Extension Factory Builder

Stéphane Eholié : "Devenir une firme internationale"

27/05/2010 à 11:27
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Stéphane Eholié, PDG de la Simat. Stéphane Eholié, PDG de la Simat. © Falonne pour J.A.

Première entreprise 100 % africaine cotée à Paris, depuis le 21 décembre 2007, la Simat affiche une croissance à deux chiffres. Son patron détaille ses ambitions pour 2010, dont celle d’entrer à la Bourse d’Abidjan.

Jeune Afrique : L’année 2009 a vu l’activité portuaire mondiale se dégrader. Comment avez-vous surmonté ce contexte difficile ?

Stéphane Eholié : Le marché africain a globalement résisté à la crise. Le taux du fret n’a pas chuté et il y a de plus en plus d’armateurs. De fait, notre chiffre d’affaires a continué de progresser : en 2009, il est de 18 millions d’euros, soit une croissance de 63 % [11 millions d’euros en 2008, NDLR], et nous visons 20 millions d’euros en 2010.

Vous avez introduit 20 % du capital sur le marché libre de la Bourse de Paris en 2007. Vous envisagez maintenant de le faire sur la Bourse d’Abidjan. Quel est le bilan de cette première introduction et pourquoi vous tourner désormais vers la place ivoirienne ?

Notre métier a une forte intensité capitalistique, et notre problème, en tant qu’entreprise africaine, est d’accéder à l’argent. Il faut donc avoir la confiance des banques, car, soyons clairs, ce sont elles qui financent le commerce international. Or la Bourse est un moyen d’augmenter notre visibilité auprès des établissements financiers internationaux. Grâce à l’introduction sur la place parisienne, notre activité a enregistré une hausse de 30 % ! Nous cherchons de nouveau à accroître notre capital de 3 à 4 millions d’euros. La Bourse d’Abidjan peut nous le permettre. Notre ambition en 2010 est de transformer le « ivoirienne » de Simat en « internationale ».

La prochaine étape ne pourrait-elle pas être le développement dans d’autres pays africains ?

Nous n’excluons pas la possibilité d’une croissance ex nihilo ou par le rachat d’une entreprise sur le continent. Mais il y a plusieurs entraves. D’abord, créer une ligne maritime sur un autre port africain n’est pas évident : les problèmes de nationalité et les ego prennent souvent le dessus. De plus, les multinationales du Nord sont perçues comme plus sérieuses et plus solides que les entreprises du Sud. Et pour avoir des clients, il faut la confiance des armateurs. La différence avec des groupes comme celui de Bolloré, c’est qu’ils ont une présence historique et une structure financière importante. Ce n’est pas évident de trouver sa place et de recréer la même chose.

En outre, la lourdeur administrative pèse sur la fluidité des opérations : le domaine portuaire est un domaine industrialisé, nous devons travailler en flux tendu. Les barrières sont aussi financières et logistiques. Tous les magasins étant acquis, il faut soit en créer, soit en racheter. Enfin, tout cela dépend de la croissance économique du pays et de la volonté politique. Car, lorsque l’on regarde les pays émergents, on constate que c’est la volonté politique qui a permis à des entreprises locales de se développer. 

Quels sont donc vos principaux projets cette année ?

Nous avons décidé de renforcer notre présence à San Pedro [dans le sud-ouest du pays, NDLR] avec l’installation d’une agence et l’implantation d’une usine de reconditionnement de café et de cacao d’une capacité de 25 000 à 30 000 tonnes par an, mais aussi avec l’augmentation de nos surfaces d’entreposage, qui seront accrues de 10 000 m2. Notre programme d’investissement se monte à 10 millions d’euros pour 2010.

Pour conclure, qu’est-ce qui, selon vous, explique la bonne tenue du secteur en Afrique, au regard du contexte mondial­ ?

L’Afrique est une niche pour nombre d’armateurs. Les meilleures marges sont ici. Même si les volumes n’influent pas encore de manière significative sur les comptes d’exploitation des grandes multinationales, le transport maritime ne peut qu’être croissant sur le continent.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire - Burkina : Soro, visiteur discret de Compaoré à Casablanca

Côte d'Ivoire - Burkina : Soro, visiteur discret de Compaoré à Casablanca

Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, a profité fin novembre d'un déplacement officiel au Maroc pour discrètement rendre visite à l'ex-président burkinab[...]

Côte d'Ivoire : PDCI et FPI unis dans la division à dix mois de la présidentielle

À dix mois de la présidentielle ivoirienne, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) d'Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo n'ont jamais[...]

Côte d'Ivoire : confirmation de l'interdiction du congrès du FPI, Affi N'Guessan renforcé

En déclarant mercredi "nul et non avenu" le congrès du Front patriotique ivoirien (FPI), la justice ivoirienne a donné raison à Pascal Affi N’Guessan, qui souhaitait d'abord voir[...]

Alassane Ouattara inaugure le troisième pont d'Abidjan

Construit en un peu plus de deux ans par les équipes de Bouygues, le pont à péage Henri Konan Bédié doit fluidifier la circulation de la capitale économique ivoirienne. Son ouverture[...]

Olam acquiert l'activité cacao d'ADM pour 1,3 milliard de dollars

Après avoir cédé plusieurs de ses activités en Afrique, Olam poursuit sa stratégie de recentrage en faisant l'acquisition de l'activité cacao d'ADM. L'opération permet au[...]

Vidéo : Yaya Touré et Benzema dans la "dream team" de Zidane

Rédacteur en chef spécial de l'émission de Canal+ "L'Équipe de dimanche" du 14 décembre, Zinédine Zidane a dévoilé le nom des 11 joueurs et des remplaçants[...]

Côte d'Ivoire : le parti de Gbagbo appelle la CPI à renoncer à ses poursuites

Le parti de Laurent Gbagbo a appelé vendredi la Cour pénale internationale (CPI) à abandonner ses poursuites contre l'ex-président ivoirien, son épouse et son ancien ministre Charles Blé[...]

Justice et réconciliation en Côte d'Ivoire : le rapport très critique de la FIDH

Dans son dernier rapport, la FIDH reste très sévère à l’égard du régime ivoirien et juge largement incomplètes les actions menées pour solder les comptes de la crise[...]

Exclusif. Blaise Compaoré est de retour à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire

Parti du Maroc il y a quelques jours, l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré a atterri vendredi matin à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire.[...]

La Côte d'Ivoire refuse toujours de livrer Simone Gbagbo à la CPI

LA CPI a sommé jeudi la Côte d'Ivoire de lui livrer Simone Gbagbo, l'épouse de l'ancien président. Elle a aussi confirmé quatre charges de crimes contre l'humanité contre Charles[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers