Extension Factory Builder
28/03/2012 à 09:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Quinze mois d'exercice du pouvoir et une copie rendue à laquelle les examinateurs mettraient volontiers une mention bien, n'étaient-ce les incertitudes du calendrier politique... Sur le plan économique, le bilan d'Alpha Condé est encourageant et les institutions de Bretton Woods, avec lesquelles la Guinée a renoué, ne sont pas les dernières à le reconnaître. L'intégrité, la bonne volonté, le patriotisme - si ce n'est la méthode - sont désormais au pouvoir à Conakry après des décennies de prédation militaire : il faudrait être aveugle pour ne pas s'apercevoir du changement. Le carnet de commandes social, lui, demeure toujours aussi rempli en termes d'urgences (eau, électricité) et d'exigences, notamment salariales, toutes légitimes et presque toutes insatisfaites à court terme. Mais au moins l'inflation est-elle rigoureusement combattue, tout comme le sont les monopoles d'importation - de riz notamment - et la grande corruption. À l'image d'Alpha Condé lui-même, l'État se veut modeste : il est vrai qu'en Guinée l'ostentation, même en période de pillage et de gaspillage, n'a jamais été vraiment de mise. Sur le plan extérieur enfin, l'activisme présidentiel commence à porter ses fruits : tant au niveau régional qu'au sein de l'Union africaine, la Guinée existe de nouveau.

Alpha Condé est un président qui concentre beaucoup, contrôle tout, et n'a confiance qu'en lui même.

Pourtant, le bilan politique de cette première session, marquée entre autres épisodes par l'attaque de la résidence présidentielle, oeuvre d'un commando dont l'identité, les motivations et les commanditaires demeurent flous, est lui plutôt décevant. L'absence d'un minimum de confiance entre une opposition dont les leaders se surveillent mutuellement et un chef d'État dont l'ego n'est pas mince s'est traduite jusqu'ici par l'incapacité à organiser dans le consensus des élections législatives, clé essentielle d'un apaisement susceptible d'attirer les investisseurs étrangers et la pleine coopération de l'Union européenne. Se tiendront-elles le 8 juillet, comme l'indique la Commission électorale indépendante ? Et, dans ce cas, déboucheront-elles sur une majorité de la coalition au pouvoir ou sur une cohabitation à hauts risques ? Rien n'est encore sûr.

Ce qui l'est, par contre, c'est que les quinze mois écoulés auront permis de voir à l'oeuvre un opposant au pouvoir, avec ce que cet exercice inédit pour la Guinée comporte de surprises et d'aléas. Plus que jamais, Alpha Condé est un président qui concentre beaucoup, contrôle tout, délègue peu et n'accorde sa confiance qu'à lui-même. On peut le comprendre : la survie de son parti et l'issue de son combat, quand il était dans l'opposition, furent à ce prix, et la dépréciation des valeurs, l'effondrement moral étaient tels lorsqu'il a accédé au pouvoir qu'il était très difficile de trouver des cadres intègres, compétents et patriotes sur lesquels s'appuyer. Mais en attendant le « Guinéen nouveau », il faut bien faire avec le Guinéen d'aujourd'hui. Contrairement à beaucoup de ses pairs, Condé ne s'économise pas, ce qui en soi mérite qu'on le relève. Attention toutefois à l'infarctus du pouvoir ! 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Guinée

Ebola : François Hollande se rendra en Guinée la semaine prochaine

Ebola : François Hollande se rendra en Guinée la semaine prochaine

Le président français, François Hollande, a annoncé vendredi qu'il se rendrait en Guinée "la semaine prochaine", afin d'évoquer l'épidémie de virus Ebola qui s&eacu[...]

Lutte conte Ebola : qui donne, combien et à qui ?

Depuis le mois de mars, le virus Ebola a déjà fait officiellement plus de 5 400 morts en Afrique de l'Ouest. Qui, à travers le monde, se mobilise financièrement pour stopper l'épidémie ?[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : six souches, pas moins

Il existe actuellement six espèces différentes de virus Ebola, à la sévérité variable.[...]

CAN 2015 et Ebola : psychose et stigmatisation dans les stades

Les footballeurs originaires des pays touchés par l'épidémie sont durement stigmatisés lors des rencontres qualificatives pour la Coupe d'Afrique des nations. Témoignages.[...]

Ebola : la moitié des morts non comptabilisés ?

Jeudi, un expert de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que des milliers de victimes d'Ebola, enterrées sans être déclarées, n'étaient pas prises en compte[...]

Ebola : un arsenal thérapeutique balbutiant

S'il n'existe aucun traitement ni vaccin homologué contre le virus, la recherche scientifique progresse.[...]

Ebola : où sont passés les milliardaires africains ?

Seuls des milliardaires occidentaux tels Bill Gates ou Mark Zuckerberg se sont faits mécènes de la lutte contre Ebola. Leurs homologues africains, Aliko Dangote ou Nassef Sawiris,  pour ne citer qu'eux, sont aux[...]

Guinée : chroniques d'une lutte acharnée contre Ebola

Entre la capitale guinéenne sous tension et une ville frontière ivoirienne figée, visite d'une région qui vit dans l'angoisse.[...]

Ebola : le codécouvreur du virus, Peter Piot, redoute une propagation en Chine

Le codécouvreur du virus Ebola, Peter Piot, a fait part jeudi de son inquiétude quant aux risques de propagation du virus en Chine, qui a une très importante communauté en Afrique de l'Ouest.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers