Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, dénonce les dérives du débat sur la laïcité.
Jeune Afrique : Lors de sa construction, en 1922, la Grande Mosquée de Paris a bénéficié d’une aide de l’État. Une entorse à l’article 2 de la loi de 1905 ?
Dalil Boubakeur : En 1917, le gouvernement avait donné son accord, en hommage aux musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Ce geste s’est concrétisé par la loi de 1920, qui a accordé une subvention de 500 000 francs pour la construction. La ville de Paris a, pour sa part, fait don du terrain. Aujourd’hui, la mosquée vit grâce à ses propres ressources. Et à un financement algérien qui n’est qu’un budget d’appoint.
Faut-il légaliser le financement public des mosquées françaises ?
Il n’y a pas urgence à réformer l’article 2 de la loi de 1905. Les subventions, qui devraient alors bénéficier à toutes les religions, seraient minimes, et, petit à petit, l’État deviendrait le propriétaire des mosquées. Mieux vaut pour l’instant construire des lieux de culte pas très onéreux, financés par les fidèles avec l’aide a minima des pouvoirs publics. Surtout, la solidarité entre les mosquées est une voie d’avenir.
Après avoir dénoncé le débat sur la laïcité, vous avez accepté le principe de sa tenue en recevant Jean-François Copé, le patron de l’UMP, puis avez déclaré que la Grande Mosquée de Paris n’y participerait pas…
Si j’ai reçu Jean-François Copé, c’est uniquement sur la question des prônes en français, qu’il souhaitait inclure dans le débat. Cette ingérence eût été inacceptable, aussi a-t-il modifié sa position. Je n’ai pas refusé le débat sur la laïcité, mais j’en ai dénoncé la dérive concernant l’islam. Nous avons décliné l’invitation car, eu égard à la vive émotion de la communauté musulmane, je ne souhaitais être ni un alibi ni une caution.
__
Propos recueillis par Justine Spiegel

François Hollande en visite express à Addis-Abeba pour les 50 ans de l'(O)UA
50 ans de l'UA : panafricanisme, la longue marche vers l'unité
Chronologie : l'UA, une institution en mouvement







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Soldats du mouvement rebelle congolais du M23, le 1er décembre 2012 à Goma
L'ancien patron d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent (2e g), le 17 septembre 2012 à Lomé
Capture d'une vidéo de la chaîne nigérienne Télé Sahel montrant les débris du véhicule ayant servi à un attentat suicide le 23 mai 2013 à Agadez
Capture d'écran non datée d'une vidéo fournie par l'agence mauritanienne Ani montrant Mokhtar Belmokhtar
Photo fournie le 20 janvier 2013 par SITE Intelligence Group de Mokhtar Belmokhtar
Un opposant après la dispersion d'une manifestation le 23 mai 2013 à Lomé
Le porte-parole du groupe salafiste jihadiste Ansar Asharia, Seifeddine Raïs, le 16 mai 2013 à Tunis
Cette photo publiée le 22 mai 2013 par la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid) montre une réfugiée qui a quitté les régions de Labado et Muhajeria, à l'est du Darfour











