Le boom de l’automobile qu’avait prévu Mohamed Baïri intervient au début des années 2000.
© Samir Sid
Patron d’Ival, distributeur de Fiat, Iveco et Mazda, le président de l’association des concessionnaires a vu venir très tôt l’essor du marché automobile en Algérie.
Passionné de voitures européennes, Mohamed Baïri est à la tête d’Ival, distributeur exclusif des marques Fiat, Iveco et Mazda. Cet homme de 39 ans est également président de l’Association des concessionnaires automobiles d’Algérie (AC2A). Pourtant, rien ne le destinait à une telle carrière. Chez les Baïri, famille de notables de la région de Lakhdaria, au sud-est d’Alger, on est plutôt spécialisés dans l’agriculture et le commerce de matériaux de construction. Mais très jeune, Mohamed a compris que le marché automobile serait appelé à se développer. « J’ai lancé ma première affaire en 1988. À l’époque, je vendais des pièces détachées Sonacome, le constructeur algérien de camions et de bus. C’était du temps où l’État avait le monopole sur tout », explique-t-il.
Le monopole public sera levé au début des années 1990. « Le parc automobile algérien a vite pris de l’ampleur, se souvient Baïri. Il fallait répondre à une demande très importante en termes de pièces de rechange. Cela ne pouvait se faire qu’à travers des opérations d’importation. Nous avons fini par tisser un partenariat solide avec Necotrans, un groupe français présent sur l’ensemble du continent. » En 1999, les deux parties renforcent leur partenariat en créant Ival Spa. Cette entreprise de droit algérien, dotée d’un capital social de 4 millions d’euros, importe et distribue des véhicules industriels, utilitaires et de tourisme.
Le boom de l’automobile qu’avait prévu Mohamed Baïri intervient au début des années 2000. Le lancement du crédit à la consommation permet aux ménages d’acquérir des véhicules neufs. C’est le moment où Ival fait son entrée sur le marché. Iveco en 2000, Fiat en 2004, puis Mazda en 2005 : le trio permet au groupe de vendre 5 000 véhicules par an en moyenne. Ival, qui ne donne pas son chiffre d’affaires, emploie près de 300 personnes et dispose d’un réseau d’agents agréés dans tout le pays. En dix ans, il a investi 9 millions d’euros.
Industrie nationale
L’un de ses partenaires, Fiat, avait signé dans les années 1990 un contrat avec le gouvernement pour fabriquer la première voiture algérienne. Abandonné, ce projet pourrait-il renaître ? « Fiat ne compte pas s’installer en Afrique. Notre priorité consiste à développer notre réseau et nos services pour nous rapprocher de notre clientèle », souligne Baïri, qui n’en milite pas moins, en sa qualité de président de l’AC2A, pour le développement d’une industrie automobile algérienne. Mais personne ne sait quand celle-ci verra le jour…
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Ahmed Bey, à Alger.

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