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Andris Piebalgs : "Nous devons tenir nos promesses"

23/08/2010 à 15:29
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Andris Piebalgs. Andris Piebalgs. © Reuters

En février, le diplomate letton a quitté son poste de commissaire européen à l’Énergie pour celui de commissaire au Développement, qu’occupèrent  avant lui Karel De Gucht et Louis Michel. Il dresse un premier bilan de son action.

Jeune Afrique : Les promesses d’aide publique au développement (APD) faites par les pays industrialisés risquent de ne pas être tenues d’ici à 2015. À quoi bon faire des promesses qu’on ne tient pas ?

Andris Piebalgs : Je ne suis pas aussi catastrophiste que vous. En juillet, alors que l’Union européenne était encore en crise, ses membres ont renouvelé leur ambition de faire passer leur APD à 0,7 % du PIB d’ici à 2015 [0,33 % pour les nouveaux membres, NDLR]. Nous sommes déjà les pourvoyeurs d’aide les plus importants, mais nous nous devons de tenir nos promesses. Notre crédibilité est à ce prix.

Comment intéresser les pays d’Europe de l’Est à l’Afrique ?

Le concept d’aide au développement est relativement inconnu de ces pays, mais ils recherchent des marchés et des partenariats économiques. C’est en Afrique qu’ils les trouveront. Certains essaient déjà, comme l’Estonie, qui investit dans les technologies de l’information, ou la Roumanie, dans l’éducation.

Vous êtes le premier commissaire au Développement originaire d’un pays sans lien historique avec l’Afrique…

J’aimerais avoir un carnet d’adresses un peu plus fourni et une connaissance plus approfondie du continent, c’est sûr. Mais l’Europe d’aujourd’hui est davantage intéressée par la lutte contre la pauvreté en Afrique que par des considérations postcoloniales. Je suis représentatif de cette Europe.

Croyez-vous vraiment au succès du 3e sommet UE-Afrique, en Libye, en novembre ?

Le fait qu’il se tienne sera une réussite en soi ! Réunir 80 chefs d’État [53 africains et 27 européens, NDLR] est une gageure. Si l’on y parvient, cela montrera notre force.

Le Soudanais Omar el-Béchir est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Sera-t-il invité ?

Il serait très compliqué de faire cohabiter nombre de dirigeants européens et le président soudanais. Je crois qu’un arrangement a été trouvé avec la Libye, la puissance invitante. Béchir ne devrait pas être présent. Beaucoup de pays africains sont signataires du statut de Rome, qui leur fait obligation de coopérer avec la CPI. Il n’y a pas de compromis possible sur ce point.

La Chine constitue-t-elle une menace pour le partenariat entre l’Europe et l’Afrique ?

Avec l’Afrique, le dialogue n’est pas toujours facile, mais nous restons son partenaire principal. Les Chinois investissent dans les routes et dans les infrastructures ; leur aide est très visible. Nous sommes plus divisés et donc moins efficaces, même si nos actions sont plus durables. Nous devons nous inspirer des méthodes chinoises, sans perdre de vue nos objectifs : la lutte contre la pauvreté et pour la démocratie.

Le fait que le régime de transition à Madagascar soit frappé par des sanctions va-t-il changer quelque chose ?

Nous avons essayé de trouver un compromis, mais ça n’a pas fonctionné. Nous devons rester cohérents avec nos valeurs, expliquer aux citoyens européens où va l’aide. Et celle-ci ne peut pas aller à des régimes que nous ne considérons pas comme démocratiques. Pour sortir de l’impasse, les dirigeants malgaches vont devoir faire des compromis. Ailleurs, ça fonctionne. Regardez la Guinée ou le Niger…

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