Déjà Paris, bientôt Shanghai, New York… Le groupe Ecobank poursuit sa stratégie internationale. Objectif : être présent sur les principales places financières pour attirer des fonds vers le continent.
Jeune Afrique : En 2009, ETI a entamé un développement à l’international avec l’ouverture d’une filiale à Paris, EBI SA. Quel bilan en tirez-vous ?
Arnold Ekpe : Nous enregistrons une évolution intéressante des activités de cette filiale [en 2010, le total de bilan a augmenté de 420 % sur un an, à 238 millions d’euros, NDLR]. Nos activités de financement du commerce avec l’Afrique, de change, de trésorerie, etc., progressent. Nous en sommes satisfaits et demeurons optimistes.
Comptez-vous dupliquer l’opération à Londres ?
À Londres, nous avons juste ouvert un bureau de représentation. Nous n’avons pas d’agrément pour y exercer une activité bancaire proprement dite. En fait, notre ambition est d’être présent sur les principales places financières internationales – Londres, Dubaï, Shanghai et New York.
A l’international, comment envisagez-vous de vous positionner par rapport à la concurrence ?
Nous intervenons sur trois activités principales. D’abord le financement du commerce, dans lequel nous travaillons avec des banques étrangères, notamment sur les transferts de paiements et le change. Ensuite la banque d’investissement, par laquelle nous aidons les entreprises africaines à lever des fonds pour le financement de leur développement et fournissons des conseils aux investisseurs qui veulent acheter ou vendre des entreprises en Afrique. Dans toutes ces activités à l’international, notre objectif est de drainer les capitaux vers le continent, parce que nous y sommes fortement présents, contrairement aux investisseurs occidentaux.
Comment expliquez-vous que des analystes et des investisseurs considèrent encore Ecobank comme une banque nigériane ?
Je ne saurais vous le dire. D’abord, notre maison mère est basée au Togo. On pourrait, à la rigueur, dire que nous sommes une banque togolaise, même si ce n’est pas le cas. Ensuite, le Nigeria représente près de 30 % de nos activités, donc plus de 70 % se déroulent en dehors du Nigeria. Nous ne sommes pas une banque nigériane, et les investisseurs étrangers le savent.
On vous reproche aussi de ne pas avoir un actionnaire de référence qui vous aide à lever facilement des fonds…
Lorsque vous prenez les grandes banques occidentales, pouvez-vous me dire qui sont leurs actionnaires de référence ? La question, à mon avis, n’est pas d’avoir un actionnaire de référence. La bonne question consiste à savoir ce que nous voulons faire d’Ecobank : un champion du secteur bancaire en Afrique. Pour y parvenir, les Africains doivent investir dans Ecobank pour en faire une grande banque capable de financer le développement du continent.

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