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Un climat des affaires plus clément

30/09/2011 à 17:20
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Economiste, professeur à l'Université de Yaoundé II

Le 16 juin a été lancé le Business Climate Survey (BCS), une enquête nationale sur la perception du climat des affaires par les entreprises camerounaises. Lors d’une précédente enquête, menée en 2009 par l’Institut national de la statistique auprès des 93 000 sociétés du pays, une majorité de dirigeants (52,4 %) avait manifesté une opinion défavorable et pointé les principales entraves à la volonté d’entreprendre (voir infographie).

L’« Indice global des libertés économiques » 2011, publié par le Wall Street Journal et la Heritage Foundation, classe le Cameroun au 136e rang sur 179 pays évalués, avec un indice de 51,8 sur une échelle comprise entre 100 (liberté) et 0 (répression). Mais le rapport « Doing Business » 2011 de la Banque mondiale donne aux investisseurs quelques raisons d’espérer, puisque le Cameroun y passe du 173e rang (en 2010) au 168e, sur 183 pays. Ces classements doivent être lus en lien avec les efforts entrepris ces dernières années pour améliorer l’environnement des affaires.

Sur le plan de la réglementation, la Charte des investissements, adoptée en 2002 et révisée en 2004, institue des instruments d’accompagnement et d’orientation de l’investisseur désormais fonctionnels, tels que le Conseil de régulation et de compétitivité, l’Agence de promotion des investissements et l’Agence de promotion des exportations. Sur le plan législatif, outre l’application des règles de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), différents textes ont changé la donne : lois sur le partenariat public-privé, sur le commerce électronique, sur la promotion des PME, sur le crédit-bail ; codes gazier, minier et pétrolier, création de chambres spécialisées auprès des juridictions d’instance, etc.

Sur le plan des institutions, la création du Prime Minister Business Council et, surtout, celle du Cameroon Business Forum (CBF), intervenue après la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement, le secteur privé et la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale), ont donné du corps à cette interface tripartite en affichant trois ambitions : améliorer le climat des affaires, promouvoir l’investissement privé et renforcer la compétitivité des entreprises. Parmi les actions concrètes menées à cette fin, on peut souligner, entre autres, la création des centres de gestion agréés, la rationalisation des procédures d’octroi des permis de bâtir à Douala et à Yaoundé, ou encore la réduction du nombre d’étapes (de 12 à 3) et du délai (de 34 à 3 jours) nécessaires pour créer une entreprise, grâce à la mise en place de guichets uniques, et qui aurait permis la naissance de 1 365 sociétés en huit mois.

Sur le plan commercial, le Cameroun lance – après l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire et le Nigeria – une Bourse des produits de base de l’Afrique centrale, basée à Yaoundé. Celle-ci a pour ambition de ramener à la production quelque 900 000 petits planteurs de café et de cacao découragés, en leur permettant de vendre directement leurs produits et de se faire payer dans un délai de vingt-quatre heures, mais aussi en favorisant la transparence et la prévisibilité sur le marché national avec des prix plus justes et plus équitables.

Sur le plan du financement, la création de la Banque camerounaise des PME et de la banque agricole Cameroon Rural Financial Corporation (Carfic), en juin, va permettre d’apporter des solutions aux côtés de la Bourse de Douala, qui a réalisé avec succès quelques opérations d’envergure (obligations de la SFI, de l’État du Cameroun…) même si seules trois sociétés y sont cotées pour l’instant. Enfin, l’adoption du service bancaire minimum garanti, qui rend gratuites de nombreuses prestations, devrait accélérer la bancarisation et, à terme, induire quelques innovations qui permettront de libérer des capacités de financement pour l’heure prisonnières d’un système congestionné par la surliquidité.

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