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Willy Ontsia : Un jeune loup dans la guerre des Bourses

17/12/2008 à 12:56
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Le directeur général de la BVMAC de Libreville vise 20 sociétés cotées en 2013… N’en déplaise au Douala Stock Exchange. Il lui reste à obtenir les moyens de ses ambitions.

Lorsqu’il reçoit dans son grand bureau de la place de l’In­dépendance à Libreville, le jeune directeur général de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) n’a rien de ce que la presse régionale dit de lui, qui le décrit comme l’un des protagonistes de la « ­guerre des Bourses » dont elle rapporte les péripéties. Avec sa voix posée et son costume de bonne coupe, Willy Ontsia, 35 ans, fait plutôt penser à un haut fonctionnaire sans histoire. Les deux images sont trompeuses. Depuis son lancement, le 13 août 2008, la BVMAC essaie de prendre pied dans un contexte sous-régional délicat. Le Cameroun a devancé les autres pays de la Cemac en lançant le Douala Stock Exchange, le 24 avril 2004.

Lorsque Willy Ontsia évoque le sujet, il parle avec la prudence de celui qui marche sur des œufs. Il est beaucoup plus à l’aise lorsqu’il est question de la réussite de l’emprunt obligataire émis par l’État du Gabon à la BVMAC, première opération confiée à la toute jeune place boursière. Elle a permis de lever 81,5 milliards de F CFA (124 millions d’euros). En moins d’un semestre d’existence, le résultat n’est pas si mauvais. Mais le vrai défi est d’attirer les entreprises de la sous-région.

« Ce ne sera pas simple, car en Afrique centrale les sociétés privées sont le plus souvent familiales et ne s’ouvrent pas facilement. » Le Douala Stock Exchange ne compte d’ailleurs que trois sociétés, dont la dernière, la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), est cotée depuis avril. Pas de quoi décourager notre ancien boursier de l’État gabonais, formé en droit bancaire et financier à Paris II-Panthéon-Assas. De retour au pays à 26 ans, il fait ses classes à la Banque internationale pour le commerce et l’industrie (Bicig) avant de rejoindre BGFI en 2000 comme auditeur interne. Nommé plus tard directeur de la filiale BGFI Bourse, il va alors piloter le projet de Bourse régionale pour le compte de BGFI, qui représente 60 % du tour de table. Les autres actionnaires sont des banques ou sociétés d’assurances privées de quatre autres pays d’Afrique centrale.

 

« Une fusion inéluctable »

Porté à la tête de la BVMAC à la suite du départ du Centrafricain Yvon Psimhis le 14 juillet 2008, Willy Ontsia doit désormais faire mentir les pessimistes qui prédisent à la BVMAC un destin d’usine à gaz. Sans se démonter, il expose son plan de développement à cinq ans. La Bourse escompte deux sociétés cotées en 2009, 14 en 2012 et 20 en 2013. « Avec 20 sociétés, nous prévoyons 642 milliards de F CFA de capitalisation boursière », affirme-t-il. À comparer aux 3 500 milliards de F CFA de la BRVM d’Abidjan pour plus de 30 sociétés cotées.

« S’il veut réussir, il doit d’urgence obtenir une fiscalité favorable aux sociétés cotées, note un analyste financier ouest-africain qui préfère rester anonyme. C’est le seul moyen d’imposer Libreville sur un marché aussi étroit. » Willy Ontsia est pour sa part convaincu qu’à terme « la fusion entre les deux places financières est inéluctable. Si cela se produisait, je suis prêt à m’effacer pour laisser la place. » En attendant, il va installer d’ici à mars 2009 une antenne de la BVMAC à Douala, décision que nombre d’observateurs qualifient de nouvel assaut dans la guerre des Bourses en Afrique centrale.

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