Extension Factory Builder

Mohamed Néjib Karafi : "La déstabilisation de l'administration tunisienne est contre-productive"

04/05/2011 à 11:43
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed Néjib Karafi. Mohamed Néjib Karafi. © Nicolas Fauqué/imagesdetunisie.com

Secrétaire d’État tunisien au Développement régional et local, Mohamed Néjib Karafi veut parer au plus pressé pour stabiliser les régions prioritaires. Une enveloppe de 1,483 milliard de dinars sera octroyée au développement local et permettra de lutter contre les disparités.  

Jeune Afrique : En cent jours, la population de Sidi Bouzid a récusé trois gouverneurs à qui elle reproche d’arriver sans budget ni plan de développement local. Que lui répondez-vous ?

Mohamed Néjib Karafi : Que la déstabilisation de l’administration est contre-productive. Pour élaborer des budgets et s’occuper du programme de développement local, encore faut-il pouvoir travailler. Sur les cent jours que vous évoquez, combien de journées de travail dans la sérénité a eues le gouvernement ? Cela dit, nous avons avancé et pris des mesures urgentes pour relancer un tant soit peu la vie économique dans nos régions.

Quelle est votre priorité ?

La première est d’ordre financier. La loi de finances 2011 prévoit une enveloppe de 1,232 milliard de dinars [620 millions d’euros] pour le développement local. Le dernier Conseil des ministres a décidé de l’augmenter de 251 millions. Pour mieux lutter contre les disparités régionales, nous avons établi des critères de manière à identifier les régions prioritaires, sur la base de la démographie, du taux de chômage, dont celui des diplômés-chômeurs, ainsi que du taux de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté. En outre, le gouvernement a décidé de recruter 20 000 fonctionnaires, au lieu des 10 000 que permettent nos objectifs de croissance. Autre effort du gouvernement : la réduction du temps nécessaire au recrutement dans la fonction publique, qui est passé de huit à deux mois. Cela nous permettra de recruter dès le 1er juin. Mais aucun programme ne saurait être efficace sans une relance de l’économie locale, paralysée par l’instabilité et l’insécurité.

Vous voulez dire que la fièvre révolutionnaire n’est pas retombée ?

Je veux dire que la contestation permanente, la revendication de « tout et maintenant » consument beaucoup d’énergie. Nous avons peu de temps et les chantiers sont immenses. Mais je sens comme un vent de rationalité ; la société civile s’implique, et les associations locales préfèrent désormais nous envoyer une plateforme de propositions plutôt que d’organiser des sit-in. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : pourquoi l’armée n’y arrive pas

Tunisie : pourquoi l’armée n’y arrive pas

Dans une enquête exclusive à paraître dans son numéro 2798, Jeune Afrique explique pourquoi l'armée tunisienne n'arrive pas à reprendre le contrôle du Mont Chaâmbi, foyer de l'[...]

Tunisie : 74 migrants venus de Libye recueillis par des pêcheurs

Des pêcheurs tunisiens ont recueilli jeudi soixante-quatorze migrants qui tentaient de gagner l'Italie depuis la Libye. Ils avaient erré cinq jours en mer.[...]

Diaporama : "Djerbahood", le street art s'invite en Tunisie

Cet été, des graffeurs du monde entier ont investi les ruelles d'Erriadh, une petite bourgade de l'île de Djerba, pour réaliser une expérience inédite de street art en Tunisie. Armés[...]

Tunisie : frictions entre la Défense et la présidence pour la succession du général Hamdi

La question de la succession du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Mohamed Salah Hamdi, remplacé le 12 août par Ismaïl Fathalli, a opposé le président[...]

Douze chefs d'État africains avec Hollande aux cérémonies du débarquement en Provence

François Hollande accueille ce vendredi 13 chefs d'État, dont douze africains, à bord du Charles-de-Gaulle pour les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement de Provence avec en point[...]

IIe guerre mondiale : les victoires oubliées des "indigènes"

Avant le grand débarquement, la reconquête des Alliés est amorcée par la Corse et l'Italie. Des batailles aussi épiques que méconnues menées par les[...]

Salma Hamza, architecte tunisienne : "La modernité peut très bien respecter le traditionnel"

L'architecte tunisienne Salma Hamza milite pour la réhabilitation des matériaux traditionnels. Et la restauration du patrimoine de son pays. Interview.[...]

Tunisie : des balles et des morsures

Depuis la révolution (des épines) du jasmin, les Tunisiens comptent plus de journées de deuil que de fêtes nationales (mises sous éteignoir), créant un climat[...]

Tunisie : Mondher Zenaidi va-t-il revenir sur la scène politique ?

Exilé volontaire à Paris depuis trois ans, l'ex-ministre du Commerce de Ben Ali reste populaire dans son fief de Kasserine comme dans les milieux destouriens. Cédera-t-il à la tentation de[...]

Tirailleurs : le chagrin des indigènes

Tierno Monénembo est un écrivain guinéen, Prix Ahmadou-Kourouma 2012 pour Le Terroriste noir, sur Addi Bâ, héros méconnu de la Résistance..[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex