Décrié par les uns, encensé par les autres, l'inspecteur d’État Cheikh Guèye est devenu le nouveau ministre des Élections du Sénégal. Mais il est encore loin de faire l'unanimité.
L’opposition réclamait la tête de Me Ousmane Ngom, le ministre de l’Intérieur, serviteur zélé du président Abdoulaye Wade, chargé d’organiser la présidentielle du 26 février 2012. À la place, elle a eu droit, le 25 juillet, à la création d’un 36e ministère : celui des… Élections, avec à sa tête Cheikh Guèye. Une nomination diversement appréciée. « Une provocation de plus », selon des opposants. « Le choix idéal d’un homme neutre », pour le pouvoir. L’intéressé quant à lui promet « une gestion inclusive et transparente » du processus électoral et demande à être jugé sur ses résultats.
Inspecteur général d’État, Cheikh Guèye est expérimenté. En 1998, sous le président Abdou Diouf, il prend la tête de la Direction des élections qui, depuis, a organisé dix consultations, dont le référendum constitutionnel de 2001 et les locales de mars 2009 marquées par une percée historique de l’opposition. Ses nouvelles fonctions lui offrant plus d’autonomie que les précédentes, il sera plus « rapide et efficace », estiment ses collaborateurs. Si pour nombre de Sénégalais la présidentielle de 2012 revêt une importance particulière, pour lui, c’est une élection de plus. « Cheikh Guèye est un homme imperturbable qui ne se soucie que des textes et de la qualité de son travail, souligne un proche. Les enjeux [politiques] ne l’intéressent pas. » L’opposition n’en redoute pas moins « une fraude massive ».

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