Il est, à son insu dit-il, à l’origine du scandale. Présent à la réunion du 8 novembre, Mohammed Belkacemi en a enregistré les débats. Mais qui est-il au juste ?
Jusqu’au 4 mai, il était totalement inconnu du grand public. Depuis, Mohammed Belkacemi, 49 ans, conseiller technique national pour le football dans les quartiers à la Direction technique nationale (DTN) et adjoint du sélectionneur de l’équipe de France des moins de 21 ans de futsal (football en salle) se retrouve bien malgré lui sous le feu des projecteurs. Et, même, sur le gril…
Car, comme il l’a reconnu le 4 mai, c’est bien lui qui a enregistré les débats de la fameuse réunion du 8 novembre 2010 à l’insu de ses participants, ce qui pourrait lui valoir une sanction interne ainsi que des poursuites judiciaires. « Je ne suis pas une taupe, a-t-il expliqué le 4 mai à nos confrères de la chaîne InfoSport. J’ai enregistré [cette] réunion pour témoigner en interne des propos inqualifiables que j’avais entendus auparavant. J’ai remis le seul enregistrement à la Fédération le 9 novembre pour confirmer mes propos. Depuis cette date, [il] n’est plus entre mes mains. […] Je n’ai donc jamais remis un enregistrement à un journaliste. Maintenant, je m’interroge, comme tout le monde, pour savoir qui avait intérêt à [le] sortir. »
Ordre du mérite
Belkacemi aurait remis la cassette à André Prévosto, le directeur adjoint de la Fédération française de football (FFF), un proche de Fernand Duchaussoy, son président.
Ancien joueur du Red Star Montreuil, du Paris FC, de Villecresnes, Gueugnon, Tours et Orléans (avec qui il a disputé trois matchs en Ligue 2), Belkacemi – qui est d’origine kabyle – est devenu éducateur et entraîneur à Orly, au CA Paris et au Red Star Montreuil, puis conseiller technique départemental au sein de la Ligue de Paris. Très apprécié pour son activité d’éducateur dans les quartiers (comme en témoigne la lettre ouverte que treize responsables de la région parisienne ont signée dans le quotidien Libération du 6 mai), il a ensuite occupé les fonctions d’adjoint d’Henri Émile – un proche de Laurent Blanc – en équipe de France de futsal des moins de 21 ans.
Fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2009, Belkacemi entretenait, selon certaines sources, des relations conflictuelles avec certains membres de la DTN, parmi lesquels François Blaquart, dont la nomination à la tête de cette instance lui aurait déplu. Il aurait également mal vécu de ne pas avoir été nommé sélectionneur de l’équipe de futsal des moins de 21 ans. « J’ai l’impression que toute cette affaire sent le règlement de comptes », confie le dirigeant d’un club professionnel. Les conclusions de l’enquête menée conjointement par la FFF et l’Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS), attendues en ce début de semaine, devraient permettre d’en savoir plus.

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