Extension Factory Builder

Tunc Basegmez : "Renault Tanger a donné du travail à la France"

05/03/2012 à 18:07
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Tunc Basegmez, directeur de l'usine Renault de Tanger. Tunc Basegmez, directeur de l'usine Renault de Tanger. © Renault

L'inauguration de l'usine marocaine a provoqué des remous à Paris, où des politiciens ont crié à la "délocalisation". Réponse du directeur de l'usine, Tunc Basegmez, qui détaille les prochaines étapes du projet.

Inaugurée le 9 février par le roi du Maroc Mohammed VI et le PDG de Renault, Carlos Ghosn, l'usine de Tanger est en plein rodage. Aux manettes : le Turc Tunc Basegmez, 56 ans. À partir de 2014, 340 000 véhicules sortiront chaque année des chaînes de l'usine... qui sera alors la plus grande d'Afrique.

Jeune Afrique : Des politiciens français ont tiré à boulets rouges sur l'ouverture d'une usine Renault au Maroc. Quelle est votre réaction ?

Tunc Basegmez : Je sais bien que la France entre en période électorale, mais certaines déclarations m'ont fait mal au coeur. Pour Renault, il n'était pas envisageable de fabriquer un véhicule low cost en France. En outre, Renault Tanger a donné du travail à la France. Dire le contraire, c'est manquer de respect aux ingénieurs français qui participent depuis trois ans au projet !

À quelle étape du lancement de la production en êtes-vous ?

Le 27 janvier, la direction de la qualité nous a donné l'accord de fabrication pour le Dacia Lodgy. Un jalon qui nous a permis de fabriquer nos premières voitures. Aujourd'hui, nous avons fabriqué environ 600 véhicules, avec un rythme de 50 par jour, mais nous devons atteindre 30 véhicules par heure en avril.

À la fin de l'année nous devrions être 4 500 salariés.

Quand sera commercialisé le monospace compact Lodgy ?

Le modèle sera officiellement lancé au salon de Genève [du 8 au 18 mars 2012, NDLR]. D'ici à l'été, les voitures seront commercialisées au Maroc et en Europe. À terme, elles seront vendues dans plus de 100 pays, jusqu'au Mexique !

Vos équipes marocaines sont-elles au complet ?

Fin janvier, nous étions 2 500 salariés. Nous avons une seule équipe de production, mais nous sommes en train d'en recruter une seconde, pour passer en mai à une fabrication en deux fois huit heures. Si les conditions de marché se maintiennent, nous embaucherons une troisième équipe d'ici à novembre. À cette date, nous devrions être 4 500 employés. Tous seront formés selon les standards Renault.

Du coup, combien de voitures allez-vous fabriquer ?

Pour 2012, nous prévoyons 76 000 véhicules, dont une majorité de Lodgy, mais nous commencerons aussi à produire un nouveau petit véhicule utilitaire, lui aussi de la gamme Dacia. En 2013, nous devrions tourner à pleine capacité, soit 170 000 voitures, et nous installerons une seconde ligne de fabrication, identique à la première. Elle nous permettra d'atteindre 340 000 véhicules en 2014.

La logistique suit-elle la cadence ?

Nos sous-traitants, à 50 % locaux, sont eux aussi en phase de rodage. Notre relation avec eux est un point de vigilance. Nous avons quinze grands fournisseurs marocains, dont neuf ont construit de nouvelles usines. Il nous faut améliorer la communication avec eux pour qu'ils aient la bonne réactivité par rapport à nos besoins. Pour l'approvisionnement, des pièces arrivent de Roumanie, de Turquie, d'Espagne et de Tunisie, et les infrastructures portuaires fonctionnent parfaitement.

L'installation de Nissan à Tanger est-elle encore d'actualité ?

Pour le moment, Tanger est une usine Renault. Mais notre partenaire n'a pas abandonné l'idée de venir. Un emplacement lui est réservé. À titre personnel, je préférerais qu'il attende 2014, que nos propres installations soient rodées... Cela dit, nous collaborons avec l'usine de Nissan à Chennai [Inde] sur la formation et la qualité. 

___

Propos recueillis par Christophe Le Bec

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

Maroc - Abderrafie Zouitene : 'Les plages sont interchangeables, la culture pas'

Maroc - Abderrafie Zouitene : "Les plages sont interchangeables, la culture pas"

Entretien avec Abderrafie Zouitene, directeur général de l’Office national marocain du Tourisme, président de la Fondation Esprit de Fès et du Festival de Fès des musiques sacrées[...]

Ramzi Boukhiam, un Marocain en quête de grand surf

Ce Marocain de 22 ans est l'un des très rares surfeurs africains à se signaler au niveau international. Son objectif, parvenir à se hisser parmi les meilleurs riders de la planète.[...]

"O Ka" : Souleymane Cissé le justicier

À partir de l'expulsion de ses soeurs de sa maison natale, le réalisateur malien revient sur l'histoire de sa famille. Un film engagé, tourné vers l'avenir.[...]

Polémique : "Much loved", le film de Nabil Ayouch, ne sera pas diffusé au Maroc

Déjà sujet à polémique en raison du sujet qu’il traite, le film de Nabil Ayouch reste au cœur des débats après que le gouvernement marocain, emmené par les islamistes du[...]

Que faut-il retenir de la visite de Mohammed VI au Sénégal ?

Le souverain marocain, Mohammed VI, quittera le Sénégal vendredi, après avoir signé de nombreux accords économiques.[...]

Festival de Fès - Alain Weber : "La musique est un peu une revanche pour l'Afrique"

Entretien avec Alain Weber, directeur artistique de la 21e édition du festival de Fès des musiques sacrées du monde.[...]

Ali Benmakhlouf : "À sa mort, le Prophète n'a laissé aucune directive"

Le penseur marocain en est persuadé : sans l'apport de la pensée arabe médiévale, le paysage intellectuel européen actuel ne serait pas ce qu'il est. Et pourtant qui le sait ? Dans un[...]

Mehdi Benatia : "Fier et heureux, avec le Bayern et avec le Maroc"

Recruté à l’été 2014 par le Bayern Munich pour 30 millions d’euros, Mehdi Benatia a remporté avec le championnat d’Allemagne le premier titre de sa carrière. À[...]

Maroc : un terroriste refoulé par la Grande-Bretagne sème la terreur à Rabat

 Les autorités britanniques ont refoulé de leur territoire un Marocain condamné pour terrorisme, le 21 mai, sans en informer le Royaume et provoquant un imbroglio diplomatique.  [...]

Gouvernement marocain : Mohand Laenser, l'insubmersible

Le 20 mai, Mohammed VI a nommé cinq nouveaux ministres à la place de ceux qui ont démissionné. Parmi eux, Mohand Laenser, l'indéboulonnable secrétaire général du Mouvement[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers