Extension Factory Builder

Adel Ben Khaled : "Les constructeurs allemands s'intéressent de plus en plus au Maroc"

10/05/2012 à 12:44
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Adel Ben Khaled, ingénieur de 47 ans, dirige Leoni Maroc depuis 2009. Adel Ben Khaled, ingénieur de 47 ans, dirige Leoni Maroc depuis 2009. © Leoni

Spécialiste des câbles électriques, le groupe de Nuremberg Leoni vient d'inaugurer sa huitième usine dans le royaume. Située à Berrechid, elle emploiera 2 500 salariés d'ici à 2014.

L'équipementier allemand Leoni continue son expansion en Afrique du Nord, où il compte 25 000 salariés (60 750 dans le monde). Implanté dès 1977 en Tunisie, le fabricant de câbles électriques, leader en Europe et quatrième dans le monde, mise aussi sur le Maroc, où il vient d'inaugurer sa huitième usine, pour fournir les usines automobiles de l'Europe du Sud-Ouest. Aujourd'hui, il profite du démarrage de Renault Tanger Med. Aux manettes depuis 2009, Adel Ben Khaled, ingénieur de 47 ans né à Zaghouan (Tunisie) et formé à Karlsruhe (Allemagne), veut faire progresser de 15 % les ventes de la filiale cette année.

Jeune Afrique : Quel est l'objectif de votre nouvelle usine de Berrechid, inaugurée le 19 avril ?

En Tunisie et en Égypte, le groupe n'a pas réduit la voilure, contrairement à certains concurrents.

Adel Ben Khaled : Cette implantation est entièrement destinée aux équipementiers, qui s'installent en nombre au Maroc et ont besoin de nos produits. Nous l'avons conçue comme un regroupement de mini-usines, chacune étant dévolue à un client spécifique : Siemens, Valeo, Faurecia, Plastic Omnium... D'ici à 2014, Berrechid devrait compter 2 500 salariés travaillant pour une dizaine d'équipementiers.

En Allemagne, comment sont perçues ces implantations à l'étranger ?

Il n'y a pas de polémique sur ce sujet : nos salariés allemands comprennent la nécessité d'une combinaison entre un service commercial et d'ingénierie en Allemagne et des centres de production compétitifs.

Leoni fournit le câblage du monospace Lodgy, le premier véhicule fabriqué par Renault Tanger Med. La compétition a-t-elle été rude ?

Nous sommes fiers d'avoir été sélectionnés, alors que le Maroc compte de grands concurrents comme Sumitomo, Yazaki ou Fujikura. Nous avons gagné ce marché d'abord en raison de notre expérience positive de fournisseur pour la Logan, tant à Casablanca qu'en Roumanie. Renault avait confiance dans notre capacité à respecter nos engagements. Les économies d'échelle nous ont permis d'être compétitifs sur le plan des coûts. C'est notre usine d'Aïn Sebaa qui est chargée de cette production.

L'année 2011 a été mouvementée en Afrique du Nord... Comment l'avez-vous vécu ?

En Tunisie et en Égypte, où Leoni compte respectivement 13 000 et 4 000 employés, le groupe n'a pas réduit la voilure, contrairement à certains concurrents. Malgré la crise, nous avons prouvé à nos clients européens que nous étions capables de livrer dans les temps, quitte à vendre parfois à perte pour garder leur confiance. Aujourd'hui, nous espérons que ces pays sortiront vite de ces situations politiques transitoires.

Le Maroc en a-t-il profité pour prendre des parts de marché à la Tunisie dans le secteur automobile ?

Même au sein de Leoni, les entités d'Afrique du Nord sont en concurrence. Mais à cause de l'approvisionnement en « juste à temps », la proximité géographique est essentielle. Pour cette raison, le Maroc fournit surtout l'Espagne, le Portugal et la France, tandis que la Tunisie vise davantage l'Allemagne et l'Europe orientale. Néanmoins, ces derniers mois, il y a un regain d'intérêt des constructeurs et équipementiers allemands pour le Maroc, notamment à cause du facteur politique. Certains d'entre eux songent à s'y installer. 

________

Propos recueillis par Christophe Le Bec

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

L'Afrique part à la pêche aux 'islamodollars'

L'Afrique part à la pêche aux "islamodollars"

Au Maghreb comme au sud du Sahara, les produits financiers compatibles avec la charia se multiplient. Autant de vecteurs qui permettent aux pays du Golfe d'investir dans les infrastructures.[...]

Racisme au Maroc : à Tanger, un pogrom anti-migrants fait au moins un mort

À Tanger, une expédition sauvage menée par des Marocains contre des migrants à fait au moins un mort, le 29 août. Un drame qui met à nouveau en lumière le problème du racisme[...]

Maroc : les maraîchers disent "merci Poutine"

Depuis que Moscou a décrété un embargo sur les importations en provenance de l'Union européenne, les agriculteurs marocains s'organisent pour profiter de ce marché estimé à[...]

Le Maroc "solidaire" des pays touchés par Ebola au nom de sa politique africaine

Avec la suspension des vols d'Air France vers la Sierra Leone, le Maroc est le dernier pays à desservir de manière régulière les trois principaux pays frappés par l'épidémie[...]

Algérie - Maroc : la déchirure

Tranchées d’un côté, clôture de l’autre. Alors que le fossé entre les deux voisins ne cesse de se creuser, "Jeune Afrique" a enquêté, vingt ans après la[...]

Maroc : Rabat rêve de lumières

Confinée de longue date au statut de ville administrative, la capitale du Maroc se rêve en cité internationale de la culture et du savoir.[...]

Mariage au Maroc : quand la haute fait la noce

Ils font rarement la une des journaux, mais les mariages entre grandes familles sont une tradition bien établie dans le royaume. Une façon de perpétuer richesse, pouvoir et rang social.[...]

Justice : brèche humanitaire entre le Maroc et la France

Selon un responsable du ministère marocain de la Justice, le royaume chérifien s'apprête à transférer en France des détenus français.[...]

Ces magnats africains qui dament le pion aux multinationales

Ils ont mis en place des services, une production et une distribution locale : une poignée d'hommes d'affaires dominent leur marché et partent à la conquête du continent.[...]

Algérie - Maroc : vingt ans après, faut-il rouvrir la frontière commune ?

Vingt ans après sa fermeture, la frontière commune entre le Maroc et l'Algérie n'est toujours pas rouverte. Une situation préjudiciable pour les deux États qui se contentent, pour l'instant, de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex