Extension Factory Builder
29/06/2011 à 17:53
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohammed VI accueille Ali Bongo Ondimba à Tanger, le 15 mars 2010. Mohammed VI accueille Ali Bongo Ondimba à Tanger, le 15 mars 2010. © Abdeljalil Bounhar/AP Photo

Après une politique d'expansion africaine poussée, le Maroc entreprend une politique d'ouverture économique outre-Atlantique. Le royaume chérifien se veut une porte d'entrée pour l'Amérique vers l'Afrique.

Jeudi 26 mai, 16 heures (heure de New York). Le ministre marocain de l’Économie et des Finances, Salaheddine Mezouar, sonne le closing bell (« cloche de fermeture ») du plus grand marché financier électronique du monde, le Nasdaq, marquant la fin de la séance du jour. Diffusées en direct par les chaînes de télévision américaines et sur les écrans géants du quartier touristique de Times Square, où vogue au vent le drapeau marocain, les images célèbrent l’ouverture de l’économie du royaume sur le monde.

Pour ce déplacement outre-Atlantique, le ministre du Tourisme, Yassir Znagui, et les patrons des principales entreprises publiques et privées ont accompagné le grand argentier pour présenter aux investisseurs américains le potentiel national dans le domaine des banques, des mines, des énergies renouvelables, du tourisme et des services. Ils ont aussi insisté sur la position géostratégique du pays, à la croisée de l’Amérique, l’Europe et l’Afrique.

« Le Nasdaq représente le dynamisme et le succès du modèle de démocratie libérale et d’une économie ouverte, a lancé Mezouar à ses hôtes. Le Maroc a également fait ce choix et nous en récoltons aujourd’hui les bénéfices. » En réponse, Robert Greifeld, le patron du célèbre indice boursier new-yorkais, a parlé du pays comme de « la porte d’entrée en Afrique pour les entreprises américaines ». Ce qui a amené récemment le Boston Consulting Group, un grand cabinet de conseil international, à y implanter son premier bureau sur le continent.

Depuis le début des années 1990, le Maroc a lancé une série de profondes réformes visant à libéraliser son économie et diversifier ses activités à travers de nombreux programmes sectoriels, nationaux et régionaux. Le pays a signé plusieurs accords de libre-échange (avec l’Europe, les États-Unis, des pays arabes et africains). Objectifs : attirer les investissements et développer les exportations.

Les patrons marocains et les entrepreneurs étrangers installés dans le royaume misent sur l’Afrique du Nord, le sud du Sahara, ainsi que sur les monarchies arabes depuis que le Conseil de coopération du Golfe a invité, en mai, le royaume à rejoindre l’organisation.

La politique d’expansion des entreprises marocaines hors des frontières du royaume est favorisée par une diplomatie active et un important réseau bancaire (BMCE, Attijariwafa Bank et Banque centrale populaire) qui tisse sa toile sur le continent africain, la multiplication des dessertes de Royal Air Maroc (RAM) et les investissements des grands groupes publics comme l’Office chérifien des phosphates (OCP), l’Office national de l’électricité (ONE), l’Office national de l’eau potable (Onep) ou encore Maroc Télécom. Dans leur sillage, les PME-PMI se lancent dans l’aventure.

Pour les Marocains, l’Afrique est devenue une zone prioritaire en raison de son fort potentiel de croissance. D’ici à 2020, selon un rapport du McKinsey Global Institute, 128 millions de ménages y auront un revenu régulier, les dépenses de consommation annuelles tourneront autour de 970 milliards d’euros et le produit intérieur brut passera d’un peu plus de 1 100 milliards d’euros actuellement à environ 1 800 milliards d’euros… Et encore vingt ans plus tard, en 2040, avec 1,1 milliard de personnes en âge de travailler, le continent devrait concentrer une réserve mondiale de main-d’œuvre supérieure à celle de la Chine ou de l’Inde. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
Ouattara doit tenir ses troupes

Editorial précédent :
Noir = mercenaire

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

Najat Vallaud-Belkacem : bulldozer de charme

Najat Vallaud-Belkacem : bulldozer de charme

Depuis son arrivée au ministère de l'Éducation nationale, cette icône de la gauche d'origine marocaine suscite la haine de l'extrême droite. Mais Najat Vallaud-Belkacem n'en a cure : elle e[...]

Algérie - Maroc : le grand gâchis

Pour les cinq pays du Maghreb, le manque à gagner lié à l'absence d'intégration régionale est estimé à 7,5 milliards d'euros par an.[...]

Sciences humaines : explorer le Maghreb dans les pas de Driss Mansouri

Regroupant des articles de spécialistes reconnus, un ouvrage rend hommage au chercheur marocain Driss Mansouri.[...]

Afrique - France : Richard Attias, de Libreville à Marbella

Le publicitaire et homme d'affaires franco-marocain Richard Attias cultive ses réseaux au Congo comme au Gabon. On l'a vu ces dernières semaines non seulement à Libreville et à Marbella, lieu de[...]

Maroc : il se fait passer pour le roi... et prend trois ans de prison ferme

Un Marocain âgé de 30 ans a été condamné, lundi, à trois ans de prison ferme pour s’être fait passer pour le roi Mohammed VI, a indiqué une ONG locale.[...]

Maroc : saisie record de 226 kg de cocaïne pure

Les forces de sécurité marocaines ont saisi, dans la nuit du 4 au 5 septembre, une quantité record de 226 kilogrammes de cocaïne pure entre Agadir et Marrakech, soit plus d'une tonne de cocaïne de[...]

Exit l'alcool chez Marjane, au Maroc

 Le leader marocain de la grande distribution, Marjane, a fauit disparaître l'alcool de ses rayons. Décryptage.[...]

Algérie - Maroc : une relation désespérément bornée

Tranchées d'un côté, clôture de l'autre. Alors que le fossé entre les deux voisins ne cesse de se creuser, J.A. a enquêté, vingt ans après la fermeture de la[...]

Côté algérien : "Les Marocains ont le kif, nous avons le karkoubi !"

Depuis le 4 août, les douanes ont renforcé leurs contrôles. Pour le plus grand malheur des trafiquants, mais aussi des commerçants et transporteurs qui n'ont rien à se reprocher.[...]

Côté marocain : "Les Algériens tirent à vue sur nos mulets"

Dans la région de l'Oriental, de nombreux habitants sont devenus experts en contrebande. Les autres dénoncent une séparation absurde qui a coupé liens familiaux et commerciaux.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex