Luc Oursel a succédé le 30 juin à Anne Lauvergeaon à la présidence du directoire d'Areva.
© Teh Eng Koon/AFP
Après plus d’un an de tergiversations, l’Élysée a nommé l’ex-numéro deux d’Areva, Luc Oursel, à la tête du groupe français. Saura-t-il faire oublier Anne Lauvergeon ?
Surnommé « Kung Fu Panda » dans les couloirs d’Areva pour son caractère entier et bien trempé, Luc Oursel a finalement eu raison d’Anne Lauvergeon. La mobilisation, en faveur d’« Atomic Anne », de la quasi-totalité du comité exécutif (17 des 19 membres), du président du conseil de surveillance Jean-Cyril Spinetta, des salariés – à travers le comité de groupe européen – et d’une vingtaine de députés de tous bords, n’a pas suffi à sauver celle qui a tenu pendant dix ans d’une poigne de fer le groupe nucléaire français.
Le 30 juin, l’ancien numéro deux d’Areva a donc pris ses fonctions dans un climat électrique. Réputé colérique et sanguin, Luc Oursel devra se faire violence et manifester un sens plus prononcé de la diplomatie pour s’imposer à la tête d’un groupe de 48 000 salariés. D’autant que s’il a été placé par l’Élysée au sommet de cette entreprise stratégique, c’est d’abord parce que Nicolas Sarkozy cherchait depuis plus d’un an à se débarrasser de l’une des femmes les plus puissantes de la planète, selon le classement 2010 du magazine Forbes.
Dans un climat mondial de remise en cause du nucléaire après la catastrophe de Fukushima, le chef de l’État a préféré confier les clés d’Areva à un homme du sérail et expérimenté. Et ce même si son caractère affirmé lui a déjà valu des démêlés avec des clients éminents du groupe (Abou Dhabi, EDF…). Ingénieur en chef du corps des Mines, comme son ex-patronne, Luc Oursel, 51 ans, a plutôt la réputation d’être un industriel au savoir-faire reconnu et bon gestionnaire. Mais il n’a pas la « vista » d’Anne Lauvergeon, qui a bâti en deux mandats le premier groupe nucléaire mondial.
Expérience au Gabon. Recruté en 2007 par la patronne d’Areva pour son expertise industrielle, il a fait carrière chez Schneider Electric, Sidel (machine d’emballages) et Géodis (logistique), il dirige la filiale des réacteurs (Areva NP) et est promu directeur général adjoint chargé des opérations nucléaires en 2010. Bien avant cela, Luc Oursel avait trouvé son premier job, au début des années 1980, comme ingénieur à la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf), au Gabon. Une expérience qui ne manquera pas de lui être utile, à l’heure d’orchestrer l’ouverture du capital des mines d’Areva, dont certaines (uranium, or) se trouvent sur le continent, et de tenter de trouver une issue heureuse à la prise d’otages de ses salariés au Niger.

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