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"La Conquête" : Saïda Jawal dans la peau de Rachida Dati

02/06/2011 à 14:00
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Ambition, pouvoir, bling bling, la campagne de Nicolas Sarkozy racontée sur grand écran. Ambition, pouvoir, bling bling, la campagne de Nicolas Sarkozy racontée sur grand écran. © Emilie de la Hosseraye

L’actrice d’origine marocaine Saïda Jawad incarne l’ancienne garde des Sceaux dans le film de Xavier Durringer, La Conquête.

Petite robe blanche et noire, chignon sage, sourire hésitant… Sur le tapis rouge qui conduit au Palais des festivals, à Cannes, Saïda Jawad a l’air de ceux qui préféreraient de loin être ailleurs. En haut des marches, il faut presque la forcer à passer au premier plan pour la photo de famille. Rien à voir avec la forte tête aux dents longues qu’elle incarne dans La Conquête, film tant attendu du réalisateur français Xavier Durringer. Dans ce long-métrage – qui raconte la campagne présidentielle de 2007 et la victoire de Nicolas Sarkozy – l’actrice incarne Rachida Dati, porte-parole du candidat, puis première garde des Sceaux d’origine maghrébine.

Sur le grand écran, Saïda Jawad a les cheveux courts, sa démarche est assurée, ses lèvres écarlates. Sa voix, ses expressions sont tellement calquées sur celles de l’original que, parfois, l’on ne fait plus la différence. « Troublant. Ça m’a rappelé de mauvais souvenirs… » ironise un journaliste à la sortie de la projection à Cannes, tant l’ex-ministre de la Justice a été controversée. Mais ça, ça ne compte pas pour Saïda Jawad. « Je ne fais pas de politique, cela ne m’intéresse pas. En revanche, j’ai trouvé sa nomination extraordinaire : une ministre jeune, jolie, intelligente et maghrébine… Une lueur d’espoir pour tous les enfants d’immigrés. » Les deux femmes ont en commun des parents arrivés du Maroc, dans les années 1960 pour Rachida Dati et 1970 pour Saïda Jawad. Des Maghrébins avides de se fondre dans la France et de faire de leur progéniture de vrais petits Gaulois.

Discrétion. Mais, contrairement à la femme politique, dont la vie personnelle s’est souvent retrouvée à la une de la presse people, l’actrice se dit parfois « agacée » du nombre d’informations qui peut circuler sur sa vie privée. « Mon âge ? Pour quoi faire ? » ; « Mes parents vont bien, j’ai deux frères et une sœur… et je préfère les laisser hors de tout ça » ; « Gérard [Jugnot, acteur français, son compagnon depuis 2004, NDLR] et moi, non, je ne préfère pas en parler. » La fille de Roubaix – elle y est née en 1973 – cultive cette discrétion propre aux gens du Nord. « Pour me connaître, il vaut mieux voir Monsieur Accordéon. » La première pièce de théâtre qu’elle a écrite et qui l’a fait connaître du grand public en 2006.

Elle y raconte sa vie de petite fille condamnée à faire ses gammes au lieu de jouer dehors avec ses copines. « Mon père voulait que je sois une vraie Française, alors il m’a inscrite à des cours d’accordéon », raconte-t-elle un rire dans la voix. « Je détestais cela. C’est pour ça que je me suis inscrite au club de théâtre au collège. » L’occasion parfaite pour retrouver ses copines et faire la même chose que toutes les filles de son âge. Elle évoque également le début de sa carrière : « Très vite, je me suis rendu compte que ça devenait plus qu’un passe-temps. » Et après le bac, Saïda Jawad entre au conservatoire de Roubaix, avant de partir à Paris, son diplôme et une ambition affirmée en poche.

Apparition. Commence la période de vaches maigres où elle court les castings… Jusqu’à ce qu’un coup de fil vienne tout changer. « Le théâtre d’Amiens cherchait une Antigone et la directrice avait eu mon contact par un directeur artistique lillois. J’ai passé l’audition et j’ai été retenue. » Après deux ans de tournée en France, elle tente le cinéma et la télé. Sa première apparition remarquable dans un long-métrage, ce sera dans le drame du réalisateur Chad Chenouga, 17, rue Bleue, en 2001.

Saïda Jawad enchaîne les longs-métrages et les téléfilms : Ali Baba et les 40 Voleurs (2007), Musée haut, musée bas (2008), Rose et Noir (2009), Aïcha, job à tout prix (2010)… À la rentrée, elle signera son premier scénario télé, Tout est bon dans le cochon, pour France 3. En attendant, elle planche déjà sur un autre projet, songe « pourquoi pas » à passer derrière la caméra, sans pour autant abandonner l’accordéon. Jadis tant détesté, aujourd’hui tant assumé. 

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