Extension Factory Builder

Belgique : Faouzia Hariche, mairesse femme

28/12/2011 à 11:40
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Faouzia Hariche, Algéro-Belge devenue numéro deux de la mairie de Bruxelles. Faouzia Hariche, Algéro-Belge devenue numéro deux de la mairie de Bruxelles. © Gaël Turine, agence VU pour J.A.

Ancienne enseignante, l'Algéro-Belge Faouzia Hariche, 45 ans, est devenue échevine à la mairie de Bruxelles, en Belgique.

Leçon de grammaire ! Au programme : l’adjectif. Pour nous en parler, l'échevine de l'Instruction publique, de la Jeunesse et de la Petite enfance à la mairie de Bruxelles (Belgique). Née en Algérie il y a quarante-cinq ans, elle était autrefois professeure de français.

Simple

Adjectif qualificatif. « Je vais m’asseoir là, avec vous, plutôt que dans ce grand fauteuil en cuir ! » dit-elle lorsque l’on arrive dans un immense bureau de l’hôtel de ville, sur la Grand-Place, qui sert de salle de réunion. Boiseries, tableaux anciens, pièces ­d’orfèvrerie. « Trop de tapis et de ­tapisseries pour moi » : l’édile refuserait-elle le luxe et le protocole ? « Je suis allergique aux acariens ! » explique-t-elle…

Ambitieuse

Élue pour la première fois conseillère municipale avec le Parti socialiste en 1994, elle achève aujourd’hui son second mandat d’échevine de l’instruction publique et de la jeunesse (2006-2012) et se présente en 2012 pour « cueillir les fruits de politiques humaines de longue haleine ».

Satisfaite

« Je pense avoir atteint 90 % de mes objectifs dans ce second mandat. Mon cheval de bataille était de construire des écoles et de lutter contre la pénurie d’enseignants. Je suis assez satisfaite. »

Orpheline

Le père de Faouzia, Ahmed, originaire de Bordj Bou Arreridj, en Algérie, s’est installé seul à Valenciennes (France), puis à Charleroi (Belgique), pour travailler à la mine. Malade, il décède deux ans après l’arrivée de son épouse Khadija et de leurs enfants, en 1974. Analphabète, la veuve d’Ahmed consacre toute son énergie à l’éducation de Faouzia, qui a alors 9 ans, et de ses cinq frères et sœurs.

Reconnaissante

Envers sa mère. Envers le système social belge, qui a permis à sa famille de survivre et lui a octroyé une bourse d’études. Envers ses voisines de Charleroi qui ont permis son éveil culturel : des féministes altruistes qui lui firent découvrir Brel, Barbara, Ferré. « Elles m’ont convaincue que je pouvais aller à l’université. J’aurais eu une tout autre histoire si je ne les avais pas rencontrées. »

Curieuse tardive

Parfois, deux adjectifs sont nécessaires pour préciser une réalité. Le premier devient alors un substantif. « Quand j’étais petite, nous écoutions à satiété les cassettes des chanteurs populaires algériens. Je suis allée quelquefois au pays, mais je ne le connaissais qu’à travers l’histoire de mon père. » Combattant du Front de libération nationale (FLN), Ahmed avait appris à écrire en prison pendant la guerre. Faouzia a retrouvé ses lignes appliquées sur un petit cahier. Mais c’est en le voyant interviewé à la télévision dans un documentaire sur les migrants maghrébins qu’elle a décidé d’en apprendre plus sur son pays d’origine.

Algérienne

Adjectif de nationalité. Et d’identité. « Très fière d’être algérienne mais pas patriote », elle se plonge dans les auteurs du pays. Kateb Yacine. Rachid Boudjedra. Pour les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie, en 2012, elle prépare une semaine algéro-belge à Bruxelles.

Maghrébine

Faouzia a grandi à Jumet, un quartier italien de Charleroi. C’est seulement à l’Université libre de Bruxelles qu’elle se fait des amis nord-africains. Et découvre le racisme. Agrégée de philologie romane, elle fonde l’association Jeunesse maghrébine en 1992 pour aider les enfants immigrés et défendre les droits des étrangers. Dans son bureau, une photo de Sahraouis qui lui vaut quelques commentaires de la part de Marocains… Elle a pourtant épousé l’un d’eux, Mohamed, ingénieur chimiste.

Humiliante

Telle fut sa demande de naturalisation, nécessaire pour devenir enseignante. « L’abruti de policier qui enquêtait m’a demandé si je mangeais avec les mains. »

Maniaque

« Elle est très méticuleuse, avance un collaborateur. Elle tient à ce que son bureau soit rangé, mais aussi les nôtres ! » La ligne de partage entre « méticuleux » et « maniaque » est difficile à tracer…

Bosseuse

« Faouzia est toujours débordée », constate un collègue. « Elle est très sérieuse dans son travail, explique l’humoriste et comédienne belge Sandra Zidani. Ce n’est pas qu’on la craint, mais elle sait se faire respecter ! » « Je n’ai jamais ménagé mes efforts », confirme l’intéressée.

Pédagogue

Ancienne enseignante, elle a le phrasé clair. Annonce les points d’un exposé. Définit les termes.

Hédoniste

« “Il n’y a pas de mal à se faire du bien” est l’une des phrases préférées de Faouzia », confie son amie Fadila Laanan, ministre de la Culture pour la communauté française de Belgique.

Bon public

C’est en fait un groupe nominal qui a valeur d’adjectif. Pour Sandra Zidani, « Faouzia est bon public. Elle vient souvent voir mes spectacles. » « Elle aime rire de tout, même d’elle-même », confirme Laanan.

Laudatifs

Les adjectifs laudatifs, dont use abondamment Mme Hariche, visent à valoriser l’objet qualifié : des employés du consulat d’Algérie « extraordinaires » ; des intellectuels « formidables » ; le « travail pour rétablir les relations entre Flamands et francophones » effectué par Elio Di Rupo, ancien président du Parti socialiste nommé Premier ministre le 5 décembre, a pour sa part été « colossal »…

Hyperénervée

« Je ne supporte pas quand on trouve adorable qu’un homme en retard dise qu’il amenait ses enfants à l’école ! s’emporte l’élue. Si je le faisais, on me demanderait de choisir entre enfants et carrière ! »

Sensible

« J’ai peur d’avoir trop d’émotions quand je retournerai enfin en Algérie avec mon mari et mes trois enfants en 2012, après vingt-trois ans d’absence… »

Terminé

Ah non, ça c’est un participe passé… 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Milliardaires africains : l'argent ne fait pas le bonheur... des pauvres

Milliardaires africains : l'argent ne fait pas le bonheur... des pauvres

La récente étude du Wealth Report sur la multiplication des milliardaires africains et le nouveau rapport du PNUD sur les mauvais résultats du continent en terme de développement humain ne sont pas con[...]

L'analyse des boîtes noires du vol AH 5017 pourrait prendre "plusieurs semaines"

Selon Frédéric Cuvillier, secrétaire d'État français aux transports, l'analyse des boîtes noires de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé jeudi dernier au Mali[...]

Ramadan 2014 : Aïd mabrouk !

Un peu partout dans le monde, les musulmans ont commencé à fêter l’Aïd el-Fitr, la fête de la fin du mois sacré de ramadan. Si certains ont débuté les festivités[...]

Vol AH 5017 : les deux boîtes noires transférées à Paris

Les deux boîtes noires de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali ont été transférées dimanche soir de Bamako à Paris, où elles doivent être[...]

Vol AH 5017 : les enquêteurs au travail

Les experts enquêtant sur le crash d'un avion d'Air Algérie dans le nord du Mali poursuivaient dimanche leur travail dans une zone d'accès difficile où l'appareil s'est désintégré[...]

Football : indignation suite aux propos racistes de Carlo Tavecchio

Le monde du ballon rond en Italie est en pleine effervescence après des propos racistes tenus en fin de semaine par le favori au poste de président de la fédération italienne de football, Carlo[...]

Vol AH 5017 : rien que des débris sur la scène du crash

Une vision à peine soutenable sur la scène du crash de l'avion d'Air Algérie au Mali : "des petits morceaux, pas grand-chose pour reconnaître un avion", lance un Burkinabè,[...]

Gaza : l'armée israélienne annonce la fin de la trêve

L'armée israélienne a annoncé dimanche matin la fin de la trêve humanitaire et la reprise de ses opérations militaires dans la bande de Gaza en réplique aux "tirs incessants de[...]

Vol AH 5017 : Blaise Compaoré reçoit une délégation des familles des victimes

Blaise Compaoré et son chef d'état major, le général Gilbert Dienderé, se sont rendus vendredi après-midi au Mali, sur la zone du crash du vol AH 5017. Une délégation des[...]

Crash du vol AH5017 : la deuxième boîte noire retrouvée, les enquêteurs attendus sur place

Au lendemain de la découverte de la première boîte noire de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé dans le nord du Mali, des experts de l'ONU ont retrouvé la seconde samedi sur le[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers