Depuis la chute du régime Ben Ali, le pays traverse une période aussi délicate qu'exaltante. Bouleversements au sein de la classe politique, société civile à l'énergie foisonnante, opérateurs économiques renouvelés, créateurs culturels incisifs... Tout a changé.
Révolution, évolution, révolte, changement - ah non, le terme est devenu tabou ! -, peu importe la dénomination exacte, la Tunisie n'est plus la même. Une vraie métamorphose, mais pas version Kafka... Vue de loin, ou, au contraire, de trop près, la Tunisie inquiète : enlisement du processus de transition, crise économique et sociale, montée des extrémismes, bipolarisation... À J.A., nous avons plutôt choisi de mettre l'accent sur l'extraordinaire, et il est vrai fort récente, vitalité de sa société. Jadis comateuse ou aphone, cette dernière ne cesse de nous étonner. Les idées fusent, le débat est permanent, les expériences multiples. Les conférences sur l'avenir du pays font le plein, et Dieu sait si elles sont nombreuses. Les hommes et les femmes politiques ? Une véritable fourmilière. Le monde associatif ? Une infinie constellation. Les électeurs ? Avides de comprendre, curieux de connaître les programmes des uns et des autres, soucieux de comparer les « offres ».
Bouillonnement
Sans parler des changements générationnels, du renouvellement des cadres au sein des entreprises ou de l'administration, de la diaspora qui s'invite dans la réflexion sur le futur de la nation, de la scène artistique devenue, enfin, féconde ou des médias, anciens et nouveaux, qui profitent très largement d'une liberté à laquelle ils n'avaient jamais goûté. Bien sûr, cette effervescence n'est pas toujours constructive. Évidemment, la défense de l'intérêt général n'est pas assez souvent au rendez-vous, et les ambitions personnelles, de moins en moins masquées, se muent régulièrement en guerre d'ego. Mais quoi de plus naturel ? La Tunisie avance à tâtons, elle a besoin de temps, de mûrir sa révolution et de canaliser ses énergies. En attendant, le pays avance, réfléchit, propose, cherche, explore, invente. Un dynamisme que bien des nations, d'Afrique ou d'ailleurs, peuvent lui envier... Les 50 personnalités que nous avons sélectionnées pour incarner cette nouvelle Tunisie, exercice subjectif s'il en est, sont à l'image de cette métamorphose et de ce bouillonnement. Combien d'entre elles auraient figuré dans cette liste il y a seulement seize mois ?

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Mali : l'armée française chasse un groupe armé d'une ville du nord-est
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La campagne Pub de Jeune Afrique
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012 dans la banlieue d'Alger
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012 à Alger
Les policiers tunisiens contrôlent les véhicules aux abords de Kairouan, le 18 mai 2013
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Rached Ghannouchi (Ã droite), le leader du parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie, le 16 mai 2012 Ã Tunis
Les représentants du mouvement Ansar Ashariaa répondent aux journalistes, le 16 mai 2013 à Tunis
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