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Julien Boyer : "Davantage d'entreprises marocaines s'intéressent à l'optimisation énergétique"

04/05/2011 à 14:37
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Julien Boyer est le patron et cofondateur de RIO, homologué par l'Aderee. Julien Boyer est le patron et cofondateur de RIO, homologué par l'Aderee. © Hassan Ouazzani pour J.A.

Bientôt, les entreprises devront réaliser des audits pour réduire leur consommation. Entretien avec le directeur général délégué de Reduce Invent Optimize (RIO), première start-up marocaine du secteur.

Jeune Afrique : Qu’est-ce qui va changer en matière d’audit énergétique ?

Julien Boyer : L’optimisation énergétique s’inscrivait jusqu’à présent dans une démarche volontaire des entreprises. Très prochainement, un projet de loi sur l’efficacité énergétique sera examiné au Parlement. Il vise à mettre en place les obligations et les moyens nécessaires pour réduire la consommation, à travers le respect de performances énergétiques minimales, l’instauration d’un audit obligatoire au-delà d’un certain seuil de consommation, l’analyse des rendements des équipements, la réalisation d’études d’impact pour les nouveaux projets et la mise en œuvre du contrôle technique.

Quelle est l’ampleur du marché ?

Actuellement, près d’une vingtaine de bureaux d’études homologués au Maroc par l’Agence pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique [Aderee] proposent des prestations d’audit. De plus en plus d’entreprises s’intéressent à l’optimisation énergétique, qui leur permet de réaliser d’importants bénéfices en termes de compétitivité et d’image.

Tous les secteurs sont concernés. De grandes entreprises publiques et privées, des collectivités ainsi que des sociétés en cours de certification – ISO 14001, etc. – nous adressent des demandes spontanées. Pour les PME, un réel travail de sensibilisation reste à faire. Souvent, nous constatons l’absence de budget pour réaliser un plan d’investissement comprenant le diagnostic, les actions à mettre en œuvre et le suivi. Les choses devraient changer avec la mise en place de nouvelles incitations fiscales et douanières, l’implication du secteur bancaire et l’innovation en matière de montage financier.

Quelles prestations attendre d’un cabinet spécialisé ?

En matière d’études, cela va du pré­diagnostic rapide, qui met en évidence les grands axes d’amélioration, au diagnostic détaillé avec plan de mesures élaboré, et aux études spécifiques – simulation thermique dynamique d’un bâtiment, faisabilité en termes d’énergies renouvelables, bilan carbone, etc.

Concernant l’accompagnement dans la mise en œuvre des actions, notre travail consiste à sélectionner les différentes solutions envisageables et leur retour sur investissement : éclairage efficient, chauffage solaire, chaudières à haut rendement, optimisation de la climatisation, détecteurs de présence, utilisation de matériaux d’isolation, maintenance préventive, réglages des appareils et gestion de l’énergie à distance, sensibilisation du personnel…

Enfin, pour ce qui est de la comptabilité énergétique, nous permettons aux entreprises de gérer à distance et en temps réel leurs consommations pour les différents postes, avec systèmes d’alertes.

Les sociétés bénéficient-elles d’aides pour réaliser ces études ?

Certaines incitations existent déjà, notamment la réduction des droits de douane à 2,5 % ou la baisse de la TVA à 14 % pour les chauffe-eau solaires. Mais si l’on veut que les actions d’efficacité énergétique se généralisent, il faut encourager les entreprises à investir : prêts à taux bonifié, subventions, avantages fiscaux et douaniers… Par ailleurs, l’Aderee et ses partenaires tels que le Programme des Nations unies pour le développement [Pnud] ou la Banque africaine de développement [BAD] ont subventionné des projets pilotes pour la réalisation d’audits énergétiques dans l’industrie et le bâtiment.

___

Propos recueillis par Pascal Airault.

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