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Gervais Koffi Djondo : "L'avenir de l'aérien n'est pas dans la multiplication des compagnies"

20/08/2011 à 09h:18
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Ancien ministre togolais de l'Industrie, Gervais Koffi Djondo est aussi cofondateur d'Ecobank. Ancien ministre togolais de l'Industrie, Gervais Koffi Djondo est aussi cofondateur d'Ecobank. © D.R.

Le dirigeant d’Asky Airlines, Gervais Koffi Djondo, revient sur le bilan et les objectifs du transporteur. Tout en réaffirmant sa vocation régionale.

Jeune Afrique : Un an et demi après le lancement d’Asky Airlines, quel bilan tirez-vous ?

Gervais Koffi Djondo : Globalement, nous sommes satisfaits ! Nous transportons en moyenne 8 000 passagers par semaine. Cela dit, il nous reste beaucoup de choses à mettre en place. Asky utilise encore le système de réservation d’Ethiopian Airlines, mais d’ici à octobre cela va changer. La Société internationale de télécommunication aéronautique se charge de mettre en place notre système de gestion des passagers. Dans quelques semaines, Asky sera vendu avec son propre code IATA, ouvrira son propre bureau dans les marchés majeurs et aura sa propre personnalité.

Vous revendiquez une vocation communautaire, bien que vous soyez une filiale d’Ethiopian Airlines…

Il faut savoir une chose : une compagnie qui se crée a nécessairement besoin d’un partenaire technique, ne serait-ce que pour la maintenance de ses appareils. Ethiopian Airlines, à qui nous avons demandé d’entrer au capital, a accepté de devenir notre partenaire stratégique. C’est ce qui fait qu’on nous reproche de ne pas être indépendant, nous citant l’exemple de concurrents qui ont démarré récemment sans nouer de liens capitalistiques avec d’autres compagnies [Camair Co et Sénégal Airlines, NDLR]. Il ne faut pas oublier que ces compagnies ont été lancées sur des bases anciennes, bénéficiant ainsi des structures existantes. Nous, nous sommes partis de zéro.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a annoncé son intention de créer sa propre compagnie régionale, Eco Air. Qu’en pensez-vous ?

Asky offre déjà une très bonne base pour un transporteur régional. Aujourd’hui, plus de 25 nationalités travaillent pour en faire une compagnie aérienne solide. L’avenir de l’aérien sur le continent ne se trouve pas dans une multitude de compagnies. Regardez ce qui se passe ailleurs dans le monde. Les plus grandes fusionnent entre elles pour être encore plus concurrentielles. C’est ce que nous devons faire pour exister.

Cela fait plus d’un an qu’Asky peine à obtenir le droit de trafic au Sénégal. Quel est le problème ?

C’est surtout l’accord de siège que nous avons conclu avec le Togo – et qui nous accorde des avantages fiscaux – que remet en cause le Sénégal, le jugeant anticoncurrentiel. Et pourtant, cela se fait partout, même dans les pays européens. J’ai recruté des experts qui ont sillonné la sous-région pour trouver le pays qui nous offrirait le plus d’avantages pendant les premières années de lancement. Si on veut que le transport aérien se développe pleinement en Afrique, il faudrait le libéraliser, mais force est de constater que tous les pays signataires ne respectent pas la décision de Yamoussoukro à ce sujet.

Où en êtes-vous de vos ambitions à l’international ?

Il nous reste encore beaucoup de pays africains à desservir : l’Afrique du Sud, les pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique du Nord… Voilà les prochaines étapes qui nous attendent. Cela ne veut pas dire que nous abandonnons notre ambition sur l’international. Nous irons en Asie, en Amérique et en Europe. Mais le moment venu. 

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Propos recueillis à Lomé par Stéphane Ballong

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