Au sommet Afrique-Union européenne de Tripoli, les 29 et 30 novembre, George Forrest a présenté une série de propositions pour améliorer le climat économique sur le continent.
Jeune Afrique : Sécurité juridique, transparence, code éthique, réglementation des sociétés offshore… Vos suggestions risquent de faire des mécontents, notamment en RDC, car le tableau que vous dressez n’est guère reluisant…
George Forrest : Je ne pense pas faire de mécontents. Mes recommandations viennent au contraire conforter les gouvernants. Tout dirigeant qui veut le bien de son peuple devrait être favorable à ces propositions. La question est : comment attirer les investisseurs pour favoriser les transferts de technologie et créer de la valeur ajoutée ? C’est le seul moyen de développer le continent.
Quel regard portez-vous sur la revisitation des contrats miniers, et notamment l’éviction de First Quantum ?
Ne nous voilons pas les yeux, cet épisode n’a pas encouragé les investisseurs à venir en RDC. Les opérateurs économiques doivent se sentir à l’aise quand ils lancent des opérations et mènent des transactions.
Vous dénoncez des « interférences » et réclamez une réglementation sur les sociétés offshore. Vous prenez des risques…
Sur certains dossiers traités par mon groupe, il y a eu des interférences. C’est dommageable. Je suis donc pour une transparence totale et j’estime que les détenteurs des sociétés offshore présentes dans les pays à faible gouvernance doivent être connus pour lutter contre les éventuels conflits d’intérêts.
Vous êtes également sans concession vis-à-vis de l’Union européenne et vous préconisez les deals à la chinoise. Êtes-vous sérieux ?
Arrêtons de faire des dons à l’Afrique, oublions notre complexe de colonisateur et voyons les choses comme elles sont : 1 % de croissance représente plus de deux fois et demie l’aide publique au développement versée sur le continent. L’Europe pourrait très bien participer au développement économique en apportant des financements garantis et remboursés en marchandises. Mais à la différence des Chinois, ces fonds seraient affectés sur appel d’offres ouvrant la possibilité aux sociétés européennes et africaines de soumissionner. Pour l’heure, ce sont les Chinois qui raflent tous les marchés de gré à gré, profitant au passage de l’aide internationale !

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