenti avoir perpétré un coup d’État samedi, contrairement à ce qu'a affirmé le Premier ministre Thomas Thabane, réfugié en Af[...]

Somalie : la force africaine lance une nouvelle offensive contre les Shebab

Les forces somaliennes et leurs alliés de l'Union africaine ont lancé une nouvelle offensive contre les insurgés islamistes shebab visant à s'emparer de positions qu'ils détiennent encore dans le[...]

Afrique du Sud : le marché noir a avalé le marché blanc

Vingt ans après la disparition de l'apartheid, le consommateur sud-africain n'est plus noir ou blanc. Les différences sont largement fonction des revenus et du mode de vie, comme dans un pays "normal", ou p[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex