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Maroc : Mohamed El Kettani, l'homme de l'international

02/08/2011 à 17:30
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'Nous envisageons de nous implanter en Guinée Équatoriale, en Angola et en Afrique anglophone.' "Nous envisageons de nous implanter en Guinée Équatoriale, en Angola et en Afrique anglophone." © D.R.

Depuis son accession à la tête d’Attijariwafa Bank en 2007, Mohamed El Kettani conduit à un rythme soutenu le développement du groupe au sud du Sahara. Nouvelle étape : la création d’une banque d’affaires à Dakar.

Banquier incontournable du royaume chérifien, Mohamed El Kettani s’est rapidement fait un nom dans les milieux bancaires du continent, en menant tambour battant l’implantation d’Attijariwafa Bank au sud du Sahara. « En cinq ans, nous avons acquis douze banques dans douze pays », résume-t-il. Une expansion qui s’est accélérée à partir de 2009, avec l’acquisition (contre 250 millions d’euros) puis l’intégration progressive de cinq banques du Crédit agricole (Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon et Sénégal). Ce fait d’armes lui vaut d’être reconnu sur la scène internationale comme le patron modèle d’un groupe africain décomplexé.

Pour preuve, Mohamed El Kettani était le seul chef d’entreprise nord-africain convié à s’exprimer lors la conférence-débat « Rethink Africa », organisée par le Medef International le 12 juillet à Paris. Comme à son habitude calme mais déterminé, il a exposé la stratégie du premier groupe bancaire marocain – et sixième africain. Tout en distillant des messages clairs. « L’Afrique est traversée par une profonde mutation. Les élites du continent ne veulent plus être mises sous surveillance, elles réclament des relations bâties sur le principe d’égalité et des partenariats gagnants pour les deux parties. »

Toujours sûr de lui, Mohamed El Kettani, 53 ans, a frappé une nouvelle fois là où on ne l’attendait pas. Désormais solidement installé dans la banque de détail du Togo au Sénégal, son groupe tente une percée dans la banque d’affaires. Début juillet, il a créé une représentation d’Attijari Finances à Dakar, qui ouvrira ses portes dans quelques mois. Une partie de l’équipe est déjà embauchée – le recrutement du patron est en cours – et se forme actuellement au siège du groupe, à Casablanca. Objectif : s’imposer dans le conseil financier aux entreprises dans toute la zone franc CFA. Le groupe peut capitaliser sur son expérience au Maghreb. Attijari Finances domine largement au Maroc et est très actif depuis deux ans en Tunisie.

Manque d’audace ?

Attijariwafa Bank en chiffres

• Total de bilan 2010 : 27 milliards d’euros (+ 5,6 %)

• Résultat net consolidé : 425 millions d’euros (+ 3,3 %)

• 4,6 millions de clients

• 13 300 salariés

• 2 088 agences

C’est donc au tour du sud du Sahara. « Nous avons abordé le marché subsaharien à travers l’activité de détail, car elle vous procure une bonne connaissance d’un pays et vous fait gérer le fonds de commerce d’une banque. Aujourd’hui, nous avons atteint une maturité suffisante pour nous intéresser à nos autres métiers : le conseil aux entreprises, la gestion d’actifs ou l’intermédiation en Bourse », explique Mohamed El Kettani. Pourquoi Dakar ? « Avec nos deux filiales, Crédit du Sénégal et CBAO, c’est dans ce pays que nos actifs bancaires sont le plus élevés en Afrique de l’Ouest », justifie-t-il. Mais rien n’est figé. « Nous ouvrirons peut-être un jour une banque d’affaires à Abidjan et en Afrique centrale », anticipe le patron marocain.

Car l’homme de l’internationalisation d’Attijariwafa Bank, à la tête du groupe depuis 2007, ne compte pas s’arrêter là. Il s’apprête même à faire taire les critiques sur son manque d’audace, qui ne le ferait s’intéresser qu’aux pays d’Afrique francophone. « Nos décisions d’investissements ne sont pas liées à la langue. Même si c’est vrai que nous ne sommes présents qu’au Maghreb et en Afrique francophone jusque-là. Mais nous envisageons de nous implanter en Guinée équatoriale, en Angola et dans des pays d’Afrique anglophone. » À partir de 2012, affirme Mohamed El Kettani, la moitié des agences d’Attijariwafa Bank seront situées hors du Maroc, ce qui implique la création de 300 nouveaux bureaux. Les filiales subsahariennes représenteront alors de 27 % à 28 % du produit net bancaire.

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