Jacques Anouma : "À qui profite le crime ? "

20/05/2011 à 18h:46 Propos recueillis par Alexis Billebault
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Jacques Anouma, membre du comité exécutif de la Fifa. Jacques Anouma, membre du comité exécutif de la Fifa. © D.R.

Soupçonné d’avoir monnayé son vote pour l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Jacques Anouma, président de la Fédération ivoirienne de football et membre du comité exécutif de la Fifa, répond aux accusations.

Jeune Afrique : Comment réagissez-vous aux accusations de corruption lancées par l’hebdomadaire britannique The Sunday Times ?

Jacques Anouma : Je me suis réveillé le lendemain de ces accusations avec une énorme migraine. J’ai bien sûr accusé le coup, mais je vais réagir. Car salir les gens de cette façon, sans preuves, c’est aberrant. Je ne suis pas abattu, juste en colère. Mais j’ai la conscience tranquille. Je ne suis pas concerné par cette affaire.

Le Sunday Times parle de 1,5 million de dollars…

Oui, mais moi, je n’ai rien touché ! Et puis, s’agit-il d’une somme globale pour Issa Hayatou et moi-même, ou aurions-nous touché 1,5 million chacun ? Je le répète, je suis tranquille. J’attends que cet hebdomadaire sorte ses fameuses preuves. Pourquoi ne les apporte-t-il pas tout de suite ?

Ce n’est pas la première fois que des affaires de corruption éclaboussent la Fifa et que des Africains sont concernés…

Mais à qui profite le crime ? Car il y a forcément quelqu’un qui tire les ficelles. Je vais essayer de savoir de qui il s’agit, car porter de telles accusations, c’est extrêmement grave. J’ai la conviction que c’est toujours la même personne qui est derrière tout ça. Nous finirons par le savoir. Issa Hayatou a été souvent accusé, mais sans preuves. Là, c’est mon tour.

Donc vous affirmez n’avoir pas touché un sou du Qatar ?

Mais bien sûr ! Si cela avait été le cas, l’affaire serait sortie depuis longtemps. Depuis que la Coupe du monde 2022 a été attribuée au Qatar, il y a des polémiques, des suspicions, des accusations, des sous-entendus…

Ces accusations surviennent alors que le congrès électif de la Fifa s’apprête à désigner un nouveau président, le 1er juin, à Zurich (Suisse). « Sepp » Blatter aura pour adversaire le Qatari Mohamed Ibn Hammam. Y a-t-il un lien, selon vous ?

Sans doute. Depuis plusieurs mois, le climat est très tendu à la Fifa. C’est normal, les élections approchent. Et en 2013, on élira le président de la Confédération africaine de football (CAF). Deux échéances aussi importantes peuvent expliquer l’emploi de certaines méthodes…

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