Extension Factory Builder

Mohamed Ghariani : "Fini l'omnipotence du parti majoritaire tunisien"

08/02/2011 à 11:58
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed Ghariani, secrétaire général du RCD. Mohamed Ghariani, secrétaire général du RCD. © Hichem

En septembre 2008, Mohamed Ghariani devient le secrétaire général de l’ex-parti au pouvoir et, en réalité, son numéro trois. Après la fuite du président déchu et la démission de Mohamed Ghannouchi, qui était le numéro deux, il en est aujourd’hui la seule adresse connue.

Jeune Afrique : Quand avez-vous vu Ben Ali pour la dernière fois ?

Mohamed Ghariani : C’était le 11 janvier, au palais de Carthage, trois jours avant sa fuite

Comment l’avez-vous trouvé ?

Il était inquiet. Il n’arrêtait pas de s’étonner et de dire qu’il cherchait à comprendre… Il était dépassé par les événements. Et je suis sorti de l’entretien avec l’impression qu’il n’avait pas encore compris. 

Que vous a-t-il dit ?

Il a reproché au RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, NDLR] de n’avoir rien fait pour contrer les manifestations. Je lui ai répondu que les destouriens [les adhérents du RCD] ont eux aussi des enfants au chômage, dont certains ont même été tués.

On dit pourtant que le RCD avait des milices…

Non, le RCD n’a pas de milices. Il n’a aucun lien avec la répression de la révolte populaire. Les membres du parti ne sont pas intervenus dans les régions. Ils ont reçu pour consigne de ne pas aggraver la situation du pays. Puis ils se sont solidarisés avec les manifestants de leurs villes quand ils ont vu qu’il y avait des morts. Le RCD était déjà mort, le système l’avait tué. J’avais essayé de le ranimer, mais il ne répondait plus. Aujourd’hui, je n’ai rien, je ne dirige rien. Il n’y a plus de parti. 

Quel avenir politique pour la Tunisie ?

La Tunisie ne peut plus être gouvernée par un seul parti, mais par une coalition. Fini l’omnipotence du parti majoritaire. Nous sommes tous des victimes du régime [de Ben Ali]. Les événements sont une occasion pour nous tous de construire une Tunisie nouvelle. 

Quelles conséquences pour le RCD ?

Il faut en changer le nom et le règlement intérieur. Je suis pour la séparation totale du parti et de l’État [décidée par le gouvernement élargi]. Aujourd’hui, et pour la première fois depuis l’indépendance, le RCD n’a pas un chef d’État à sa tête. Il est devenu un parti parmi d’autres.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Les Tunisiens votent pour élire un président et tourner la page de la transition

Les Tunisiens votent pour élire un président et tourner la page de la transition

En se choisissant un nouveau chef d’État dimanche, la Tunisie tournait, avec émotion ou indifférence, la page d’une transition postrévolutionnaire qui aura duré quatre ans. Un scrut[...]

Présidentielle historique en Tunisie, un mort dans une attaque

Les Tunisiens votaient dimanche pour élire leur président après une transition chaotique de quatre ans dans ce pays où les tensions restent vives, un homme armé ayant été[...]

Présidentielle tunisienne : soulagement général à la fin de la campagne

Le 21 décembre, les Tunisiens décideront qui de Moncef Marzouki ou Béji Caïd Essebsi sera le premier président postrévolution légitimé par les urnes. Jusqu’au bout, les[...]

Tunisie : fin de la campagne pour le second tour de l'élection présidentielle

Les Tunisiens de l'étranger, notamment en France, ont commencé à voter dès vendredi, dernier jour de la campagne pour le second tour de la présidentielle, qui opposera dimanche Moncef Marzouki[...]

Tunisie : le "cas" Marzouki divise Ennahdha

À quelques jours de la présidentielle, au sein du parti islmaiste tunisien Ennahdha, on se demande comment gérer le "cas" Moncef Marzouki avec un minimum de dommages collatéraux ?[...]

Tunisie : des jihadistes revendiquent les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi

Abou Mouqatel (de son vrai nom Abou Bakr al-Hakim), un jihadiste tunisien recherché par les autorités, a revendiqué mercredi l'assassinat de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi, tués en 2013.[...]

Documentaire : trois garçons, une fille et la révolution

Mêlant fiction et réalité, la réalisatrice Raja Amari raconte les prémices et le déroulement de la révolution tunisienne à travers quelques documents d'archives,[...]

Marzouki : "Mohamed Bouazizi est devenu un symbole qui a franchi les frontières tunisiennes"

Le président tunisien Moncef Marzouki a tenu un meeting de campagne pour sa réélection à Sidi Bouzid, mercredi, jour anniversaire de l'immolation de Mohamed Bouazizi, un des symboles de la[...]

Tunisie - Aziz Krichen : "Marzouki est l'esclave de sa propre passion dévorante du pouvoir"

À quelques jours du second tour du scrutin présidentiel prévu le 21 décembre, Aziz Krichen, ancien ministre-conseiller en affaires politiques de Moncef Marzouki, analyse les récents changements[...]

Tunisie : Hamadi Jebali, à droite toute !

Déçu des orientations prises par Ennahdha, le dirigeant islamiste tunisien claque la porte du parti. Et prépare la suite... en essayant de doubler Marzouki sur sa droite.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers