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22/08/2011 à 11:48
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Mais que diable se passe-t-il ? Certes, le toujours fringant diplomate et écrivain engagé français Stéphane Hessel, 93 ans, nous avait exhortés à l’indignation à la fin de 2010. Le succès spectaculaire de son petit pamphlet d’une trentaine de pages (Indignez-vous ! Indigène éditions) aurait dû nous alerter. Il a été pris au mot, dans des proportions que lui-même n’imaginait sans doute pas. Révoltes dans les pays arabes, manifestations en Espagne, en Italie, au Portugal, en Grèce, au Sénégal, au Burkina ou en Israël, émeutes en Grande-Bretagne, étudiants en colère au Chili, grèves à répétition en Algérie… Même l’impassible Chine est périodiquement secouée par de puissants mouvements de contestation, au Tibet, en Mongolie-Intérieure ou au Xinjiang, c’est vous dire ! Le ras-le-bol, quelles qu’en soient les raisons profondes (injustice sociale, sentiment d’exclusion, aspirations démocratiques, minorités opprimées, etc.), se propage comme une traînée de poudre.

Pendant ce temps, comme si cela ne suffisait pas, les places boursières piquent leur crise d’hystérie. Le monde entier est suspendu à leurs convulsions ou aux avis prétendument éclairés des agences de notation qui, alors qu’elles n’avaient rien vu (ou voulu voir) venir lors de la crise des subprimes née en 2007, sont désormais sur tous les fronts, distribuent bons et mauvais points, rassurent ou provoquent de véritables mouvements de panique. Oui, le capitalisme est devenu fou. Les fondations du système, qui n’est pas en cause intrinsèquement mais dont les ressorts ont été pervertis, vacillent chaque jour un peu plus. La crise financière, dont nous venons à peine d’entrevoir la sortie, n’a pas servi de leçon, malgré les odes à la vertu serinées ici et là et la promesse ferme que cela n’arriverait plus. Le comportement irresponsable de financiers et de spéculateurs sans foi ni loi, prêts à tout pour gagner toujours plus d’argent, quitte à précipiter une grande partie de la planète dans l’abîme, n’a en rien changé.

L’attitude des dirigeants de la planète non plus. L’Europe, les États-Unis, mais aussi l’Amérique latine et l’Asie, sont en surchauffe et vivent très largement au-dessus de leurs moyens depuis de trop longues années. Les cigales ont chanté de très nombreux étés, mais la fête est finie. Pendant que nos chefs, par manque de courage politique, naïveté ou incompétence, s’emploient à colmater les brèches – comme si on réparait la proue d’un paquebot en plein naufrage en utilisant les pièces de la poupe –, empruntant toujours plus pour rembourser des dettes colossales (dont nous paierons tous l’addition), le nouvel ordre mondial plus juste qu’ils nous avaient promis s’est mué en mirage. L’exaspération et la colère des citoyens, elles, n’en sont hélas que plus réelles. Et ce n’est pas fini…

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