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Planification familiale : permettre aux femmes de décider de leur avenir

10/07/2012 à 12:11
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Melinda Gates, co-présidente de la Fondation Gates. Melinda Gates, co-présidente de la Fondation Gates. © DR

Melinda Gates est co-présidente de la fondation Bill & Melinda Gates

Une des raisons pour laquelle je suis si optimiste en ce qui concerne le développement mondial est que je vois des preuves concrètes de ce qui est réalisable partout où je vais. Les pays en développement effectuent un travail novateur qui change considérablement la vie de leurs habitants.

Je me suis récemment rendue au Malawi pour m’informer sur le système de santé de première ligne que ce pays a mis en place pour fournir un accès universel à des soins maternels et infantiles de haute qualité. Les femmes d’un village situé dans les environs de Dowa avec lesquelles je me suis entretenue ont exprimé leur enthousiasme quant aux services dont elles bénéficient maintenant, mais elles m’ont toutes posé la même question. « Nous avions l’habitude de recevoir des injections contraceptives », m’ont-elles dit, « mais, maintenant, nous ne pouvons plus les obtenir. Que pouvez-vous faire pour nous aider ? »

Dans presque tous les endroits que je visite, on me pose le même genre de question, sous des formes diverses. La vie s’améliore à tellement d’égards. La mortalité infantile diminue rapidement. Mais pour bénéficier pleinement de ces améliorations, les femmes me disent qu’elles ont besoin d’avoir accès à des contraceptifs. Elles estiment qu’il est essentiel de pouvoir décider à quel moment elles souhaitent avoir des enfants pour être un bon parent, car cela leur permet de fournir alimentation, soins de santé élémentaires et éducation à leurs enfants. Leur point de vue me semble tout à fait logique, car c’est pour cette même raison essentielle que j’ai utilisé des contraceptifs pour planifier ma famille.

Cependant, en Afrique, des dizaines de millions de femmes n’ont pas accès aux contraceptifs qu’elles souhaitent obtenir. Cette situation est sur le point de changer. Elle est sur le point de changer, car les gouvernements africains et les organisations de la société civile collaborent pour mener un nouveau mouvement en matière de planning familial : un mouvement qui est dirigé par les Africains, pour les Africains.

Fournir des contraceptifs, des informations et des services qui permettent de sauver des vies à 120 millions de femmes supplémentaires (...) d’ici à 2020.

Ce nouveau mouvement va être lancé à l’occasion du Sommet de Londres sur le planning familial, au cours duquel des milliers de partenaires vont se réunir dans le but d’atteindre un objectif commun : fournir des contraceptifs, des informations et des services qui permettent de sauver des vies à 120 millions de femmes supplémentaires dans les pays les plus pauvres du monde, d’ici à 2020. L’événement est organisé conjointement par notre organisation et le département pour le développement international (Department for International Development) du gouvernement britannique, avec l’appui de dirigeants d’autres gouvernements donateurs et organismes caritatifs qui offrent un nouveau financement. Quant aux sociétés privées, elles apporteront leur contribution dans le cadre de leurs capacités d’innovation. Un autre aspect encore plus important est que les pays en développement prévoient la mise en place de nouveaux plans nationaux ambitieux pour ancrer cet effort mondial.

Ce même processus se déroule sur tout le continent depuis plusieurs mois. Des groupes de parties prenantes se réunissent pour examiner les données existantes concernant l’accès des femmes aux contraceptifs, en identifiant les faiblesses que recèlent leurs programmes nationaux et en concevant des solutions pour combler ces lacunes. Le planning familial n’est pas une nouveauté, mais le fait que les pays africains en prennent la tête est une nouveauté, et ce tournant va changer la vie des femmes et des jeunes filles, ainsi que la trajectoire du développement, dans les pays du continent tout entier.

Les femmes veulent être en mesure de décider de leur avenir. Elles souhaitent se maintenir en bonne santé et avoir des enfants en bonne santé, ce qui implique d’espacer suffisamment les naissances. Et elles souhaitent pouvoir fournir à leurs enfants les meilleures opportunités possibles de réaliser tout leur potentiel, ce qui implique d’avoir les ressources nécessaires pour investir dans leur éducation.

L’aspect remarquable des programmes de planning familial est que, en permettant aux femmes d’être en mesure de décider de leur avenir, ils entraînent également le développement économique et social du pays tout entier. Lorsque les parents peuvent planifier la naissance de leurs enfants, maintenir leurs enfants en bonne santé et les envoyer à l’école, leurs enfants seront alors davantage susceptibles de contribuer à une économie prospère et une société florissante. Lorsque vous multipliez cette approche  par des millions de familles, vous obtenez des tendances d’une ampleur gigantesque qui peuvent aider à changer les perspectives d’avenir de tout un pays, voire de tout un continent.

La combinaison de politiques intelligentes et d’investissements sains peut modifier grandement la vie des individus.

Dans le passé, des individus bien intentionnés appartenant à des pays donateurs ont essayé d’imposer des programmes de planning familial. Ils savaient que le planning familial comportait de nombreux avantages, mais ils ont négligé certaines étapes essentielles. Ils n’ont pas toujours confié le pouvoir de décision aux femmes et aux jeunes filles, et ils ne se sont pas toujours fiés à l’expertise et aux dirigeants du pays dans lequel le travail devait être effectué. De même, de nombreux gouvernements de pays en développement n’ont pas effectué des investissements suffisants pour permettre aux femmes et aux jeunes filles d’avoir accès aux contraceptifs qu’elles souhaitaient  obtenir. Mais cette situation est sur le point de changer.

La combinaison de politiques intelligentes et d’investissements sains peut modifier grandement la vie des individus. Je suis impatiente de voir l’impact que des politiques et des investissements africains liés au planning familial auront au cours de la prochaine décennie.

 

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