Ismaïl Douiri : "Casablanca Finance City est stratégique pour Attijariwafa"

19/10/2011 à 10h:46 Christophe Le Bec
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Ismaïl Douiri entend concurencer les grands de la finance mondiale. Ismaïl Douiri entend concurencer les grands de la finance mondiale. © Attijariwafa

Attijariwafa Bank est partie prenante du projet qui vise à faire de la capitale économique marocaine un hub financier régional. Qu’en attend le patron du pôle finance, opérations et transformation ? Réponses.

Le 30 septembre, les décrets d’application du projet Casablanca Finance City (CFC) sont entrés en vigueur. Les sociétés financières travaillant à l’international profiteront d’exonérations fiscales sur leurs revenus dégagés à l’étranger et de facilités pour recruter des spécialistes expatriés. Pour mettre toutes les chances de son côté, CFC a signé le 23 mai un accord de coopération avec Singapour. Côté marocain, Attijariwafa Bank est l’une des principales parties prenantes, avec BMCE Bank et le groupe Banque populaire.

Jeune Afrique : Qu’attend Attijariwafa de CFC ?

Ismaïl Douiri : Pour nous, c’est stratégique ! Nous sommes une banque universelle avec une forte composante banque de détail, mais nous développons nos activités destinées aux grands comptes, aux entreprises et aux particuliers. Pour ces clientèles, nous nous frottons à des concurrents internationaux de haut niveau, comme BNP Paribas ou JP Morgan. Il est donc de notre intérêt de disposer à Casablanca d’un environnement dévolu à la finance africaine et de profiter d’une certaine flexibilité et d’avantages fiscaux. Enfin, il y a une dimension citoyenne à notre participation au projet : nous voulons prendre part au développement du pays.

Quels métiers manquent à Casablanca pour faire décoller le secteur financier ?

La plupart des métiers sont présents, mais chacun d’eux compte seulement une poignée de praticiens à l’activité peu internationalisée. Grâce aux mesures apportées par le projet, Attijariwafa va pouvoir concourir à armes égales avec les grands de la finance mondiale et recruter des talents à l’international. CFC va offrir aux professionnels de la finance des avantages fiscaux comparables à ceux de Londres ou de Dubaï, mais aussi une qualité de vie bien meilleure. Bien sûr, ce changement d’échelle de recrutement se fera peu à peu et concernera surtout les métiers spécialisés dans la banque de marché et l’investissement.

Qu’apporte le partenariat signé avec Singapour ?

Beaucoup ! Jadis port de pêche, la ville-État a réussi à devenir un hub financier de premier ordre. Les Singapouriens savent comment attirer les acteurs de la finance mondiale. Nous serons à l’écoute de leurs conseils méthodologiques. Cela dit, nous ne partons pas de zéro : les entreprises marocaines sont déjà très présentes en Afrique subsaharienne francophone et au Maghreb. Attijariwafa est même la plus grande banque de cette zone, et nos grands comptes africains seront les premiers bénéficiaires de CFC.

Allez-vous, comme la Bourse, déménager dans l’ancien aéroport d’Anfa, future zone économique dévolue à la finance ?

Nous y réfléchissons. Entre le siège et nos filiales, plus de 2 500 salariés d’Attijariwafa travaillent à Casablanca. Plusieurs scénarios sont envisagés, avec deux extrêmes : l’option maximale, avec un regroupement de toutes nos directions et filiales dans un nouveau siège, et l’option minimale, avec un déménagement des seuls métiers financiers spécialisés. Nous n’avons pas encore arbitré, les enjeux opérationnels et financiers étant complexes, mais cela ne saurait tarder. 

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Propos recueillis par Christophe Le Bec.

BMCE se prépare aussi

Deuxième poids lourd marocain de la finance, BMCE Bank est aussi partie prenante de Casablanca Finance City. Et annonce l’installation dans la capitale économique d’Insurance of Africa et de BOA Capital. Ces deux nouvelles structures, dont la création a été actée récemment par le conseil d’administration, officieront respectivement dans le développement et la distribution de produits d’assurance et dans la banque d’affaires.

Frédéric Maury.

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