Extension Factory Builder

Pour en finir avec l'insécurité dans le Nord Mali

08/12/2011 à 18:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
IBK : Les enlèvements 'ne sont pas l’oeuvre de simples bandits, mais celle de terroristes.' IBK : Les enlèvements "ne sont pas l’oeuvre de simples bandits, mais celle de terroristes." © Émilie Régnier pour J.A.

Ancien Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keïta est le président du Rassemblement pour le Mali (RPM) et candidat presque déclaré à l'élection présidentielle d'avril 2012.

Les enlèvements et le meurtre de ressortissants occidentaux perpétrés au mois de novembre dans le Nord Mali, à Hombori et à Tombouctou, ont suscité peine et émotion dans tout le pays. Ils ne sont pas l’oeuvre de simples bandits, mais celle de terroristes. Depuis quelques années, la répétition de tels actes a eu pour conséquence de ruiner les efforts de développement, notamment dans le tourisme, qui faisait vivre des milliers de familles maliennes.

Comment en est-on arrivé là ? Les accords dits d’Alger signés en 2006 pour mettre fin à une rébellion armée ont imposé un retrait de notre armée nationale de la partie nord du Mali au profit de groupes de sécurité mixtes qui n’ont jamais vu le jour. Or, lorsqu’un Etat abandonne ses missions régaliennes sur une partie de son territoire, il laisse le champ libre à la prolifération d’activités illicites : prises d’otages et narco trafic. Bien heureusement, le retour des forces de sécurité est en marche, à travers le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le nord Mali (PSPSDN), lancé par le gouvernement en 2011.

Mais entre temps, la menace a évolué, les groupes terroristes s’étant installés et intégrés aux populations locales, vulnérables et vivant pour beaucoup dans des conditions difficiles. Récemment, la fin de la guerre en Libye et le déversement de son trop-plein d’armes vers le Sud Sahel a accentué le risque terroriste, et de nouvelles menaces sécessionnistes se font jour.

Aujourd’hui, le premier des remparts contre l’insécurité au Mali doit être l’unité nationale. Nous devons nous rassembler pour envoyer un message clair et fort à tous ceux qui
déstabilisent les fondements de notre société : les valeurs de paix et de tolérance sont les ferments de notre peuple, nous n’accepterons jamais la violence.

D’ici quelques mois, une autre réponse sera d’oeuvrer à ce que les élections présidentielle et législatives de 2012 soient exemplaires, pour donner toute la légitimité nécessaire à la prochaine équipe, dont l’une des priorités sera de gagner le combat contre l’insécurité et le terrorisme.

Au delà de ces échéances, il nous faudra remobiliser notre armée nationale et l’ensemble de nos forces de sécurité, dans le cadre d’une nouvelle loi de programmation militaire, qui tienne compte des menaces récentes. Cette réorganisation devra inclure la formation d’unités d’élites et de services de renseignement dédiés à la lutte anti-terroriste, et dévoués à la Nation toute entière. Mieux équipée grâce à l’aide de nos partenaires, l’armée malienne sera aussi plus réactive, plus efficace. Pour mener à bien sa mission, elle pourra s’appuyer sur un pouvoir civil ferme et déterminé à restaurer l’autorité de l’Etat pour garantir la sécurité de tous sur l’ensemble du territoire national. Pour ce faire, il utilisera de manière implacable les instruments à sa disposition que sont la force légale, le droit et la justice, contre tous ceux qui mettent en péril la cohésion nationale, la paix et la sécurité.

En agissant ainsi, nous pourrons rétablir la confiance entre tous les citoyens et l’Etat, mais également la confiance entre le Mali et les pays amis dont la coopération nous est précieuse.

Evidemment, pour être viable, la réponse ne saurait être que sécuritaire. Il faut nous projeter sur le long terme en réfléchissant à de nouvelles entités territoriales, qui tiennent compte des composantes socio culturelles de toutes les communautés du Nord Mali, et dans lesquelles chacun se reconnaîtra. Cette nouvelle étape pourrait être l’aboutissement d’un processus de dialogue et d’échange ouvert à tous, sous la forme d’assises nationales du Nord. Nous serons ainsi mieux armés pour accentuer les efforts en faveur du développement socio-économique de ces régions, qui passe notamment par la construction d’infrastructures et la mise en place d’un ambitieux plan décennal de relance du tourisme.

Demain, pour réussir tous ces défis, la volonté politique ne devra pas faire défaut. Le risque d’une déstabilisation du Mali au Nord, à travers l’expansion de la menace terroriste et le réveil des velléités irrédentistes est avéré. Nous devons l’endiguer au plus vite pour maintenir la paix, sans laquelle aucun développement n’est possible.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Mali : les contrats d'armement surfacturés, une bombe à retardement pour IBK

L'affaire des contrats d'armement surfacturés continue de faire des victimes... jusque dans le cercle rapproché du chef de l'État. Son conseiller spécial, Sidi Mohamed Kagnassi, a dû[...]

Mali - Seydou Keita : "Pourquoi ne pas terminer à l'AS Roma ?"

À 34 ans, Seydou Keita, le milieu de terrain malien, continue d’évoluer au plus haut niveau. Interview.[...]

Mali : quand Moussa Mara rencontre un rebelle

Moussa Mara, le Premier ministre malien, a rencontré discrètement Moussa Ag Acharatoumane, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le 7 octobre à[...]

Interventions armées : l'Afrique de papa revient, vive l'ingérence ?

De la Mauritanie à Djibouti, leur présence ne fait plus grincer des dents. Américains, Français ou Britanniques, on se les arrache au nom de la lutte contre le terrorisme. Résultat : les[...]

Quand le Mali se relèvera

Élu il y a un an avec une majorité confortable et fort d'une sympathie internationale sans précédent, le président Ibrahim Boubacar Keïta avait toutes les cartes en main pour[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers