Extension Factory Builder

"La politisation de la jeunesse marocaine est positive", selon le professeur Menouni

29/03/2011 à 14:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Abdeltif Menouni préside la Commission consultative de la révision de la Constitution du Maroc. Abdeltif Menouni préside la Commission consultative de la révision de la Constitution du Maroc. © Hassan Ouazzani pour J.A.

En exclusivité pour jeuneafrique.com, le professeur Abdeltif Menouni, chargé par le roi du Maroc Mohammed VI de piloter la réforme de la Constitution annoncée par le discours royal du 9 mars, explique les enjeux de sa mission. Le fruit des travaux de la Commission consultative de révision de la Constitution sera remis au souverain d'ici à la fin juin, et le nouvelle loi fondamentale sera soumise à référendum.

Jeuneafrique.com : Quels sont les enjeux fondamentaux de la réforme constitutionnelle ?

Abdeltif Menouni : Le premier enjeu, c’est l'approfondissement de la démocratisation des institutions. Le mandat qui a été conféré à la Commission [consultative de révision de la Constitution] est relativement large. Il ne s’agit pas seulement d’intervenir dans un certain nombre de domaines qui ont été définis par Mohammed VI, mais également, selon le discours royal du 9 mars, de faire preuve d’audace, de faire preuve d’imagination et d’aborder un certain nombre de questions qui n’ont pas été posées par le roi et sur lesquelles nous pouvons intervenir.

Quels sont les axes qui ont été explicitement déterminés par le roi ?

Il s’agit d’abord de l’identité nationale. À ce sujet le discours royal parle de la constitutionnalisation des revendications de l'Instance Équité et Réconciliation (IER) qui, comme vous le savez, avait évoqué un certain nombre de propositions dans ce sens.

Il est également question d’élaborer un certain nombre de dispositions qui permettent aux conventions internationales sur les droits et libertés d’être intégrées dans le droit interne. Un autre point important, c’est celui de la justice. Le roi s’est prononcé pour un approfondissement de la séparation des pouvoirs, en particulier pour un renforcement de l’autorité judiciaire.

Est-ce que le processus de réforme a déjà commencé ?

Oui, c’est un processus qui est déjà entamé et qui s’approfondit. Il s'agit d'une réforme de la Constitution visant la démocratisation des institutions, mais c'est aussi d’une manière générale une réforme de la gouvernance.

Elle s’accompagne d’un certain nombre de manifestations pacifiques qui sont essentiellement le fait de la jeunesse. Je pense que ce mouvement va à la rencontre du processus royal. Et cette rencontre entre les aspirations d’une partie des jeunes et la volonté royale, c’est la condition de la réussite de notre Commission.

Quels seront vos interlocuteurs dans la jeunesse marocaine ?

Il y a des associations de jeunesse qui existent depuis longtemps. Mais nous tenons aussi à aller vers les jeunes qui manifestent pacifiquement, qui forment des associations. Nous sommes en train de les identifier. On va évidemment écouter leur point de vue, c’est très important.

Il y a actuellement un mouvement de politisation de la jeunesse marocaine. Nous estimons pour notre part que ce mouvement est positif, tant qu’il est pacifique. Il ne peut que nous encourager à aller de l’avant. Nous allons écouter le mouvement du 20 février, et d’autres mouvements s'il y en a.

Êtes-vous ouvert à toute personne désireuse de contribuer au débat démocratique ?

C’est une question de principe. Nous devons prendre contact avec eux. Qu’on sache véritablement quelle est leur position. Il n’y a aucune raison pour qu’ils soient exclus des débats, bien au contraire.
__

Propos recueillis à Rabat par Nicolas Marmié.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Cameroun : le marocain Cosumar choisi pour développer un nouveau complexe sucrier

Cosumar plantera de la canne à sucre et construira une raffinerie entre Batouri et Bertoua, à l’est du pays. Le leader marocain du sucre bat lors de l'appel d'offres le groupe français Somdiaa qui[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Maroc : Abdellatif Hammouchi, de l'ombre à la lumière

Il y a un an, le patron du renseignement intérieur marocain était convoqué par une juge française, ce qui provoquait une crise diplomatique entre Paris et Rabat. Aujourd'hui, la France le[...]

Libye : suspension du dialogue pour une sortie de crise

Le Parlement libyen siégeant à Tobrouk (Est), reconnu par la communauté internationale, a décidé lundi de suspendre sa participation au dialogue sur une sortie de crise parrainé par[...]

Mustapha Hadji : "En football, le Maroc a pris du retard... mais nous pouvons revenir au sommet"

Ballon d’Or africain 1998, Mustapha Hadji est un des meilleurs joueurs de l’histoire du football du continent. Aujourd’hui sélectionneur-adjoint du Maroc, l’ancien milieu de terrain de Nancy, du [...]

Maroc : les nouvelles filières de Daesh

Une série de coups de filet opérés récemment par la DGST d'Abdellatif Hammouchi a révélé une évolution préoccupante des cellules jihadistes dans le nord du[...]

Maroc : les régularisations à l'heure du bilan

Un premier bilan de l'opération de régularisation des migrants clandestins au Maroc a été présenté par le CNDH à Rabat, le 7 février.[...]

Maroc, Tunisie : le bras de fer avec la CAF ne fait que commencer

Durement sanctionné après son refus d'organiser la CAN Orange 2015, le Maroc n'a pas l'intention de se laisser faire. Tout comme la Tunisie, elle aussi visée.[...]

Moi, Aïssatou, Guinéenne régularisée au Maroc, mais toujours en sursis

Aïssatou Barry est une migrante guinéenne qui a survécu à l'enfer du tristement célèbre camp de Gourougou, dans le nord du Maroc, qui abrite les migrants clandestins voulant rallier [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers