Extension Factory Builder

Mandiol Ngom : "Samsung veut faire sauter les verrous du marché africain"

04/08/2011 à 16:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mandiol Ngom, chef du bureau régional de Dakar chez Samsung. Mandiol Ngom, chef du bureau régional de Dakar chez Samsung. © Marc Deville pour J.A.

En mai, Mandiol Ngom a pris la tête du bureau régional de Dakar. Sa mission : poursuivre l’africanisation de la stratégie du groupe sud-coréen.

Le sud-coréen Samsung a fait de l’Afrique un objectif majeur. En 2010, son activité y a atteint 912 millions d’euros (sur un chiffre d’affaires total de 167 milliards d’euros). D’ici à 2015, son ambition est d’atteindre 7 milliards d’euros sur le continent, soit un marché d’une taille équivalente à la Chine. Mandiol Ngom explique à Jeune Afrique comment remplir cet objectif.

Jeune Afrique : Comment Samsung s’adapte-t-il aux réalités des marchés africains ?

Mandiol Ngom : Samsung s’est posé la question : quels sont les verrous à faire sauter en Afrique ? Pour se différencier, il fallait apporter des réponses spécifiques, concevoir des produits adaptés. Le groupe a joué la carte de l’immersion, en amenant en Afrique du Sud des experts en recherche et développement d’Asie, qui ont été mélangés pendant plusieurs années avec des équipes locales. Ce type de scénario va être dupliqué au Nigeria et au Kenya. Le but est d’aboutir à des produits made in Africa, for Africa. 

Un exemple d’innovation propre à l’Afrique ?

En juin, nous avons lancé les premiers ordinateurs portables à panneaux solaires, car l’accès à l’énergie est un problème majeur sur le continent. L’économie rurale est laissée de côté car c’est une zone de non-profit. En résolvant les problèmes de l’énergie, de l’équipement et de la connectivité, on peut y créer de la valeur. 

Le manque de contenus locaux est aussi un frein au développement des nouvelles technologies…

Nous sommes conscients de ce problème. Nous sommes d’ailleurs en contact avec des acteurs locaux pour développer des contenus endogènes utilisables sur des terminaux mobiles. Par exemple avec un partenaire basé en Afrique du Sud, dans le domaine culturel, pour offrir des vidéos. En outre, Samsung soutient un certain nombre de projets, par exemple les sociétés d’ingénierie sénégalaises People Input et Solid, et appuie l’émergence de futurs talents en nouant des partenariats avec des institutions d’enseignement supérieur, comme l’Institut d’innovation technologique de l’Université de Pretoria. L’objectif est de participer à la formation d’un savoir-faire africain en matière d’informatique, tout en valorisant notre marque.

Samsung a revu son approche à destination des entreprises. Pour quelle raison ?

Samsung est connu pour ses produits électroniques et électroménagers, mais propose aussi des solutions télécoms et informatiques. Le groupe a décidé d’adopter en 2011 une approche commerciale réunissant l’ensemble de ses solutions dans des offres adaptées en fonction des secteurs : banque, éducation, télécoms, hôtellerie, santé, construction… Qui sait par exemple que Samsung représente 40 % du marché des solutions télécoms wimax [technologie hertzienne haut débit, NDLR] ? Quand Samsung vend des smartphones sans infrastructures télécoms, cela revient parfois pour l’utilisateur à acheter une charrue sans avoir de bœufs.

Quel est l’objectif sur la cible entreprises ?

Un chiffre d’affaires de 180 millions de dollars. Sur ma zone, qui comprend les onze pays de l’UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine], cela représente pour cette année 11 millions de dollars. Mais ce n’est qu’un début.

____________

Propos recueillis par Julien Clémençot

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Afrique Subsaharienne

'La trinité bantoue' : Max Lobe chez les Helvètes

"La trinité bantoue" : Max Lobe chez les Helvètes

En suivant les tribulations d'un sympathique antihéros, le jeune auteur camerounais Max Lobe ausculte avec empathie la société suisse... et son propre pays d'origine.[...]

Mali : les rebelles passent de Ouaga à Niamey

En raison de la chute de Blaise Compaoré, les groupes rebelles maliens se sont retrouvés à Niamey avant la reprise des négociations à Alger.[...]

#Tumechoka ou quand les Kényans sont "fatigués" des attaques des Shebab

Des centaines de manifestants kényans ont occupé mardi l'avenue Harambee, à Nairobi, où se trouve le principal complexe gouvernemental. Une mobilisation relayée sur les réseaux sociaux[...]

Nord-Mali : deux soldats tués et cinq autres blessés par une mine

Une voiture de l'escorte du ministre malien du Développement rural a sauté mardi sur une mine dans le nord du pays. Deux militaires ont été tués et cinq autres grièvement blessés,[...]

Centrafrique : pourquoi les experts de l'ONU veulent sanctionner Michel Djotodia

Les experts des Nations unies sur la Centrafrique ont demandé au Conseil de sécurité de sanctionner une dizaine de personnalités dont l'ancien président Michel Djotodia. Tous verraient alors[...]

Nigeria : un double attentat fait plus de 45 morts dans un marché de Maiduguri

Selon des témoins, un double attentat à la bombe a frappé, mardi, un marché populaire de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Le premier bilan fait état de[...]

Gouvernement burkinabè : démission d'Adama Sagnon, compromis dans l'affaire Zongo

Sous pression de la société civile depuis hier, Adama Sagnon a démissioné mardi de son poste de ministre de la Culture dans le gouvernement de la transition. Ancien procureur sous la présidence[...]

Armée ivoirienne : la grogne des grognards

D'anciens rebelles intégrés à l'armée, réclamant le paiement d'arriérés de solde, ont lancé un mouvement de protestation. Un message que le gouvernement a reçu[...]

Gabon : Pierre Péan, le scandale de trop

Filiation douteuse, diplômes truqués, malversations, instigation d'assassinats... Dans son dernier livre, Pierre péan fait d'Ali Bongo Ondimba le diable en personne. Mais l'outrance est parfois mauvaise[...]

Burkina Faso : Isaac Zida, toujours en première ligne

Peut-être le puissant général Diendéré tire-t-il des ficelles en coulisses. Mais le 31 octobre, c'est bien le lieutenant-colonel Zida qui a remplacé Compaoré au sommet[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers