Extension Factory Builder

Nicky Newton-King : "Le JSE, un tremplin pour les sociétés africaines"

11/04/2012 à 18:39
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Son objectif ? Attirer de nouvelles cotations d'entreprises locales et internationales. Son objectif ? Attirer de nouvelles cotations d'entreprises locales et internationales. © JSE

Outils de transaction innovants, évolutions réglementaires, impact de la conjoncture mondiale... La nouvelle patronne de la Bourse de Johannesburg revient sur les principaux changements qui attendent en 2012 les sociétés cotées sur la place sud-africaine.

Le 2 janvier, Nicky Newton-King, 45 ans, a remplacé Russell Loubser à la tête du Johannesburg Stock Exchange (JSE, Bourse de Johannesburg). Elle avait auparavant passé seize ans au sein de la place qui, forte d'une capitalisation de 741 milliards d'euros en février 2012, concentre plus des deux tiers des opérations en Afrique. Cette Sud-Africaine diplômée de Cambridge a notamment été directrice exécutive du JSE en 2000, puis vice-présidente en 2003. Ses objectifs ? Renforcer les infrastructures informatiques et de communication, afin de favoriser la sécurisation des transactions ; attirer de nouvelles cotations d'entreprises locales et internationales ; et se rapprocher des Bourses des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) en développant des indices communs puis, à terme, des produits financiers agrégeant des valeurs de ces places émergentes.

Jeune Afrique : Quels changements attendent les sociétés cotées à Johannesburg en 2012 ?

Nicky Newton-King : L'une de nos forces est de revoir en permanence nos fondamentaux et de nous adapter pour satisfaire les besoins de nos clients, en constante évolution. En 2012, la mise en place d'un nouveau système de transactions boursières augmentera la rapidité d'exécution des ordres [les transactions seront 400 fois plus rapides, NDLR]. Ce nouvel outil sera mis en place par l'intermédiaire de la filiale technologique du London Stock Exchange, MillenniumIT. Il sera exploité par le JSE, ce qui nous permettra de réduire les charges d'exploitation, mais surtout de limiter le temps d'exécution des ordres.

L'environnement réglementaire mondial, notamment pour les investissements, est en pleine évolution. Quels sont les effets pour le JSE ?

La tendance réglementaire qui se fait le plus sentir au niveau des échanges mondiaux est un contrôle accru de la solidité - et notamment de la réalité des fonds propres - des entreprises offrant des services financiers. L'Afrique du Sud n'a pas encore établi de réglementation en la matière, mais le JSE s'efforce de faire de cette tendance une opportunité. En novembre, Pravin Gordhan, le ministre sud-africain des Finances, a annoncé que les sociétés étrangères cotées à Johannesburg seraient traitées comme les investisseurs nationaux. Cela confirme le rôle de tremplin du JSE pour le développement de sociétés étrangères en Afrique, et cela signifie aussi que les investisseurs institutionnels ont davantage la possibilité d'investir dans d'autres pays. Cette évolution nous permet de développer de façon plus offensive une offre accrue de possibilités d'investissement et renforce l'intérêt des indices de référence de la Bourse, qui peuvent désormais inclure les sociétés étrangères.

Dans quelle mesure la crise de la zone euro affecte-t-elle les sociétés sud-africaines ?

Un environnement financier difficile remet forcément en question la façon dont les entreprises opèrent. Nous avons constaté un ralentissement des cotations sur la plupart des marchés mondiaux, et l'Afrique du Sud ne fait pas exception. Mais nous avons aussi observé davantage d'opportunités pour des produits et des services permettant aux investisseurs de mieux gérer leurs risques.

Le JSE a proposé de travailler avec les autres places africaines et veut encourager les doubles cotations des entreprises du continent...

Même si nous avons fait un effort significatif pour améliorer notre offre africaine et renforcer nos relations avec les autres places boursières d'Afrique, nous n'avons pas suffisamment progressé sur ce terrain. Cela dit, nous avons quatorze sociétés cotées provenant du reste du continent, et nous considérons toujours notre offre africaine comme l'un des facteurs durables de notre croissance. Nous demeurons focalisés sur le développement du continent et de ses marchés de capitaux, et nous continuons d'explorer les opportunités en Afrique.

Où en est votre rapprochement avec les Bourses des Bric, annoncé en 2011 ?

Ces Bourses, qui en juin 2011 représentaient 18 % des échanges financiers dans le monde, vont créer des indices incluant des valeurs des différents pays des Brics [les Bric plus l'Afrique du Sud]. Par la suite, les pays concernés développeront des produits innovants incluant des valeurs de ces cinq pays. Nous pensons que les économies des Brics vont jouer un rôle de plus en plus important sur la scène internationale, et le JSE doit profiter des investissements dont ces marchés vont bénéficier dans le futur. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Afrique du sud

Tortures au Zimbabwe : la police sud-africaine appelée à ouvrir des nouvelles enquêtes

Tortures au Zimbabwe : la police sud-africaine appelée à ouvrir des nouvelles enquêtes

À la suite d'une requête d'association des droits humains, la Cour constitutionnelle sud-africaine a ordonné jeudi pour la troisième fois à la police nationale d'ouvrir une enquête sur des c[...]

Doing Business 2015 : l'Afrique bat le record des réformes

 Selon le rapport "Doing Business" 2015 de la Banque mondiale, deux tiers des économies africaines ont connu une amélioration du climat des affaires. Le Sénégal et la RD Congo, qui[...]

Afrique du Sud : la famille d'Oscar Pistorius accepte la perspective d'un nouveau procès

Alors que le ministère public a annoncé vouloir faire appel du verdict requis contre Oscar Pistorius, la famille de l'athlète a accepté mardi la perspective d'un nouveau procès. Reconnu coupable[...]

Minée par la violence, l'Afrique du Sud pleure la mort du capitaine des Bafana

Lundi, la chef de la police nationale a donné le signalement de deux hommes âgés d'une petite trentaine d'années soupçonnés d'être les meurtriers de Senzo Meyiwa, gardien de but et[...]

Afrique du Sud - Procès Pistorius : le ministère public va faire appel du verdict

Le ministère public a annoncé lundi qu'il allait faire appel du verdict requis contre Oscar Pistorius. Le champion sud-africain avait été condamné le 21 octobre à cinq ans de prison ferme[...]

Accord QNB-Ecobank : Mike Brown ne décolère pas

 Mike Brown, le dirigeant du sudafricain Nedbank, n'a pas apprécié que Qatar National Bank soit devenu le premier actionnaire d'Ecobank.[...]

Football : Senzo Meyiwa, le capitaine de l'équipe sud-africaine, tué dans une fusillade

Le capitaine de l'équipe d'Afrique du Sud de football, Senzo Meyiwa, âgé de 27 ans, a été tué dimanche dans une fusillade à son domicile de Johannesburg.[...]

Pistorius : Reeva "avait décidé de le quitter cette nuit-là"

La mère de Reeva Steenkamp, tuée en 2013 par le champion paralympique Oscar Pistorius, s'est déclarée certaine, dans une interview exclusive au Times Magazine, que sa fille "avait[...]

Lesotho : un accord trouvé par les négociateurs sud-africains

Fin août, un coup d’État contre le Premier ministre Tom Thabane avait échoué. Hier, les négociateurs sud-africains ont annoncé être parvenus à mettre d’accord les[...]

Afrique du Sud : Oscar Pistorius condamné à cinq ans de prison ferme

La justice sud-africaine a condamné le champion d'athlétisme de 27 ans, Oscar Pistorius, à cinq ans de prison ferme pour le meurtre de sa petite amie en 2013. Il a également écopé de trois[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers