Imaginons qu'en échange du retour à la maison d’un soldat français détenu au Sahel, en Afghanistan ou ailleurs par un groupe d’islamistes radicaux, Nicolas Sarkozy accepte de libérer 1 027 présumés terroristes des geôles hexagonales. On n’ose songer au déchaînement médiatique que pareille disproportion nemanquerait pas de susciter, aux manchettes des journaux anglo-saxons sur le thème de la couardise française, à l’ampleur du scandale aussitôt dénoncé dans un communiqué conjoint par MM. Obama, Cameron et Medvedev. Bref, à l’impensable…Et pourtant, ce ratio aberrant est en passe d’être atteint en Israël, terre de miracles s’il en est, avec la libération imminente du sergent Gilad Shalit, sous les applaudissements unanimes des Occidentaux et à la grande satisfaction de ses geôliers du Hamas, tout heureux d’avoir établi un nouveau record en la matière.
On ne peut évidemment que se réjouir de voir ce petit gars au visage d’adolescent regagner ses foyers après cinq années de dure captivité et partager le bonheur des familles palestiniennes retrouvant un fils ou un père qui n’ont jamais été autre chose à leurs yeux que des héros et des résistants. Mais on ne peut aussi qu’être saisi d’un immense malaise devant la vertigineuse inéquation de ce type de troc : en moins de trois décennies, Israël aura échangé 7 500 Arabes (Palestiniens ou autres) contre 13 Juifs (dont deux dépouilles). Or ce déséquilibre est beaucoup plus qu’une disconvenance illustrant une « exception » israélienne de plus. Il traduit un rapport de forces exactement inverse que ce que suggèrent les chiffres. Et il est l’exact pendant, sur le plan moral, du solde de l’opération Plomb durci de nettoyage de Gaza marqué par un écart numérique du même ordre : 1 400 morts palestiniens pour 13 Israéliens.
Le lourd tribut payé par l’État hébreu dans l’affaire Shalit n’est en effet qu’une apparence. En procédant de la sorte, il entend aussi réitérer une pseudo-supériorité civilisationnelle. L’assistance à chaque fils d’Israël capturé par l’ennemi est un impératif moral et chaque vie est sacrée, alors que, dans le monde musulman, l’individu ne serait que poussière anonyme, et son humanité, dissoute dans lenombre. Lemessage, subliminal, passablement méprisant,mais efficace, qu’envoie le gouvernement Netanyahou est aisément décryptable : si 1 Israélien est échangé contre 1 027 Palestiniens, c’est que 1 Israélien vaut 1 027 Palestiniens. Dans les prisons d’Israël, un stock constamment renouvelé de détenus est disponible pour recommencer, presque à l’infini, cette démonstration que le monde entier avalise. Le Hamas a certes ses raisons pour participer à cette surenchère,mais qu’il ne se leurre pas: sa victoire comptable à un goût d’humiliation.

Dlamini-Zuma place le sommet des 50 ans de l'UA sous le signe du "panafricanisme"
RDC : dans la zone de Goma, les déplacés pris entre deux feux
Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique
Le responsable aux relations extérieures du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (d), le 9 juin 2012 à Ougadougou
L'entraîneur du Mali Patrice Carteron, lors d'une conférence de presse pendant la CAN, le 8 février 2013 à Port Elizabeth
Un homme court sous la pluie, le 27 novembre 2007 Ã Astawali dans la banlieue ouest d'Alger
Deux casques bleus de la mission des Nations unies en RDC observent aux jumelles les déplacements de rebelles du M23, le 18 novembre 2012
Des milliers de Congolais fuient les combats entre l'armée et la rébellion, près de Sake et Goma, le 22 novembre 2012
Ban Ki-moon (g) en compagnie du président congolais Joseph Kabila (c) et du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, à Kinshsa, le 22 mai 2013
Jean-François Delfraissy, directeur général de l'Agence national de recherche sur le sida, le 24 septembre 2009 à Paris
Des chercheurs réunis, le 21 mai 2013 à l'Institut Pasteur de Paris, pour les 30 ans de la découverte du VIH











