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El Hachemi Belhamdi, un "franc-parleur" à la tête d'Algérie Télécom

22/09/2011 à 09:14
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El Hachemi Belhamdi, nommé directeur général d'Algérie Télécom. El Hachemi Belhamdi, nommé directeur général d'Algérie Télécom. © Anis New Press/SIPA

Homme au franc-parler, le nouveau PDG d’Algérie Télécom, El Hachemi Belhamdi, s’est engagé à redresser le groupe et à redorer son blason. Les défis ne manquent pas.

Un siège éjectable. C’est la triste réputation qui colle depuis plusieurs années au poste de premier responsable d’Algérie Télécom. M’Hamed Dabouz en a récemment fait l’expérience. Nommé directeur général par intérim en décembre 2010, il a finalement été « démissionné » à la mi-août pour des raisons qui restent encore inconnues. Dans le milieu des télécoms, on estime que son successeur, El Hachemi Belhamdi, dispose d’atouts appréciables pour redresser l’opérateur historique : il jouit de la confiance des autorités politiques – qui l’ont nommé PDG au mois d'aoüt dernier – et connaît parfaitement la maison, ainsi que tous les rouages du secteur en Algérie et à l’international.

Un « fossé » à combler.

À l’occasion de la fête de l’Aïd el-Fitr, les travailleurs du groupe ont pu faire mieux connaissance avec la méthode Belhamdi, fondée sur une franchise assez inhabituelle pour un manager algérien. « La mauvaise qualité des services proposés, pour la téléphonie comme pour l’accès à internet, a entrepris de ternir, depuis longtemps déjà, l’image de marque de l’entreprise. Et le manque de réactivité de nos structures commerciales et techniques, à tort ou à raison, a inévitablement achevé de creuser le fossé entre Algérie Télécom et ses clients », a-t-il expliqué. El Hachemi Belhamdi sait que, pour une marque, la notion de perception des consommateurs est aussi importante que les produits qu’elle propose – cela est d’autant plus vrai sur un marché marqué par une très forte concurrence.

L’homme s’est fait connaître en mettant fin à « l’immobilisme » au sein de Mobilis, filiale de téléphonie mobile d’Algérie Télécom. En 2002, l’opérateur avait été fortement secoué par l’arrivée de l’égyptien Orascom, son premier concurrent. Une fin de monopole qui a failli plonger Mobilis dans une grave crise. Nommé en 2004, El Hachemi Belhamdi réussit à mettre en place un système de management efficace, couplé à un plan de communication agressif. Résultat : Mobilis gagne vite des parts de marché, étend son réseau et renforce son image d’opérateur qui tient ses promesses. Au passage, son patron parvient à décrocher le prestigieux trophée de « manager de l’année 2005 », décerné par le Club Excellence Management. Mais étrangement, sa carrière prend – temporairement – fin en 2007, avec une décision de mise à la retraite.

Rester réaliste

Le fait d’être rappelé par les pouvoirs publics est déjà en soi une belle victoire. Mais il faut rester réaliste. Mobilis n’est qu’une filiale d’un groupe qui compte trois autres entités : la maison mère Algérie Télécom (téléphonie fixe), Djaweb (internet) et ATS (services satellite). El Hachemi Belhamdi devra avant tout revoir le mode de gestion du groupe et procéder au recouvrement des dettes auprès des institutions publiques et de certains opérateurs privés. Il devra surtout ne pas passer à côté du lancement de la troisième génération de téléphonie mobile, décidé récemment par Alger. Sur ce créneau, la bataille risque d’être rude, puisque les trois opérateurs de téléphonie mobile seront traités sur un pied d’égalité.

En revanche, les pouvoirs publics envisageraient de confier à Algérie Télécom un rôle important dans le développement du programme national d’e-gouvernement. Ainsi, on évoque avec insistance la réactivation d’un accord avec le britannique DeLarue, spécialisé dans les solutions biométriques. Il n’est pas impossible que les partenaires soient chargés de relancer le processus de réalisation de documents biométriques, bloqué depuis plusieurs mois déjà.

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