Extension Factory Builder

Maroc : Larbi Belarbi, autoptimiste

30/04/2012 à 16:31
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dirigeant éclectique, Larbie Belarbi était jadis à la tête de la chaîne de TV 2M. Dirigeant éclectique, Larbie Belarbi était jadis à la tête de la chaîne de TV 2M. © Hassan Ouazzani pour J.A.

À la tête de l'association des équipementiers, Larbi Belarbi milite pour que l'usine Renault de Tanger fasse appel à plus de fournisseurs locaux.

Président de l'Association marocaine pour l'industrie et le commerce de l'automobile (Amica), Larbi Belarbi est fier du chemin parcouru par le secteur : « Nous exportons pour plus de 2 milliards de dollars [plus de 1,5 milliard d'euros, NDLR] de pièces automobiles, contre 200 millions de dollars en 2002. » Jadis directeur général de la chaîne de télévision 2M, ce patron éclectique a dirigé avec succès l'usine de la Société marocaine de construction automobile (Somaca) pour Renault et PSA de 2003 à 2008 : sous sa houlette, la production est passée de 20 000 à plus de 45 000 véhicules par an.

Larbi Belarbi attend beaucoup de la grande usine low cost de Renault Tanger Med. Inaugurée le 9 février, elle a déjà fabriqué 2 500 mono­spaces Lodgy. « Le chiffre d'affaires des équipementiers marocains connaît une croissance annuelle de 25 %. Dorénavant, grâce à Renault Tanger, nous progresserons de 35 % par an ! » pronostique ce Casablancais, par ailleurs conseiller de Jean-Christophe Kugler, directeur chargé de la région Euromed chez le constructeur au losange.

65 000 : c'était le nombre de salariés dans le secteur automobile au Maroc. La profession espère que l'usine Renault générera à terme 30 000 autres emplois.

Pourtant, deux mois après la sortie des premiers véhicules des chaînes tangéroises, la déception se fait sentir chez les industriels locaux. Seules deux sociétés à capitaux marocains, Socafix et Tuyauto, ont été sélectionnées pour approvisionner directement l'usine. Si Renault annonce 50 % d'achats en provenance du Maroc, ce sont surtout quinze filiales locales de multinationales (dont dix nouvelles dans le royaume) qui lui fournissent ses pièces : Valeo fabrique les phares, Saint-Gobain les vitres, Vizza les structures de siège...

Accompagnement

Ce recours limité au savoir-faire local n'est pas inéluctable, estime Larbi Belarbi. « Les constructeurs automobiles sont des gens prudents, on ne devient pas fournisseur de Renault du jour au lendemain. Les équipementiers marocains ont donc besoin d'être accompagnés, par l'État et par des partenaires, pour être au niveau sur le plan tant humain qu'industriel et logistique », assure-t-il. Il rappelle au passage qu'une vingtaine de fournisseurs secondaires travaillent déjà grâce à Renault Tanger. À terme, le président de l'Amica se montre confiant. « Nous pouvons devenir une plaque tournante de l'automobile pour les constructeurs européens, à l'instar de la Turquie et de la Roumanie. Mais, comme pour eux, cela prendra du temps », convient-il.

________

Par Christophe Le Bec, envoyé spécial à Casablanca

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : Rachid Andaloussi, horizon CasArts

Maroc : Rachid Andaloussi, horizon CasArts

L'architecte marocain Rachid Andaloussi a dessiné, avec Christian de Portzamparc, le projet CasArts, à Casablanca. Un théâtre conçu comme une "medina culturelle" qui vise à remett[...]

Au Maroc, le combat d'une mère célibataire contre l'exclusion

"Je me bats pour mon fils malgré les regards et les jugements impitoyables", lance avec détermination Khadija, une mère célibataire de 27 ans, dans un rare témoignage sur le combat[...]

IIe guerre mondiale : les victoires oubliées des "indigènes"

Avant le grand débarquement, la reconquête des Alliés est amorcée par la Corse et l'Italie. Des batailles aussi épiques que méconnues menées par les[...]

Maroc : nouvel assaut massif de migrants subsahariens sur la barrière de Melilla

Plusieurs centaines de migrants subsahariens ont tenté mardi d'entrer dans l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc. Par ailleurs, 470 autres ont été secourus dans le détroit de Gibraltar.[...]

Tirailleurs : le chagrin des indigènes

Tierno Monénembo est un écrivain guinéen, Prix Ahmadou-Kourouma 2012 pour Le Terroriste noir, sur Addi Bâ, héros méconnu de la Résistance..[...]

L'Algérie et le Maroc intensifient la lutte contre le trafic d'essence transfrontalier

Depuis le début de l'année, quelque 500 000 litres de carburant algérien destinés à l'exportation frauduleuse vers le Maroc ont été saisis par les gendarmes. La lutte s'intensifie[...]

Maroc : quand le PAM fait sa mue

Créé en 2008 par Fouad Ali El Himma, un proche du roi du maroc, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) tente de se donner une nouvelle image. Notamment en multipliant les incursions sur le[...]

Sahara : l'autonomie, sinon rien

L'arrivée au pouvoir en 1999, à trois mois d'intervalle, d'Abdelaziz Bouteflika et de Mohammed VI avait suscité l'espoir raisonné d'un new deal entre les deux frères ennemis du[...]

Le Maghreb des misogynes

Dignes descendantes des moudjahidate algériennes, nobles battantes du Maroc, filles de Bourguiba, vous pouvez être fières de vos élus ! Si, si. Je vais vous donner trois exemples qui vont vous[...]

L'Inquisition en scooter

Voici, pour dire adieu au ramadan, une petite histoire qui s'est déroulée à Amsterdam, la semaine dernière. Elle met en jeu une famille marocaine vivant au Maroc et qui passe les vacances[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers