Diouma Dieng Diakhaté a fait fortune dans la couture avant de se lancer en politique.
© Nicolas Ly pour J.A.
Inconnue du grand public, Diouma Dieng Diakhaté est un ovni de la politique sénégalaise. À la dernière minute, cette couturière de renom s'est portée candidate à la présidentielle. Suscitant les accusations de connivence avec le pouvoir, qu'elle réfute avec véhémence.
Couturière de renom, Diouma Dieng Diakhaté, 64 ans est totalement novice en politique. Sa décision de s’engager dans la course à la présidentielle, à soixante douze heures de la clôture du dépôt des candidatures, en a surpris plus d’un. Et suscité de nombreux commentaires peu amènes. « C’est un pion » du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), jugent ses détracteurs. Faux ! rétorque la dame, de sa voix grave : « J’ai décidé de me présenter parce que les jeunes chômeurs me l’ont demandé, jure-t-elle. Ils savent que je fais beaucoup dans le social. »
Native de Rufisque, Diouma a d’abord exercé le métier de secrétariat de direction, à partir de 1969 à l’ambassade de la RDC à Dakar et à l’Asecna (entre 1970 et 1980). Puis, elle fait un bref passage à Air Afrique comme hôtesse avant de se consacrer définitivement, à partir de 1981, à sa passion : la haute couture, un domaine qui l’a rendue célèbre.
« Je suis autodidacte dans la couture. En 1981, j’ai pris une disponibilité pour me lancer dans ce métier. J’avais deux vieilles machines et mon garage me servait d’atelier », explique-t-elle. Puis les choses sont allées très vite, explique cette sexagénaire. « Deux ans après j’ai sollicité un prêt bancaire et acheté une logement plus grand que j’ai transformé en atelier. En tout, j’ai investi plus de 500 millions de francs CFA dans mon entreprise, Shalimar couture, sur le boulevard Général De Gaulle ». Et elle rêve désormais de conquérir la présidence du Sénégal... Interview.
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Jeune Afrique : Comment jugez-vous les violences pendant la campagne ?
Diouma Dieng Diakhaté : Le Sénégal a toujours été cité comme exemple en matière de démocratie. Que Wade ne comprenne pas qu’il ne devrait pas briguer un troisième mandat, je trouve cela anormal. Et c’est à cause de lui que la situation est aujourd’hui tendue, avec des morts et blessés que nous déplorons. C’est triste pour notre pays.
Vos détracteurs disent que votre candidature est parrainée par le pouvoir pour fragiliser l'opposition…
Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas vu Wade depuis 2002. Il ne m’a reçu qu’une seule fois, en 2002. Quelqu’un que vous ne voyez pas, comment peut-il vous proposer quelque chose ? Ce sont de fausses accusations.
Vous avez signé la déclaration du Mouvement du 23 juin (M23) pour une campagne commune contre Wade. Comment expliquez-vous la démarche en solo de certains de vos membres ?
Nous ne sommes pas solidaires entre candidats membres du M23. Il y en a qui veulent coûte que coûte que l’élection se tiennent à la date prévue. D’autres sont contre la tenue de l’élection avec Wade. Des candidats ne viennent même plus aux réunions et battent campagne à l’intérieur du pays comme si de rien n’était. Or c’est l’union qui fait la force. Et si on continue comme ça, notre désunion au sein du M23 profitera à Wade.
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Propos recueillis par Nicolas Ly, à Dakar

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