Extension Factory Builder

Sayon Bamba, l’amazone de Conakry

07/12/2008 à 11:28
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

« Liberté, liberté chérie ! » Pour Sayon Bamba, ce n’est ni un slogan ni un vœu d’idéaliste un peu exaltée. Bouillonnante d’énergie, cette jeune chanteuse guinéenne installée à Marseille se veut une femme libre. « Ma liberté, dit-elle, je la prends dans ma vie de tous les jours ; et je dis aux femmes africaines que c’est possible. »

Elle est née en 1976 à Conakry, d’une mère pharmacienne et d’un père pilote d’avion, qui travaillait pour Sékou Touré. Jusqu’à ce qu’il soit emprisonné sur un simple soupçon de complot. « À cette époque, ils enfermaient les gens pour un oui pour un non, commente Sayon Bamba. Mais à la maison, mes parents ne m’ont jamais retiré la parole. » On l’aura compris : c’est de sa famille qu’elle tient son franc-parler.

Après l’indépendance, Sékou Touré ne tolérant pas d’autre enseignement linguistique que celui des langues nationales, le seul moyen d’apprendre le français était d’aller à « l’école catholique des bonnes sœurs ». Ce que fait Sayon Bamba : « Pour pouvoir dire ce qu’on pense au “diable” [c’est ainsi que les anciens colons étaient désignés, à l’époque], il faut parler sa langue, disait mon père. »

Après un Deug de sciences et mathématiques, « pour faire plaisir à ses parents », Sayon Bamba impose son choix : la musique, le spectacle, et rien d’autre. Elle entre au Théâtre national d’enfants, intègre un temps le groupe des Amazones de Guinée mais refuse de devenir gendarme, comme tous les membres du groupe. Elle gagne alors la France.

Après un premier album autoproduit, Chansons des rues et des maquis, elle présente aujourd’hui Mod’vakance, coréalisé avec des musiciens marseillais et guinéens. Son métissé et textes en soussou, toma ou malinké. « Le bilan de ce pays est terrible : pas d’eau, pas d’électricité, vol de diamant, pillage de bauxite… Triste est l’avenir du peuple de Guinée », chante Sayon Bamba dans « Salimaoré ». Un des titres forts de Mod’vakance. La langue de bois, Sayon Bamba ne connaît pas. Elle avance, confiante, « protégée par les ailes de ses aînés ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Portrait précédent :
Déo Nkusu

Guinée

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Une vingtaine d'artistes ouest-africains de renom se sont réunis pour interpeller les chefs d'État francophones sur la catastrophe que représente Ebola. Ils publient leur lettre ouverte dans Jeune Afrique. Par[...]

Guinée : au coeur du "ground zero" de l'épidémie d'Ebola

C'est ici, quelque part entre Nzérékoré et Macenta, en pleine forêt, qu'Ebola est apparu il y a bientôt un an. Une région difficile d'accès, qui a payé un lourd tribut[...]

Ebola : François Hollande se rendra en Guinée la semaine prochaine

Le président français, François Hollande, a annoncé vendredi qu'il se rendrait en Guinée "la semaine prochaine", afin d'évoquer l'épidémie de virus Ebola qui[...]

Lutte conte Ebola : qui donne, combien et à qui ?

Depuis le mois de mars, le virus Ebola a déjà fait officiellement plus de 5 400 morts en Afrique de l'Ouest. Qui, à travers le monde, se mobilise financièrement pour stopper l'épidémie ?[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : six souches, pas moins

Il existe actuellement six espèces différentes de virus Ebola, à la sévérité variable.[...]

CAN 2015 et Ebola : psychose et stigmatisation dans les stades

Les footballeurs originaires des pays touchés par l'épidémie sont durement stigmatisés lors des rencontres qualificatives pour la Coupe d'Afrique des nations. Témoignages.[...]

Ebola : la moitié des morts non comptabilisés ?

Jeudi, un expert de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que des milliers de victimes d'Ebola, enterrées sans être déclarées, n'étaient pas prises en compte[...]

Ebola : un arsenal thérapeutique balbutiant

S'il n'existe aucun traitement ni vaccin homologué contre le virus, la recherche scientifique progresse.[...]

Ebola : où sont passés les milliardaires africains ?

Seuls des milliardaires occidentaux tels Bill Gates ou Mark Zuckerberg se sont faits mécènes de la lutte contre Ebola. Leurs homologues africains, Aliko Dangote ou Nassef Sawiris,  pour ne citer qu'eux, sont aux[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces