Considéré comme l'une des valeurs montantes de la vie politique au Sénégal, candidat pour la deuxième fois à l'élection présidentielle sous les couleurs du Parti pour le socialisme et la démocratie, Benno Jubël (FSD/BJ), le député-maire de Saint-Louis, 47 ans, mobilise ses troupes depuis son QG du quartier de Bopp à Dakar. Tout comme les autres opposants, Cheick Bamba Dieye remet en cause la validité de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade et l'invalidité de celle du chanteur Youssou N'dour, qu'il est venu soutenir samedi soir à Médina. Interview.
Jeune Afrique : Que vous inspire la décision du Conseil constitutionnel, tant sur la validité de la candidature d'Abdoulaye Wade, que sur l'invalidité de celle de Youssou N'Dour ?
Cheick Bamba Dieye : C'était illusoire de penser qu'Abdoulaye Wade et son appareil politique allaient se laisser invalider. Les membres du Conseil constitutionnel doivent cependant comprendre que nous sommes tous (les candidats, NDLR) à des niveaux de responsabilité qui nous permettent de comprendre la teneur des lois votées à l'Assemblée nationale et sur lesquelles il s'appuie pour statuer. De plus, nous connaissons la qualité des hommes qui composent ce Conseil et les relations qu'ils entretiennent avec l'exécutif. Le système judiciaire est pris en otage. Il y a trop d'éléments à charge pour ne pas douter de la légalité de cette décision.
Que va-t-il se passer d'ici le 26 février, jour du premier tour de l'élection ?
Nous devons nous organiser, réveiller les citoyens, consolider notre action pour stopper Abdoulaye Wade. Chaque jour jusqu'à cette date nous devons lui montrer que c'est un jour de moins qu'il passe à la tête de l'État. S'il ne part pas, les citoyens n'auront plus que les urnes pour le sanctionner.
La coalition contre Abdoulaye Wade ne risque-t-elle pas de voler en éclat une fois que vous serez tous en campagne ?
La campagne commence le 5 février. D'ici là, tout doit être fait pour ramener Abdoulaye Wade à la raison. Si rien n'est obtenu, nous entrerons en campagne et nous devrons, chacun, défendre nos projets politiques.
Pensez vous avoir une chance de passer le 1er tour ?
Depuis ces quatre dernières années, le FSD/BJ a fait un bon fulgurant, il est devenu un parti majeur. Nous sommes aujourd'hui présents dans toutes les grandes villes de diaspora du monde, dans tous les départements et dans toutes les collectivités locales du pays. D'élection en élection, nous nous renforçons.
Je promets de mobiliser 500 milliards de FCFA sur 5 ans pour la Casamance.
Vous n'avez jamais eu de responsabilités gouvernementales, d'aucuns mettent en doute votre capacité à diriger le pays...
Je suis député depuis 5 ans, maire depuis 3 ans d'une commune importante du pays, et ingénieur depuis 20 ans... personne ne peut dire que je ne suis pas capable. Et qu'est ce que la pratique de l'État a apporté à ce pays depuis 52 ans ? Corruption, sous-développement et déstructuration de notre État !
Ramener la paix en Casamance est l'un des échecs d'Abdoulaye Wade. Que feriez-vous en cas de victoire ?
Je ne promets pas de régler le problème de la Casamance en 100 jours, contrairement à Wade, car c'est techniquement impossible. Mais je promets de mobiliser 500 milliards de FCFA sur 5 ans pour développer l'économie de la région, pour désarmer, démobiliser et réinsérer les combattants. Cela prendra le temps qu'il faudra, mais les résultats seront tangibles au bout de ces 5 ans.
Si Wade passe et qu'il vous propose un ministère, l'accepterez-vous ?
Ce n'est même pas envisageable.
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Propos recueillis par Michael Pauron, envoyé spécial à Dakar

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