Bineta Diop, fondatrice de l'ONG Femmes Africa Solidarité (FAS).
© Stephen Lovekin/Getty Images for Time/AFP
La Sénégalaise Bineta Diop, fondatrice de l’ONG Femmes Africa Solidarité, figure au classement Time des 100 personnalités qui font bouger le monde.
En ce 26 avril 2011, le Jazz at Lincoln Center de New York accueille du beau monde. Dans la célèbre salle de concert sont réunis les « 100 » de 2011, ceux qui, selon le magazine Time, font bouger le monde, ainsi que de prestigieux invités. Côté africain, quatre petits nouveaux ont fait leur entrée au classement : l’avocat libyen Fathi Terbil, le blogueur égyptien Waël Ghonim, le rappeur tunisien El Général et la Sénégalaise Bineta Diop, fondatrice de l’ONG Femmes Africa Solidarité (FAS).
Entourée de stars du cinéma, de businessmen ou d’hommes politiques, la native de Guéoul (nord-ouest du Sénégal) ne se sent nullement impressionnée. Elle en a vu d’autres. La directrice exécutive de FAS est souvent sollicitée par les chefs d’État de l’Union africaine (UA), s’entretient régulièrement avec Ban Ki-moon, travaille avec Graça Machel, l’épouse de Nelson Mandela… À 61 ans – elle en paraît vingt de moins –, elle a sillonné le monde, serré la main des plus grands, mais a choisi de se consacrer aux femmes africaines meurtries dans leur reconstruction.
Un besoin qui lui vient de sa mère, Marèma Lô, militante féministe de la première heure. « Elle nous a toutes mises à l’école, mes trois sœurs et moi, et nous a encouragées à aller le plus loin possible, explique Bineta Diop. Et en tant que vice-présidente des femmes de l’Union progressiste sénégalaise [le parti de Senghor, NDLR], elle m’a appris à qui il fallait s’adresser pour faire bouger les choses. »
Mariée à 19 ans, Bineta Diop passe son bac à Addis-Abeba, où son mari, diplomate, est en poste, avant de poursuivre ses études à Paris et d’entrer, en tant que coordinatrice de projet, à la Commission internationale des juristes, à Genève, en 1981. Une ONG qu’elle quittera quinze ans plus tard pour créer FAS, « parce que l’on parle toujours des hommes, mais jamais des femmes ».
Depuis 1996, FAS a fait bien du chemin. L’ONG a des bureaux à Dakar, New York, Genève, mais aussi au Soudan, en RD Congo et au Tchad. Non seulement elle est au cœur des processus de réconciliation au Burundi, en Centrafrique et au Liberia, mais elle intervient également dans la formation de soldats sur les droits de l’homme… et de la femme.
Ce n’est pas pour autant que Bineta Diop lève le pied : elle prépare un PhD au Centre d’études stratégiques de Paris. Thème de son mémoire : Femmes, paix et sécurité.

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