Extension Factory Builder

Kassoum Denon : "Nous n'avons jamais bradé des terres à qui que ce soit"

25/05/2011 à 15:42
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Kassoum Denon. Kassoum Denon. © Emmanuel Daou Bakary pour J.A.

L’ingénieur agronome, à la tête de l'Office du Niger depuis 2010, estime que les investissements locaux, libyens et chinois contribueront à atteindre l’objectif de 200 000 ha aménagés en 2020.

Jeune Afrique : Que répondez-vous à ceux qui accusent l’Office du Niger de brader ses terres ?

Kassoum Denon : Que ce soit pour Malibya Agriculture [société libo-malienne, NDLR], pour Tomota [groupe malien] ou pour les Chinois, nous n’avons ni donné ni même vendu des terres à qui que ce soit. L’Office du Niger ne vend pas les terres. Nous signons des contrats qui peuvent être dénoncés à tout moment si les clauses ne sont pas respectées. Tous ces investisseurs ont reçu des accords de principe qui leur permettent d’effectuer des tests. Parce que quand vous voulez produire du tournesol ou une variété de riz par exemple, il faut accéder à la terre pour faire des tests.

À ce jour, vous n’avez donc signé aucun bail ?

Seul le Grand distributeur céréalier du Mali [GDCM] a signé un bail emphytéotique portant sur 7 400 ha. Le groupe avait demandé une superficie de 20 000 ha, mais l’étude de son projet ne nous a pas permis de lui attribuer cette surface. En fait, nous prenons nos décisions en nous référant à la disponibilité de l’eau et du sol par rapport à la culture qui sera développée.

C’est en réalité le projet libyen qui a suscité beaucoup d’émoi. Vous assurez-vous que la production profitera aussi au pays ?

Beaucoup de bruit a été fait autour de ce projet, sans que les gens en connaissent les vrais contours. La Libye a construit 40 km de canaux, dont un canal adducteur qui nous permet d’aménager 300 000 ha pour les petits distributeurs. Les villageois qui ont été déplacés dans le cadre de ce projet ont été indemnisés à hauteur de 130 millions de F CFA. Le Mali n’aurait pu réaliser cet investissement en raison des contraintes budgétaires. Pour l’heure, la Libye n’a pas exploité un seul hectare. Avant que n’éclate la guerre dans ce pays, ce qui a suspendu tous les travaux, nous étions en train de négocier l’exploitation d’une première tranche de 6 000 ha, compte tenu de la disponibilité de l’eau.

Quels sont vos objectifs en termes d’aménagement et de production ?

Dans notre schéma directeur, nous visons 200 000 ha aménagés en 2020. Mais si des investisseurs privés peuvent nous permettre d’aller plus vite, nous sommes ouverts à travailler avec eux, tant que cela se fait dans le respect de la loi. Aujourd’hui, 600 000 tonnes de riz proviennent de la zone de l’Office du Niger. Nous voulons atteindre, grâce aux nouveaux aménagements, 1 million de tonnes de riz paddy à l’horizon 2012-2013.

__

Propos recueillis par Stéphane Ballong, envoyé spécial au Mali

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : Moussa Mara, jeune premier...

Mali : Moussa Mara, jeune premier...

Nommé le 5 avril, le nouveau chef du gouvernement n'a que 39 ans.[...]

Mali : Gilbert Rodrigues Leal, questions sur une mort présumée

Entre la communication tardive des jihadistes et ce que savaient les autorités françaises depuis décembre 2013, plusieurs points d'interrogations entourent l'annonce de la mort de l'otage français[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Mali : les cinq humanitaires capturés en février ont été libérés par l'armée française

Les cinq humanitaires maliens, dont quatre employés du Comité international de la Croix-Rouge au Mali, capturés le 8 février ont été libérés jeudi par l'armée[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait une visite d'État au Sénégal, du 13 au 16 avril. Retour sur les raisons de cette visite.[...]

Mali - France : le ton monte

Les rapports entre le Mali et la France sont exécrables depuis plusieurs mois. Plus récemment, l'"affaire" Tomi et, surtout, la situation à Kidal n'arrangent rien.[...]

Terrorisme - Iyad Ag Ghaly : arrête-moi si tu l'oses !

Recherché pour terrorisme par le monde entier, le chef touareg Iyad Ag Ghaly semble pourtant poursuivi avec bien peu d'ardeur. Et pour cause : il reste un acteur essentiel dans la région.[...]

Le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar retiré en Libye ?

Selon le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la présence en Libye de Mokhtar Belmokhtar serait une menace pour la paix. Le jihadiste algérien et ses hommes avaient occupé pendant[...]

Jean-Yves Le Drian : "IBK doit négocier, Samba-Panza aussi"

Mali, Centrafrique, Libye... Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconduit à son poste le 2 avril, est sur tous les fronts africains. Entretien avec un Breton sans états[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces