Rock Gnassingbé : "Le Togo risque son exclusion de la Fifa"

06/08/2009 à 17h:55 Propos recueillis par Frédéric Lejeal
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le monde du football togolais réclame le départ de Rock Gnassingbé de la FTF Le monde du football togolais réclame le départ de Rock Gnassingbé de la FTF © DR

Dans un entretien accordé à Jeuneafrique.com, le président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), Rock Balakiyèm Gnassingbé, n’exclut pas une possible radiation de la Fifa si la crise perdure au sein de la fédération nationale.

Quelle est votre réaction à la pétition signée la semaine dernière par 36 clubs et ligues réclamant votre départ?

Elle est tout à fait inopportune car elle intervient à la veille d’un match crucial contre le Maroc, qui doit nous qualifier pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAF). Ceux qui ambitionnent de prendre ma place attendront leur tour. Ils pourront tenter leur chance à la fin de mon mandat pour diriger la maison. La présidence n’est d’ailleurs pas une fin en soi, c’est le football qui compte. Lorsque je n’étais plus président de la FTF (de 2007 à janvier dernier, ndlr), je n’ai empêché personne de travailler. Donc rendez-vous dans trois ans.

Etes-vous surpris par cette action ?

Oui, d’autant que j’ai été réélu en janvier dernier. Où allons-nous chaque fois qu’un mécontent exige la tenue d’un congrès électif ? La Fédération Internationale de Football (Fifa) compte 208 fédérations. Pensez-vous réellement qu’elle a du temps à consacrer au Togo ? Il faut chercher le chemin de la raison et du consensus pour éviter ces crises à répétition.

Reliez-vous cette fronde à votre récente rétrogradation de l’armée nationale ?

Je n’ai pas été rétrogradé mais affecté à un autre poste. Je suis aujourd’hui à l’Etat-major. Mais cela n’a strictement rien à voir avec la crise du football togolais.

Des intérêts politiques se cachent-ils derrière cette crise ?

Tout ceci est cousu de fil blanc, ce n’est pas un hasard. Cela intervient à la veille d’un match que le Togo ne peut se permettre de perdre. Ce n’est donc pas la bonne période pour faire des pétitions. Nous avons tout le temps de discuter. Des problèmes, il y en a sûrement au sein de la FTF comme dans toutes les fédérations mais nous pouvons les résoudre à l’intérieur du bureau.

Vous sentez-vous inquiété ?

Non, sauf par des éléments mal attentionnés qui chercheraient à exploiter cette situation. En réalité, cela ne m’affecte pas. Mon moral est intact. Je mettrai tout en œuvre pour gagner notre prochain rendez-vous. Mais il faut bien savoir qu’à force de durer, cette crise peut provoquer la suspension du Togo au sein de la Fifa. Ses émissaires avaient été très clairs sur ce point lors d’une précédente mission.

Quel conseil a prodigué la Fédération internationale?

La mission de la Fédération Internationale dépêchée hier à Lomé nous a essentiellement conseillé de travailler en collégialité. Je vais donc mettre de l’eau dans mon vin et continuer à tendre la main à ceux qui m’accusent d’autoritarisme. Nous verrons bien s’ils sont prêts à ce que nous retravaillions ensemble. Mais, contrairement à ce que souhaitent les pétitionnaires, il n’y aura pas de nouvelle élection du bureau exécutif car le quorum n’a pas été atteint. Je suis toujours en majorité au sein du bureau de la Fédération qui compte douze membres.

Cette intervention de l'instance internationale du football va-t-elle calmer les esprits ?

Il est de mon devoir, comme un père de famille, de faire en sorte que les enfants viennent à moi et que nous réglions cette crise en famille. Le président Houphouët avait pour habitude de dire que « tant qu’on misera sur la tête des hommes, il y aura toujours des problèmes ». L’essentiel est de savoir comment les régler.

Quel est l’état d’esprit des joueurs de l’équipe nationale ?

Je suis en contact avec la plupart d’entre eux. Certains m’ont apporté leur soutien et m’ont renouvelé leur confiance. Beaucoup se souviennent des mes résultats lorsque je dirigeais la FTF de 1998 à 2007. Ils ont eu le temps de les comparer.

Avez-vous le soutien des autorités togolaises ?

Les pétitionnaires ont tenté de faire croire que le ministère chargé du Sport appuyait plus ou moins leur démarche mais c’est complètement faux. Je m’entends parfaitement avec le ministre. Tout le monde se rend compte qu’il n’est pas partant pour un nouveau congrès.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Togo

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

France - Afrique : le PS ne manque pas d'amis !

Il y a ceux qui avaient fait le déplacement à Paris et ceux qui ont envoyé leurs félicitations depuis le continent. Par les canaux officiels, ou pas, la classe politique africaine n'a pas manqué[...]

Gouvernement Ayrault : diversité et parité au rendez-vous, Fabius numéro deux du gouvernement

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a composé mercredi 16 mai le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande. Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Victoire de Hollande : quand le continent rêve d'enterrer la Françafrique

Comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande a promis de mettre fin à la "Françafrique" et d'instaurer des rapports sains entre l'Hexagone et les pays du continent. Ses actes seront-ils[...]

Télécoms : quand la promo impose ses coûts

Les dépenses de marketing et de distribution sont appelées à augmenter. Pour les opérateurs, il s'agit de fidéliser les abonnés et de les convertir aux nouveaux services liés[...]

Franc-maçonnerie : l'Afrique bien logée

Rares sont ceux qui avouent leur appartenance. Pourtant, avec ses rites et son goût du secret, la franc-maçonnerie fascine et fait chaque jour de nouveaux adeptes. Et sur le continent, dans les cercles du pouvoir,[...]

Le sud-africain PIC s'offre 19,58% d'Ecobank

Le fonds d’investissement public sud-africain PIC injecte 250 millions de dollars au capital du groupe bancaire panafricain, permettant à ce dernier de renforcer ses fonds propres après plusieurs grosses [...]

Edem Awumey : "Il n'est pas surprenant que l'islamisme radical ait séduit des Africains"

À travers le parcours de deux jeunes gens, Sambo Zikpi, un Africain qui part enterrer les restes de sa tante Rose en Louisiane, et Louise Hébert, une Québécoise paumée, l'écrivain[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers