Extension Factory Builder
21/06/2011 à 08:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Homme engagé, le directeur général de Richbond a notamment créé la Banque alimentaire en 2002. Homme engagé, le directeur général de Richbond a notamment créé la Banque alimentaire en 2002. © Hassan Ouazzani

À la tête d’une entreprise de 1 200 salariés, Karim Tazi affiche son soutien aux manifestants du Maroc. Y compris sur le plan matériel.

« Tous les hommes d’affaires qui ont une cabine de première classe devraient se poser une question : serions-nous sur le Titanic ? » Karim Tazi aime répéter cette boutade à ses intervieweurs. Elle fait mouche depuis que le directeur général de Richbond, société leader dans le textile d’ameublement, la création et la vente de salons marocains, soutient ouvertement le Mouvement du 20 février. Le dirigeant d’une société de 1 200 salariés encourageant des manifestations, n’est-ce pas un paradoxe ? Lorsqu’on le taquine à ce sujet, il réagit vivement : « Ce qui a tué l’économie [du Maroc], ce sont les fonctionnaires en grève depuis des années et dont l’État paie les journées chômées. Au moins, les jeunes manifestent le week-end ! »

Cet entrepreneur de 50 ans, qui n’a pas la langue dans sa poche, a hérité des responsabilités de papa, membre du Parti démocratique de l’indépendance (PDI) puis du Parti communiste marocain (PCM), et de la fibre sociale de maman, féministe, cheville ouvrière de la Ligue marocaine pour la protection de l’enfance. « Un peu comme Obélix », Karim Tazi est tombé très tôt dans la marmite – politique –, mais son engagement dénote un esprit plus casse-cou. Électron libre, il crée la Banque alimentaire en 2002 et participe à la fondation du Réseau des associations de quartier (Resaq) en 2003. Président de l’Amith, fédération des professionnels du textile, entre 2004 et 2007, il sait aussi défendre bec et ongles une industrie nationale fragile « face à une compétition mondialisée féroce ». C’est clair, Karim Tazi aime le combat. Et la culture. Mécène, il a aidé les groupes de la nouvelle scène musicale, la fameuse Nayda, alors qu’il avoue « détester le rap et la musique urbaine ».

"Dépendants des marchés de l'État"

Son engagement aux côtés des manifestants lui a valu quelques ennuis. Accusé de financer le mouvement, il ne s’en cache pas : « Oui, j’ai aidé. Je l’ai fait par conviction. Je n’ai pas donné d’argent, mais du matériel, l’équivalent de 5 000 euros en ordinateurs et clés internet 3G. » Fin mai, un courrier préfectoral lui notifie une interdiction de manifester. « On m’en veut de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Dans les salons, les patrons pensent tous le plus grand mal du système, mais ils sont souvent dépendants des marchés de l’État. » 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Vilains barbus et belles barbantes

Vilains barbus et belles barbantes

Au cliché des arabes jihadistes, les belles orientales opposent des concours de Miss toujours plus nombreux. Avec plus ou moins de pertinence…[...]

Maroc : Farid Belkahia, dernier trait de pinceau

Le doyen de l'art moderne marocain, Farid Belkahia, est décédé jeudi 25 septembre à l'âge de 80 ans. Hommage à l'artiste, au voyageur, au sculpteur et au militant...[...]

Maroc - Espagne : neuf jihadistes liés à l'État islamique arrêtés

Une cellule liée aux jihadistes de l'État Islamique, basée dans l'enclave espagnole au Maroc de Melilla et la ville voisine marocaine de Nador, a été démantelée, a annoncé[...]

Maroc : Hassan Bouhemou quitte le holding royal SNI

Après 13 années à la tête de la SNI, Hassan Bouhemou quitte le groupe pour se consacrer à ses affaires personnelles. Une décision qui sera entérinée lors du prochain conseil[...]

Maroc-Algérie : à Oujda, bienvenue chez les Bouteflika !

Le président algérien a vu le jour et a fait sa scolarité dans cette ville de l'Oriental marocain, avant de rejoindre les rangs du FLN. Retour sur l'enfance d'un chef.[...]

Finance : Casablanca gagne 11 places dans l'indice GFCI

 Casablanca a fait un bond de 11 places et se hisse désormais à la 51e place du GFCI, le classement des places financières internationales (GFCI), devant Maurice, Moscou, Dublin et Madrid.[...]

Islamistes marocains : un modèle nommé AKP

Séduits par l'expérience concluante de leurs homologues turcs, les islamistes du PJD tentent, depuis 2007, de reproduire la recette AKP. Mais ils doivent composer avec un contexte politique radicalement [...]

Abdelmalek Alaoui, l'homme qui murmure à l'oreille des puissants

Sans renier l'héritage de son père, indéboulonnable ministre de Hassan II, Abdelmalek Alaoui ne doit sa réussite qu'à son talent. Fondateur de Global Intelligence Partners, il[...]

Réchauffement climatique : la carte des 15 lieux les plus menacés d'Afrique

À l'occasion du sommet sur le climat organisé le 23 septembre à New York par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "Jeune Afrique" publie sa carte des 15 lieux les plus[...]

"Les Tribulations du dernier Sijilmassi" : "burn out" sous le burnous avec Fouad Laroui

Qui n'a jamais eu envie de changer de vie ? Un ingénieur marocain, héros du dernier livre de notre collaborateur Fouad Laroui, en lice pour le Goncourt, y est bien résolu. Mais de la coupe aux[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers