Extension Factory Builder

Ajmi Lourimi : en Tunisie, "on ne peut pas tout régler d'un coup de baguette magique"

02/02/2012 à 15:04
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
'On a constaté la souffrance d'une population exclue du développement'. "On a constaté la souffrance d'une population exclue du développement". © Ons Abid pour J.A

Membre du bureau exécutif du parti politique tunisien Ennahdha, Ajmi Lourimi table sur une croissance de 4,5 % en 2012-2013.

Jeune Afrique : Quels sont les principaux acquis de la révolution tunisienne ?

Ajmi Lourimi : Ils sont considérables. Avec les élections, nous avons franchi la première étape de la transition démocratique ; la légitimité des instances dirigeantes et des pouvoirs publics est essentielle pour la réorganisation du pays. Nous sommes parvenus à concilier les opinions des partis et à créer un équilibre entre pouvoir et contre-pouvoirs. L'émergence de la société civile est tout aussi importante et nous sommes à l'écoute de ses suggestions. Son avis compte. Elle a largement participé aux débats sur la répartition des pouvoirs entre le Premier ministre et le président de la République, et a réussi à infléchir certaines orientations.

Qu'en est-il des nouvelles relations internationales de la Tunisie ?

La révolution a eu un grand impact régional et a favorisé le triomphe des révolutions arabes. La mise en place d'une démocratie a valu au pays un surcroît de prestige. Les visites successives des chefs de la diplomatie français, italien et allemand confirment l'intérêt de nos partenaires étrangers. De toute évidence, cette dynamique préfigure le rôle stratégique de la Tunisie au niveau géopolitique, d'autant que nous souhaitons renforcer nos relations avec les pays arabes et africains.

En un an, les revendications de la population sont allées crescendo jusqu'à bloquer, en partie, la machine économique. Quel est le fond du problème ?

Si les Tunisiens se sont soulevés, c'est bien parce que le pays connaissait des difficultés. En un an, on a pu mesurer l'étendue des inégalités et des déséquilibres régionaux. On a constaté la souffrance d'une population exclue du développement, mais on ne peut pas tout régler d'un coup de baguette magique. Les revendications sont toutes légitimes, mais les actions en profondeur ne peuvent être efficaces que sur la durée. Si les problèmes économiques actuels donnent l'impression que le pays est dans une impasse, il est certain qu'un retour de la sécurité va relancer l'investissement. Nous avons des promesses en ce sens qui nous permettent d'envisager pour 2012-2013 une croissance de 4,5 %.

L'insécurité est aussi liée à des opérations salafistes. Quelle est votre position par rapport à ce courant ?

D'abord, nul n'est au-dessus de la loi. L'espace public appartient à tout le monde, mais cela s'assortit du respect des libertés et des opinions de chacun. Si la majorité impose son avis de fait, il est nécessaire que toutes les minorités soient respectées.

___

Propos recueillis par Frida Dahmani, à Tunis.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : la dernière marche

Les Tunisiens nous étonnent chaque jour un peu plus. De tous les peuples arabes, ils sont ceux qui ont fait montre de la plus grande maturité, malgré de vives inquiétudes après le maelstr[...]

Présidentielle tunisienne : vers un second tour Essebsi - Marzouki

Le premier tour de la présidentielle tunisienne s'est tenu dimanche avec un taux de participation d'environ 64 %. Selon les premières estimations à la sortie des urnes, Béji Caïd Essebsi devance[...]

Tunisie : faible participation à la présidentielle

À la mi-journée, le taux de participation à la présidentielle tunisienne était de 11,85 %. Un faible intérêt de la population pour le scrutin, qui ne lui enlève pas son[...]

Tunisie : ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle historique

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Tunisie pour la première présidentielle libre de son histoire, près de quatre ans après la révolution de janvier 2011 qui lança le[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Fin de campagne présidentielle tendue en Tunisie

La campagne pour le scrutin présidentiel du dimanche 23 novembre s'est achevée en Tunisie dans un climat délétère. Pourtant, selon la Constitution, les prérogatives du chef de[...]

Tunisie : Ben Ali, Leïla et le 14 janvier

Depuis son exil en Arabie saoudite, le président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali finalise la rédaction de ses Mémoires. Sa version de la journée du 14 janvier 2011 est attendue avec[...]

Tunisie : Abdelfattah Mourou au Perchoir ?

Pendant que la Tunisie se focalise sur le premier tour de l'élection présidentielle du 23 novembre et que l'ultime séance de l'Assemblée nationale constituante (ANC) mettra un terme le[...]

Tunisie : Slim Chiboub, le gendre de Ben Ali, placé sous mandat de dépôt et écroué

Slim Chiboub, le gendre du président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, est arrivé en Tunisie mardi matin pour s'expliquer devant la justice de son pays. Il a finalement été[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers