Extension Factory Builder

M. Perewei, leader de l'AMC : "Nous n'avons pas peur des balles camerounaises"

11/02/2011 à 10:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Combattants de l'Africa Marine Commando. Combattants de l'Africa Marine Commando. © D.R

Des négociations sont en cours entre les autorités camerounaises et les combattants nigérians de l’Africa Marine Commando, qui détiennent 12 Camerounais (dont le sous-préfet de Kombo Abedimo, Edward Ayuk Takor, et le maire d’Akwa, Patrick Aboko), enlevés lundi 7 février dans la péninsule de Bakassi. Les ravisseurs, qui menacent de tuer leurs otages, exigent le versement de 50 millions de Francs CFA immédiatement et la libération de quelque 30 des leurs, détenus dans les prisons camerounaises.

Le leader du commando, M. Perewei, alias Three Lion, alias Shut Aside, a accepté de s'expliquer pour Jeune Afrique. Pourquoi a-t-il agi, le 7 février dernier, que réclame-t-il, jusqu'où est-il prêt à aller ? Interview d'un pirate qui partage sa vie entre entre l’AMC et le Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger (Mend).

______________________

Jeuneafrique.com : qui sont les combattants de l'Africa Marine Commando ?

M. Perewei : Nous sommes des gens respectables (quelque 300, NDLR), qui luttons pour le respect de nos droits par le gouvernement du Cameroun. Le Nigeria et le Cameroun ont signé des accords incluant un certain nombre de droits pour les populations nigérianes de Bakassi, des pêcheurs pour la plupart. Loin de les respecter, l’armée camerounaise viole leur domicile et procède à des arrestations arbitraires de citoyens, soupçonnés d’être des pirates. Les vrais pirates, elle ne les interpelle pas. Nous avions promis de sévir. Nous sommes passés à l’acte et entendons nous battre jusqu’à ce que ce gouvernement accède à toutes nos revendications.

Quelle idéologie politique défendez-vous ?

Le Nigeria a cédé Bakassi au Cameroun ; nous n’y voyons aucune objection. En revanche, nous demandons à ce dernier de cesser de nous tuer. Mais notre combat va au-delà de Bakassi, puisque nous luttons pour les intérêts de tout le Delta du Niger. Depuis 2010, nous réclamons en vain la libération de tous nos frères détenus dans les prisons de Buea et de New-Bell, à Douala. Pire, les sociétés pétrolières qui exploitent notre pétrole utilisent les militaires camerounais pour nous éliminer : pendant nos parties de pêche en mer, nous sommes pris pour cibles par la Marine, qui nous assimile à des pirates.

Comme nous ne pouvons plus exercer d’activité, au risque de nous faire tuer, chaque société pétrolière présente à Bakassi doit nous verser une prime de 100 millions de Francs CFA annuels. A défaut, elles ne pourront plus fonctionner. Dans l’immédiat, pour la libération des otages capturés lundi dernier à l’aube, nous réclamons 50 millions de francs CFA.

Jusqu'où êtes-vous prêts à aller ? Il y a déjà eu des morts…

Et nous tuerons encore s’il le faut. Tant que nos revendications ne seront pas satisfaites par les autorités camerounaises, nous continuerons d’attaquer, de jour comme de nuit. Souvenez-vous de Bengmond, le 9 juin 2008 : cinq morts, dont le sous-préfet Fonya Felix Morfran (son remplaçant fait partie des otages, NDLR), le chef d’état-major du poste de commandement d’Akwa, le commandant Charles Mongou et le commandant de la brigade de gendarmerie d’Akwa, l’adjudant Joseph Basolog.

N’oubliez pas non plus l’attaque de Bamuso, le 29 mars 2010 à 3 heures du matin (12 armes de guerre avaient été volées dans une brigade de gendarmerie par des hommes armés venus de la mer, NDLR). Pourquoi le Cameroun refuse-t-il de nous écouter ? Nous pouvons affronter les militaires camerounais. Plusieurs d’entre nous connaissent le pays. Nous entrons et nous sortons de Limbe sans être inquiétés : nous sommes donc en mesure de frapper où et quand bon nous semble. Et nous n’avons pas peur des balles des militaires du Cameroun ou d'ailleurs…

Propos recueillis par Clarisse Juompan-Yakam

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Cameroun

Everjobs veut doper le marché de l'emploi en Afrique

Everjobs veut doper le marché de l'emploi en Afrique

Everjobs a choisi le Cameroun pour lancer ses activités, le 23 avril. Opérationnel en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Ouganda, ce portail d'offres d'emploi développé par A[...]

Cameroun : 19 morts dans une attaque de Boko Haram

L'attaque menée dans la nuit de jeudi à vendredi par le groupe islamiste nigérian Boko Haram sur le village de Bia, dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, a fait 19 morts dont une[...]

Cameroun : une attaque de Boko Haram fait 10 morts dans l'Extrême-Nord

Dans la nuit de jeudi à vendredi, ce sont dix civils camerounais qui ont été tués par Boko Haram, lors d'une attaque du village de Bia, dans l'Extrême-Nord du pays, à la frontière du[...]

Rwanda, Côte d'Ivoire, RDC... : Stromae annonce une grande tournée africaine avec 8 dates de concert dans 8 pays

Stromae a annoncé vendredi les dates de sa première tournée africaine. Le chanteur de "Papaoutai" se rendra au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Cap-Vert au Cameroun, au Gabon, au[...]

N'ayons pas peur de toucher aux constitutions !

Yann Gwet est un entrepreneur et essayiste camerounais. Diplômé de Sciences Po Paris, il vit et travaille au Cameroun. Bas les pattes ! Du Burundi aux Congo, en passant par le Rwanda, le message est identique :[...]

Les français Marck et Ineo veulent équiper les casques bleus africains

 Le groupe Marck et Ineo Support Global, filiale de GDF Suez, vont collaborer pour la fourniture d'équipement aux policiers et aux soldats mis à la disposition de l'ONU par les États africains.[...]

Stanley Enow : "Ce qui manquait au rap camerounais, c'était moi"

Nommé "Révélation de l’année" aux derniers MTV Africa Music Awards, à Durban en Afrique du Sud, Stanley Enow est aujourd'hui le fer de lance du rap camerounais. Avec un album[...]

Acha Leke, mentor d'élite chez McKinsey

Destiné à une belle carrière dans la Silicon Valley, ce Camerounais a finalement choisi l'Afrique. Consultant pour le cabinet américain, il accompagne les leaders d'aujourd'hui et de demain.[...]

Jovi, rappeur camerounais : "L'Afrique a le potentiel pour prolonger l'ère du hip-hop"

Il travaille avec Akon, lance sa musique dans les écouteurs de Youssoupha, mais rien, chez Jovi, ne trahit un penchant pour le bling-bling. Le rappeur basé à Yaoundé prêche[...]

Afrique centrale et Boko Haram : la solidarité attendra

Les fonds promis par les États d'Afrique centrale aux membres qui sont directement concernés par la lutte contre Boko Haram tardent à être versés.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces