Depuis 2006, l’économiste nigérien est coordonnateur résident de l’ONU et représentant-résident du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en Guinée équatoriale.
Jeune Afrique : La forte croissance du pays améliore-t-elle la situation sociale des populations ?
Kiari Liman-Tinguiri : La Guinée équatoriale enregistre une croissance à deux chiffres ininterrompue depuis plus de dix ans. Son produit national brut par habitant (PNBH) est le quatrième le plus élevé au monde. Ce n’est donc plus un pays à revenus faibles, mais intermédiaires. Plusieurs indicateurs doivent toutefois être améliorés comme la mortalité des enfants de moins de 5 ans, qui, avec 206 décès sur 1 000 naissances, reste élevée. La couverture vaccinale est également insuffisante.
La croissance étant récente, les autorités misent d’abord sur le développement des infrastructures, par un niveau élevé d’investissements, qui aura des effets induits sur le développement humain.
Quels sont les programmes soutenus par le Pnud ?
Ils couvrent la période 2008-2012 et concernent la lutte contre le sida (dont la prévalence est de 7 %), le développement local (à travers le renforcement de la décentralisation) ainsi que l’amélioration de la gouvernance, qui doit rendre opérationnelle les priorités arrêtées par la Conférence économique de Bata, de novembre 2007. Sans oublier l’environnement et la protection des écosystèmes. L’évolution de ces programmes sera évoquée en 2009 dans le premier rapport national sur le pays. Leur montant global est de 30 millions de dollars. La Guinée équatoriale s’est engagée à en verser 10 millions, ce qui est un exemple rare de participation financière d’un pays africain à son développement.
Comment analysez-vous les conclusions de la mission sur la torture effectuée par l’ONU du 9 au 18 novembre dernier ?
C’est la deuxième mission de ce type dans le pays en deux ans. Il faut rappeler que ces missions répondent à chaque fois à une invitation officielle de la Guinée équatoriale, qui est l’un des quatre pays africains à les commander. Rien, ni aucune convention ne l’oblige à le faire. Les conclusions auxquelles le représentant de l’ONU, Manfred Nowak, est parvenu peuvent sembler sévères. Mais cette visite marque une volonté réelle de faire avancer les choses. D’autant que les autorités en ont accepté les termes de référence, ce qui est à porter à leur crédit. Le gouvernement a six semaines pour faire ses observations.

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