Secrétaire d’État tunisien au Développement régional et local, Mohamed Néjib Karafi veut parer au plus pressé pour stabiliser les régions prioritaires. Une enveloppe de 1,483 milliard de dinars sera octroyée au développement local et permettra de lutter contre les disparités.
Jeune Afrique : En cent jours, la population de Sidi Bouzid a récusé trois gouverneurs à qui elle reproche d’arriver sans budget ni plan de développement local. Que lui répondez-vous ?
Mohamed Néjib Karafi : Que la déstabilisation de l’administration est contre-productive. Pour élaborer des budgets et s’occuper du programme de développement local, encore faut-il pouvoir travailler. Sur les cent jours que vous évoquez, combien de journées de travail dans la sérénité a eues le gouvernement ? Cela dit, nous avons avancé et pris des mesures urgentes pour relancer un tant soit peu la vie économique dans nos régions.
Quelle est votre priorité ?
La première est d’ordre financier. La loi de finances 2011 prévoit une enveloppe de 1,232 milliard de dinars [620 millions d’euros] pour le développement local. Le dernier Conseil des ministres a décidé de l’augmenter de 251 millions. Pour mieux lutter contre les disparités régionales, nous avons établi des critères de manière à identifier les régions prioritaires, sur la base de la démographie, du taux de chômage, dont celui des diplômés-chômeurs, ainsi que du taux de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté. En outre, le gouvernement a décidé de recruter 20 000 fonctionnaires, au lieu des 10 000 que permettent nos objectifs de croissance. Autre effort du gouvernement : la réduction du temps nécessaire au recrutement dans la fonction publique, qui est passé de huit à deux mois. Cela nous permettra de recruter dès le 1er juin. Mais aucun programme ne saurait être efficace sans une relance de l’économie locale, paralysée par l’instabilité et l’insécurité.
Vous voulez dire que la fièvre révolutionnaire n’est pas retombée ?
Je veux dire que la contestation permanente, la revendication de « tout et maintenant » consument beaucoup d’énergie. Nous avons peu de temps et les chantiers sont immenses. Mais je sens comme un vent de rationalité ; la société civile s’implique, et les associations locales préfèrent désormais nous envoyer une plateforme de propositions plutôt que d’organiser des sit-in.

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